CHRONIQUES DE CONCERTS

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DETROIT
Avec : DETROIT, TULSA
Date du concert : 12-04-2014
Lieu : Le Fil - Saint-Etienne [ 42 ]
Affluence : 1 600
Contact organisateur : http://www.le-fil.com
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 14 avril 2014 - Chroniqueur : Chart - Photographe : Chart https://www.facebook.com/chartlivephotography


Bertrand CANTAT, l’ex chanteur de NOIR DESIR est de retour sur scène avec son nouveau projet en compagnie de Pascal HUMBERT, DETROIT. Comment aurais-je pu rater ce concert à deux pas de chez moi ? NOIR DESIR a marqué au fer rouge le monde du rock et plus largement le paysage musical français alors retrouver son ancien leader sur scène après une très longue absence pour les raisons que l’on connait relève ni plus ni moins de l’évènement musical de ce début d’année. Pour preuve le nombre de places vendues en un temps record.

En guise d’apéritif on découvre les bordelais de TULSA qui l’année dernière déjà ouvraient pour FAUVE. Autant dire que cette petite formation commence à faire pas mal de bruit. Le quatuor existe depuis 2010 et est emmené par Elise et Bérénice. Les influences sont clairement marquées par le blues et la pop avec des rapprochements possibles avec P.J HARVEY. Le set est intéressant. La musique posée du groupe manquerait peut-être d’un peu de son rock mais cela n’engage que ma subjectivité.


A l’écoute de l’album « Horizon » de DETROIT, on retrouve un bon nombre de qualités que l’on avait déjà chez NOIR DESIR. La musique est parfois énergique mais globalement assez posée. Je dirais personnellement que cet album s’inscrit comme la suite logique de l’album « Des Visages Des Figures » sorti en 2001. Les textes de Bertrand CANTAT sont singuliers comme toujours. Il s’agit bien de l’un des rares chanteurs français à manier la langue de cette manière. Même si parfois la libre interprétation prend le dessus, la poésie permet de faire passer des émotions universelles qui ne peuvent que nous toucher d’une manière ou d’une autre. C’est bien ce qui fait toute la force de cet homme d’ailleurs. Son histoire est forcément complexe mais sa manière de la traiter, de l’extérioriser par la musique et l’écriture de chansons est forcément touchante pour celui qui prend le temps de se pencher sur le fond de ce que l’on peut y entrevoir. C’est une chose que l’on ressent aussi dans cette salle ce soir, pour cette deuxième date de cette première tournée. Le public du Fil semble particulièrement concentré sur cette soirée comme ayant conscience de vivre un évènement singulier. Il y aurait presque comme une forme de soutien respectueux dans cette salle, comme si d’un seul homme le public avait envie de dire aux détracteurs de clairement aller se faire voir, que rien ni personne ne les empêcheraient d’apprécier l’artiste et sa musique.
DETROIT arrive tranquillement sur scène, en prenant son temps, le temps de saluer le public avant d’entamer « Ma Muse » puis « Horizon ». Le texte de cette dernière est d’ailleurs mis en abîme par l’écran géant qui occupe le fond de scène. L’univers carcéral est ici dépeint de l’intérieur tandis que des lignes blanches rappelant l’enfermement viennent habiller le fond de scène. Et puis, le public hurle sa joie tandis que retentissent les premières notes de « Des Visages Des Figures » puis de « A Ton Etoile ». Il faut un certain temps d’adaptation puis le concert prend une tonalité de plus en plus légère avec pas mal de petites blagues entre les morceaux. L’ambiance est forcément un peu tendue avec une sécurité renforcée. Mais cela n’empêche pas à Bertrand CANTAT de s’approcher de son public au maximum, d’être lui aussi relativement détendu et blagueur. Il faut dire que plus le cadre est sécurisé plus il est simple d’y trouver un espace d’épanouissement. Mais le public n’est pas là pour autre chose que profiter et pour ça il y a vraiment de quoi se faire plaisir avec des titres que l’on ne s’imaginait pas forcément trouver ici comme « Lazy », « Le Fleuve », « Lolita Nie en Bloc » ou « Fin de Siècle ». Bien entendu on n’échappe pas au dernier album largement représenté par quelques pépites comme « Droit dans le Soleil » mais surtout « Ange de Désolation ». Et puis avant son rappel, DETROIT fera l’unanimité avec une version retravaillée de l’incontournable « Tostaky » que l’on ne s’attendait encore une fois pas vraiment à entendre ce soir mais qui ravit tout le monde. Enfin, retour logique avec un rappel qui finit de scotcher tout le monde avec trois grands titres, à savoir « Des Armes », la reprise de Léo Ferré qui figurait sur « Des Visages Des Figures », « Le Vent Nous Portera » et « Comme Elle Vient » repris en chœur par toute la salle.

Malgré quelques petits soucis de voix ou de guitare à quelques instants, DETROIT nous a fourni un concert au-dessus de toutes nos espérances. Il est bon de retrouver cet après NOIR DESIR qui n’a rien perdu de son passé et c’est peut-être même bonifié avec le temps. Si on était encore nostalgique depuis la séparation du groupe à l’écoute de ces albums et bien c’est un peu comme Slash et GUNS N’ ROSES, il existe toujours un membre pour porter la flamme bien haute et continuer sur la lancée de ce qui a fait toute l’histoire du groupe que l’on a forcément côtoyé à un moment ou à un autre de notre existence et que certains, très jeunes, viennent aussi de découvrir ce soir et tout au long de cette tournée qui s’annonce particulièrement prometteuse.