CHRONIQUES DE CONCERTS

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POPA CHUBBY
Avec : Popa Chubby
Date du concert : 24-11-2013
Lieu : Trianon - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.replica-promotion.com/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 02 décembre 2013 - Chroniqueur : RDpix - Photographe : Rémi DEROCHE / RDpix


C’est par un dimanche glacé de novembre que la foule frileuse s’amassait aux portes du Trianon. La file d’attente s’étalait jusqu’aux portes de feu l’Elysée Montmartre, parti en fumé deux ans plus tôt. Ces gens étaient tous venus braver le froid pour une bonne raison. Dans une heure, c’est le grand guitariste Popa Chubby qui embrasera la foule de son blues envoûtant. Les portes se sont ouvertes et les spectateurs ont pu trouver un peu de chaleur dans les entrailles du vieux théâtre datant de la fin du XVIIIème siècle.
Les gens s’approchent de la scène sobrement équipée. Pas de « back-drop » au nom de l’artiste, pas de murs d’enceintes non plus. Simplement un gros set de batterie puis un autre plus petit juste devant. Un micro sur pied et des enceintes de retour placé en demi-cercle autour de celui-ci. Et trois gros amplis dans le fond ainsi que deux pédales d’effet branchés dessus. C’est ce qu’a pu contempler le spectateur durant ces 45 min d’attentes, le temps que la salle se remplisse et que l’artiste fasse son entrée sur la scène.

C’est d’un pas incertain que Popa Chubby arrive sur scène et attrape sa Fender. Aussi tôt ses mains posées sur le vieil instrument (commençant à accuser le poids des années) l’homme semble déjà beaucoup plus sûr de lui. Le personnage en impose aussi bien physiquement qu’artistiquement. Le génie de ce bluesman ne fait aucun doute dès qu’il commence à promener ses doigts sur sa guitare. Aussi bien qu’on se demande comment un homme aux doigts boudinés comme les siens peut avoir une telle agilité dans ses mains. Il joue à merveille des morceaux blues, les accompagnant d’une voix rocailleuse créant un mélange très adapté à son style. Il apportait parfois sa propre touche à de vieux standard du blues comme Rock me Baby de B.B King mais jouait aussi tel un virtuose ses propres compositions.
Durant tout le show séparé par 20 minutes d’entracte, il a fait preuve de son talent de multiples façons. La première heure, il l’a consacré à du blues pur. La seconde partie de son show sonnait beaucoup plus rock des années 60-70 comme il sait si bien le faire. Mais pas seulement. Le guitariste savait par moments ajouter une touche de mélodie tout en faisant sonner son instrument d’une façon inhabituelle. Sa façon de frotter les cordes donnait un son proche d’un instrument à vent tel le hautbois. C’était bluffant. Mais le génie de la guitare savait que le public risquait de se lasser à écouter des solos interminables pendant les 2h30 qu’a duré le spectacle. Il a donc cherché à varier les plaisirs. Tantôt laissant son bassiste faire une démonstration de son meilleur funk, tantôt accompagnant son batteur dans un duo de batteries endiablé. Le guitariste nous a même gratifié d’un medley dans lequel il a incorporé une adaptation à sa sauce du thème principal du film le Parrain écrit par Nino Rota.
Toute la soirée, Popa Chubby donnait le rythme et la direction à suivre à ses deux musiciens. Par moments il leur demandait de ralentir, ou bien même de s’arrêter pour le laisser jouer seul. Le tout montrait clairement qu’il était là pour se faire plaisir en jouant ses morceaux comme il l’entendait au moment où il le voulait en faisant la part belle à l’improvisation.
C’est dans les dernières 30 minutes de son concert que Popa Chubby a fait sa plus grande prestation en reprenant Hendrix pour le plus grand plaisir de son auditoire, suivit de ses compositions personnelles qui ne faisaient pas pâle figure non plus. Hélas le tout semblait se perdre dans le méandre de solos complexes et sans fin qui a force se ressemblaient tous sans qu’on en voit ressortir quelque chose de spécial pour autant.

La prestation de ce soir n’en était pas moins impressionnante. Popa Chubby a démontré qu’il avait bien sa place parmi les grands guitariste de son époque et qu’il est loin d’être ridicule à coté d’un Jimi Hendrix ou d’un Stevie Ray Vaughn. Le public semble ravi d’en avoir pris plein les oreilles toute la soirée. Pour ma part j’ai beaucoup aimé même si j’ai trouvé ça tout de même un peu long sur la fin.
Je conseille tous ceux qui ne connaissent pas de voir un de ses concerts à l’occasion, ça vaut largement le déplacement.