CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


MOMIGNIES EXTREME FEST IV
Avec : Disgraseed, Prematory, Deathrite, Impureza, Agathocles, Nervecell, Seth, Blockheads, Desaster
Date du concert : 13-09-2014
Lieu : Brasserie de la Thiérache - Momignies [ Belgique ]
Affluence : NC
Contact organisateur : https://www.facebook.com/undercore.bxl
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 08 novembre 2014 - Chroniqueur : Doc.Douggy - Photographe : Doc.Douggy


Allez, il était temps que j'arrive à trouver un covoiturage ! Pour où ? Pour la 4e édition du MOMIGNIES EXTREME FESTIVAL, "petit" fest situé à la frontière belge (après avoir emprunté nombre de nationales) pas très loin de Chimay pour les connaisseurs, mais aussi fief de la brasserie de Thiérache (pas mauvaise !) et du champion européen de boudin (appétissant tout ça !). Bon, la brasserie paie pas spécialement de mine et ressemble à un corps de ferme, mais heureusement, c'est quand on voit les barrières (rue bloquée pour accueillir les artistes) et surtout une banderole "fête locale". J'en attendais pas mieux de la part des organisateurs et passionnés que sont l'Undercore Team, qui malgré un public pas toujours présent lors des anciennes éditions du festival continue, pour le bonheur des présents à faire découvrir quelques bons groupes pas toujours réputés.
Bon, si y'a AGATHOCLES (enfin !) et SETH à l'affiche, ce qui m'aura particulièrement fait me débrouiller pour trouver un covoit' (merci Sheb !).
Comme depuis 4 ans, warm-up il y a la veille, qui aura vu passer 3 groupes belges. Un warm-up plutôt intéressant d'après les dires surtout concernant CULT OF ERYNIES (combo de "Black occultorthodoxe", avis aux amateurs). Mais parlons plutôt du samedi, journée principale du fest:

Et pour commencer, DISGRASEED sont déjà sur les planches depuis 5 bonnes minutes. Le quatuor déjà passé par Lille (ah bon?! M'en souviens plus...) et originaire des Ardennes plaît aux amateurs de Slamming Death metal. C'est bien orchestré, mais pas trop ma tranche. Par contre, le son est particulièrement jouissif surtout quand on se rend compte que l'on est dans une grande tonnelle (du genre des exposants dans les festoches), un peu moins d'une centaine de personnes déjà présentes mais qui n'évoluera pas beaucoup plus durant la journée et un cadre... pittoresque ! Le groupe est plutôt bien reçu, ne serait-ce que par les 4,5 loulous qui sont déjà bien en forme et qui n'arrêteront pas ou peu de faire des allers-retours en large de la scène pour se bousculer, si ce n'est pendant SETH, mais on y reviendra; et présentent à ceux qui ne connaissaient pas encore le groupe le premier album "Flesh Market", ainsi que quelques nouveautés... Je vais pas leur jeter la première pierre, mais ça sonne tout de même plus original qu'un Kraanium par exemple. Et de terminer par une dédicace à Total Boursoufle, ça n'a pas de prix ! (Ah bah oui maintenant je vous reconnais, on s'est rencontrés au Neurotic !!) Encore un groupe qui prouve qu'on a des musiciens inspirés dans notre beau pays !

SETLIST : Intro / Bleeding Alone / Pusher Street / No Fucking Respect / Flesh Market / Amsterdamned / Too much is not Enough / Enilecuod.

Jeune combo Flamand (25 ans de moyenne d'âge je dirais), c'est PREMATORY qui enchaîne. Ca fleure bon le Thrash new/old school avec des morceaux qui rappelent tout aussi bien Municipal Waste et cette scène qui s'est renouvelée et influencées par les ténors ( Bonded By Blood ou Gama Bomb par exemple) et qui sonne comme la Bay Area d'antan. C'est bien executé, ça groove, le chanteur est tout aussi entraînant que l'un de ses guitaristes qui fait des allers-retours sur scène, par contre le bassiste et le second guitariste (soliste) sont un poil trop statiques à mon goût. Mais ça à l'air de plaire, le public s'approche un peu plus encore de la scène (quand y'a les autres gugusses n'y vont pas à coups de moulinet) et ça a le mérite d'être vu et entendu. Reste plus qu'à les faire passer la Wallonie et la frontière pour les faire connaître près de chez vous, d'autant qu'ils ont un premier album "Sledghammer", à défendre.

SETLIST : Sledgehammer / Corrupting Influence / Evil Perfection / Toxic Experiment / Down the Drain / Nuclear Tsunami / Lies Upon Lies / Furor and Dementia.

La faim se fait un poil sentir (après tout y'a 30 minutes d'attente entre chaque groupe, minimum) de quoi laisser le temps à tout le monde de se rincer le gosier, d'aller goûter les spécialités du coin (paté et boudin blanc/noir), de manger des frites, ou de se nourrir avec DEATHRITE (je sors...)
C'est la première fois que j'entendais parler de ce groupe Allemand et faut dire qu'en m'étant renseigné quelques jours plus tôt, je trépigne d'impatience et au son des premières notes
je renifle les mêmes sonorités qu'Entombed, même type de chant aussi à vrai dire, juste que les compos, fleurant le "Swedish Old School Death metal" possèdent aussi de gros relents Crust, de quoi défouler quelques têtes venues apprécier le show. Et même si sur scène ça reste statique, c'est plutôt appréciable, au point que le groupe qui se voit acclamé en fin de show, remontera sur les planches pour un rappel, chose que l'on ne verra qu'une fois aujourd'hui. Bravo. DEATHRITE mérite toute ma reconnaissance (chose faite après être passé par le merch' qui au fur et à mesure se remplit des combos à l'affiche !) et encore un groupe qui mériterai quelques dates en France afin de s'exporter.

Et il fallait que ça arrive, 30 minutes de changement de plateau pour certains c'est encore trop peu, et c'est avec un peu plus de 45 minutes de retard qu'IMPUREZA commence, faute à quelques problèmes de calibrage... Bref, la dernière fois que j'avais eu l'occasion de voir le groupe Orléanais de "Flamenco Death metal" (au Motocultor 2012), ça sonnait original et bien chiadé, si ce n'est que les parties flamenco étaient à mon goût pas toujours bien amenées... Par contre, ici à Momignies, le quatuor est attendu et démarre son set devant un parterre bien plus rempli et actif qu'en ce début d'après-midi. Evolutions depuis leur seul et unique album à ce jour "La Iglesia del Odio" (2010) et d'ailleurs ceux-ci étant à la recherche d'un nouveau label ont composé depuis et sorti un E.P en autoprod'. E.P qui se verra joué sur scène et qui sonne nettement moins "Flamenco" comme dit précedemment.
Ce n'est que lors d'un titre alternatif tout en accoustique et sur lequel Esteban nous montre les capacités de son organe vocal que l'on ressentira les effluves de paëlla, le reste du set nous cantonnant à un Death technique d'excellente qualité sur lequel son growl est parfait.
En somme, un très bon set qui même si il relègue le flamenco au 2nd voire 3ème plan sur les titres joués, mériterai que l'on se re-attarde sur un groupe qui ici tout du moins a été acclamé. Affaire à suivre.

L'après-midi est bien avancée et enfin un peu de Grindcore, ou devrais-je dire de "Mince core" (ce qui n'est pas le cas de Jan, le growleur/bassiste soit-dit en passant) avec les légendaires AGATHOCLES. Ceux-ci étaient à la base en tête d'affiche, mais connaissant le penchant du trio Flamand pour sa consommation d'alcool et ses nombreuses annulations ou prestations "loupées", il a été bien vu de la part de l'orga de les avancer à la fin d'après-midi. Jan et son guitariste ont l'air un peu plus frais que leur batteur, mais ça tient la route, fort heureusement ! Nombreux sont ceux venus pour les voir et le trio aux 150 E.P et splits joue devant un parterre de fans déjà conquis à leur cause (moi y compris, bien entendu !). Par habitude, les Flamands sont très peu françisants et pourtant Jan n'hésite pas à l'employer pour donner quelques informations entre chacun de leurs titres, allant du fameux "La jeunesse emmerde le Front National" (ou le parti extrémiste/nationaliste Belge) ou pour défendre la cause animale. Car oui, tout comme leurs compères Anglais de Napalm Death, AGATHOCLES depuis presque 30 ans revendique. Tantôt Grindcore pur et dur, Goregrind et passages plus dansants, voire "Punk/Crust", il est tout à fait plaisant pour tout le monde de les voir ce soir. Puis bon, c'est pas tous les jours qu'on vous joue 40 titres en un peu plus de 45 minutes (en citer reste très difficile, mais c'est le pied d'entendre en "live" "A for Arrogance" ou "Razor Sharp Daggers" !
Un groupe historique de la sphère "Extreme Underground" pour une date mémorable, rien de plus !

SETLIST : cf. Photos plus bas (Merci au collègue de U-zine, Schifeul !)

Retour à plus conventionnel, enfin, si l'on veut car si il y a bien une seule chose qui ferait l'originalité de NERVECELL qui suit c'est leur nationalité: pas tous les jours que l'on voit un groupe venu tout droit de Dubaï (E.A.U). Jouissants à coup sûr d'une grosse notoriété chez eux (ceux-ci ayant ouvert pour Metallica lors de leur passage là-bas, ainsi que le nombre de groupes de metal extrême qui doivent se compter sur les doigts de la mains); je n'avais malgré tout à ce jour jamais entendu parler du quintette...
Mais qu'à cela ne tienne ! Ceux-ci ont de la fanbase à Momignies aujourd'hui, le public un peu plus présent encore que durant AGATHOCLES. Les compos résolument Death metallique du combo directement inspirés du "Old" Morbid Angel et de leurs consorts, la petite "touch" orientale (mais vraiment minime) pourrait ajouter un plus à NERVECELL. Souriants, professionnels, un growleur/bassiste bien en place et un bon duo de guitariste, les Arabes sont techniques et leur musique travaillée. Hélas, et c'est le plus difficile à mon goût, les compos du groupe restent sans saveur et l'ennui, suivi d'un décrochage total du concert, a lieu avec un arrière-goût
de déjà entendu ou passé. Dommage les gars, vous êtes balèze, certes, mais en arrivant pas à accéder à quelque chose d'original vous risquez de rester dans vos frontières messieurs...

Fer de lance de la scène extrême Française depuis 20 ans (hormis le hiatus entre 2005-12) je n'avais pas eu l'occasion de revoir SETH depuis leur passage au Motocultor cette même année, sur lequel ils présentaient un "nouveau" morceau et permettait de montrer un groupe qui avait repris une force de composition. Depuis est sorti l'excellent "The Howling Spirit" qui leur a ouvert pas mal de dates, et permis de recruter un nouveau bassiste, Eguil (ex-Lyzanxia) en lieu et place d'Arnaud Pecoste (Ad Patres) qui était alors sessionniste; il me tardait de retrouver les Bordelais pour un peu d' "ombre" sur l'abbaye de Thiérache...
Alors que ceux-ci arrivaient durant l'après-midi c'est vrai qu'on se demandait au fur et à mesure des groupes si leur place était légitime et si SETH faisait pas un peu "tâche" sur l'affiche, leur Black Metal alambiqué ne suivant pas vraiment l'optique du festival plutôt axé Death et dérivés. Et pourtant...
La soirée débute et nous ne sommes que quelques pélerins lorsque le combo commence son set. Très pro, peu maquillés (voire Black Messiah pas du tout), les lights et la machine à fumée accordées au riffs malsains de Cyrex et Heimoth et blasts d'Alsvid font leur effet et posent l'ambiance des prochaines 45 minutes ! Set bien en place avec quelques morceaux tirés du petit dernier "In Aching Agony" en guise d'ouverture d'ailleurs (et ce "Killing my Eyes" !) ou revenant sur le très bon "The Excellence", avec les désormais cultes "Die Weihe", "Let me Be the Salt in Your Wounds" et "Acid Christ", SETH qui étonnait au départ à tout de même réussi à se faire une place de choix sur l'affiche rameutant au fur et à mesure de son set le public dans leur univers. Pari réussi pour le groupe qui aura tout de même fait 10h de route juste pour ce set, terminant sur un sublime "...A la mémoire de nos frères". Une valeur sûre et incontournable de notre hexagone.
A noter, qu'hélas quelques semaines plus tard Messiah quittera le combo Bordelais pour s'en aller vers d'autres horizons... Mais je reste confiant quant à l'avenir du combo qui saura se relever et reviendra bientôt plus fort que jamais.

SETLIST : Intro / In Aching Agony / Let me Be the Salt in Your Wounds / Addicted to Psychotropic Angeldust / Ten Barrels (A Scourge for the World, a Plague for His Soul) / Die Weihe / Scars born from Bleeding Stars / Killing My Eyes / Acid Christ / Umbilical Cutting / ...A la mémoire de nos frères / Outro.


Voilà quelques années que je n'avais pas eu l'occasion de voir les grindeux de BLOCKHEADS ce qui promettait un changement radical après le set plus "dark" de SETH. Et j'arriverai tout de même à les louper, l'occasion d'interviewer Black Messiah et Heimoth (à retrouver sur le site prochaînement) priorisée et s'étant éternisée... Vivement le clonage ! Mais de loin, ça semblait poutrer sévère pour tout fan du groupe et le public ne me l'aura pas démenti !

Résultat, il se fait déjà tard (ne serait-ce par l'état avancé de certains) et il ne reste plus qu'un groupe à l'appel : DESASTER. Inconnu au bataillon (tout du moins chez moi, pas chez le gars qui possède une veste à patchs presqu'entièrement à l'effigie de ce groupe) et pourtant arpentant la scène Outre-Rhin depuis le début des 90's, le combo originaire de Coblence (une ville non loin de Cologne) aux influences typiques de leur pays (cliché !) entre Thrash/Black old school et Speed Hard rock à la Mötörhead, je me retrouve à penser à des combos comme Nunslaughter ou Venom pour la simplicité et l'efficacité de leurs morceaux et surtout la thématique Enfer/Satan proche du 2nd degré.
Et je pensais pas que le groupe avait une telle reconnaissance quand je vois le public survolté qui leur fait honneur. Niveau prestation, c'est plus leur gratteux dégarni qui fait le show que leur chanteur, en retrait à ce niveau. Ca groove, c'est efficace et on épuise ses dernières forces histoire de terminer la soirée en beauté. L' "underground", y'a que ça de vrai !

Et voilà, pratiquement deux heures du mat' au compteur lorsque je reprend la route après une étonnante édition que voici ! Un lieu improbable mais au charme certain, une affiche où se cotoient groupes locaux (Disgraseed, Prematory), internationaux mais peu sur les devants de la scène (Nervecell, Deathrite) et des valeurs sûres (Agathocles, Seth, Blockheads). Enomément de découvertes pour très peu de déceptions, voilà ce que valait la 4e édition du MOMIGNIES EXTREME FEST. Peu nombreux est encore le public hélas, mais je tire mon chapeau à une orga qui n'hésite pas à mettre de sa poche et de financer entièrement cette affiche. Bravo aux groupes, à l'Undercore Bxl crew et à son organisation sans faille (attention aux fins de soirées Julien ! ) et un grand merci à Sheb pour sa conduite, ainsi qu'à Julien pour sa confiance. En espérant qu'il y ait une 5e édition l'année prochaine, je ne vous conseille qu'une chose, tenez vous au courant des dates de cette asso ainsi qu'au Momignies Extreme Fest !