CHRONIQUES DE CONCERTS

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10 ANS DE MUMAKIL
Avec : Rotten sound, blockheads, mumakil, ingrowing, feastem, kess khtak
Date du concert : 29-03-2014
Lieu : L'Usine - Genève [ Suisse ]
Affluence : 400
Contact organisateur : http://ptrnet.ch/1983/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 01 avril 2014 - Chroniqueur : Black.Roger - Photographe : Black.Roger http://black-roger.tumblr.com


MUMAKIL, héro du grind Suisse fêtait ce samedi 29 Mars son 10ème anniversaire à l’Usine de Genève. Ce fut l’occasion rêvée pour nous offrir un festival grind-death, grind-crust, grindcore avec en tiercé gagnant ROTTEN SOUND (Finlande), BLOCKHEADS (France) et MUMAKIL (CH) évidemment. Pour les accompagner, rien de mieux que les locaux de KESS’ KHTAK, les Finlandais de FEASTEM et les Tchèques de INGROWING. Les Frenchies de WHORESNATION devant clôturer la soirée vers 3heures du matin, mais là je serais reparti en direction de Lyon, sorry.
« Extrême music for extrême people », plus de 400 personnes vont dès 20heures 30 envahir la salle fétiche et légendaire de PTR (Post Tenebras Rock) siégeant Place des Volontaires aux bords du Rhône.


Le temps de venir de Lyon, de se garer au centre de Genève, j’arrive tout essoufflé dans les lieux à 20heures 30 passés où KESS’ KHTAK vient juste de lancer les décibels devant des « grinders » déjà bien agités et la longue nuit ne fait que commencer, ça promet…
KESS’ KHTAK envoie du lourd avec un côté death bien prononcé et deux frontmen branchès sur le 380 volts qui dynamisent la prestation. Excellente prestation ce soir, c’est carré, précis, puissant et les genevois ne font pas de quartier, ils ont déjà acquit leurs lettres de noblesse en live dans ce métal extrême qui nous passionne tant, groupe à suivre assurément.

La suite va se révéler tout aussi bonne avec les Finlandais de FEASTEM mais avec une vitesse supérieure d’exécution, un grindcore rapide et implacable qui vous colle contre les murs ou contre la scène, c’est au choix. Ce groupe de presque 10 ans d’âge aussi se consomme sans modération en se bonifiant au fil des ans, comme le bon vin. Sauf qu’ici c’est une boucherie bien sanglante qui nous est offerte. Naturellement on pense à feu-NASUM, enfin celui du regretté Miesko. Ca blaste, ça « riffe » dans une veine à la DISCHARGE. Et figurez-vous on aime ça et tous ceux ici présents à voir les mouvements dans le pit et les dérapages incontrôlés devant la scène où le sol est déjà ruisselant de boisson houblonnées, je ne vous fait pas un dessin ! Set court mais intense donc selon la formule consacrée.

C’est au tour de ceux de INGROWING, les bâtards du grind tchèques, de venir nous balancer dans la figure et les oreilles leur bonne musique extrême influencée depuis presque 20ans déjà par TERRORIZER, NAPALM DEATH et autre BRUTAL TRUTH. Alors, INGROWING est une « anti-star » du systéme, un groupe qui dérange, qui provoque, qui hante les festivals brutaux comme le bien nommé « Obscène Extrême » dans son pays natal à Trutnov. Et ça fait mal, enfin du bien comprenons-nous, de les voir et revoir en live pour une prestation implacable de mâturité. Alors ce soir finalement on nous offre que du bon, du grind sous toutes es formes, pimenté, sans compromis et toujours délectable. Mais que va-t-il se passer maintenant avec l’arrivée des trois « poids-lourds » du genre, MUMAKIL, BLOCKHEADS et ROTTEN SOUND ?

Commençons par MUMAKIL avec l’ineffable Tom qui se trouve en pays conquit ce soir à Genève, et qui d’entrée de jeu plaisante au micro avant de nous « rentrer dans le lard » avec ses acolytes. MUMAKIL c’est du grind char d’assaut où plus rien ne pousse après son passage telle la déferlante d’Attila souvenez-vous, quoique…
MUMAKIL c’est donc du grind de présentation débonnaire mais qui au final vous prend à la gorge pour ne plus vous lâcher vous voyez où je veux en venir. Le groupe lance des brûlots incandescents comme « Viande + Pâté » (ah la boucherie), « State of War » ou encore « Parasites » ou « Pigs On Fire », que du bon tout ça !
Sur scène, c’est la fête donc, celle de l’anniversaire, des gens montent faire la bise, redescendent, remontent. C’est un va et vient incessant où l’on échange avec le public. Au menu stage-diving, slams, c’es la vie quoi, ici pas de stars qui «se la pète » sur la scène. Et puis Xav de BLOCKHEADS vient pousser un peu la chansonnette avec Tom. Et puis un « Nazi Punks Fuck Off » des DEAD KENNEDYS nous est offert en prime. Et puis, et puis, je ne sais plus, où est la scène où est le public, tout se mélange dans un grind fédérateur se terminant par « Running Pig » (encore du cochon…). Bref, la crème grindcore des MUMAKIL a bien recouvert le gâteau d’anniversaire ce soir, excellent.

Continuons la fiesta avec les frenchies de BLOCKHEADS et leur frontman Xav qui se concentre en intro sur la scène avant de lancer la cérémonie devastatrice du grindcore qui lui est propre. Xav qui nous dit « 20 ans de grindcore » et toujours en lutte pour la survie du monde, de notre planète qui se meure (« This World Is Dead »).
Comment décrire une prestation des Blockheads ? Pas facile, le mieux étant de participer à leurs concerts, mais vous n’étiez pas à Genève ce samedi soir (rattrapage au Hellfest le vendredi). Alors ce fut d’une intensité vraiment sauvage, leur grind est infesté de punk, de crust et du coup survitaminé, engagé et enragé. Xav se lance régulièrement dans la fosse pour des slams incessants. Remontant ensuite sur les retours, se prosternant, bref vivant intensément ses textes avec des titres coup de poing comme « Born Among Bastards », « Face Yourself », « Dog Bomb », « Media Warfare » par exemple. Et derrière lui ça tabasse sec avec Fred, Nico et Eric qui envoient une purée dense, violente, sur un rythme d’enfer. Le groupe ne s’est pas calmé avec le poids des ans, l’énergie primaire est toujours au rendez-vous, le déluge verbal et musical nous surprend toujours autant dans le bon sens du terme évidemment et lorsque le groupe quitte la scène on se sent un peu perdus, on aurai voulu que tout continue encore et encore. Groupe culte vous-dis-je, à voir et revoir sans modération.

Après MUMAKIL et BLOCKHEADS que vont nous apporter de plus les Finlandais de ROTTEN SOUND ? Et bien détrompez-vous, ces extrêmistes du nord de l’Europe nourris au grind et au death depuis 20 ans (eux aussi ?) incendient le globe terrestre avec leurs assauts virulents de métal incandescent donnant aussi bien dans le brutal death, le grindcore et le crust, bref tout ce qui fait du bruit. Mais ce bruit c’est plutôt un son particulier qui n’a rien de pourri (sic). Ce son particulier ressemble à du vieux death Suèdois crade à la ENTOMBED auquel on aurait rajouté vitesse et précision pour devenir le son ROTTEN SOUND tout simplement. Au menu donc des compositions traitant des déviances de notre société, du gore, de la violence comme dans la plupart des textes proposés dans la scène grindcore. Scène que le groupe Finlandais à bien influencé au départ avec NASUM et REGURGITATE. Le set de ce soir est donc violent, putride, sans barrières, sans faux semblants. Comme l’on aime au final, cela ne nous posant aucun problème. Q, G, T et Sami nous ont donc délivré une prestation de malade devant un public en sueur, toujours aussi agité après plus de 6 heures de déflagration sonore.
Et oui, il est déjà 3 heures du matin quand ROTTEN SOUND rend les armes dans une salle innondée de liquides de toutes provenances, je ne rentrerai pas dans les détails. Pour ma part je décide avec mes compagnons de route de reprendre le chemin de Lyon après cet excellent set des Finlandais. Sorry encore une fois pour WHORESNATION qui va maintenant officier sur scène avant un « after » DJ qui devrait clore cette nuit aux allures de festival grind.


L’air frais des bords du Rhône à la sortie de la salle nous fait du bien en somme. La place des Volontaires est encore animée avec beaucoup de monde écoutant entre autres un groupe faisant « chauffer » les « tam-tams » pour un concert improvisé, la vie quoi à Genève devant l’Usine !
Nous ne repartirons pas de chez nos amis Suisses sans remercier PTR pour cette nuit consacrée à la « famille » grind , soirée qui fut une réussite totale, à renouveler donc. Merci bien sût aux groupes passionnés qui nous ont fait vibrer, et merci au public Genevois (et d’ailleurs) pour cette ambiance de ‘ouf’ assez géniale comme souvent à l’usine.