CHRONIQUES DE CONCERTS

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SCEN'ART METAL FEST
Avec : DATURHA, LURKING, GORGONE, XI-OX.
Date du concert : 15-11-2014
Lieu : Salle Gérard Philippe - Boussy Saint Antoine [ 75 ]
Affluence : 80
Contact organisateur : https://www.facebook.com/xdprod?fref=ts
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 22 novembre 2014 - Chroniqueur : RDpix - Photographe : RDpix


S’il y a bien quelque chose d’appréciable en Ile de France pour les fans de metal que nous sommes, c’est la diversité et la fréquence des concerts auxquels on peut assister. Il y en a tous les jours et pour tous les gouts. L’avantage de la capitale c’est que tous les grands groupes y passent à un moment ou un autre, offrant des spectacles hauts en couleurs. Pavillon 666 vous les fait vivre ou revivre autant que possible via ses chroniques régulières. Mais il y a un type de concert dont on ne parle pas souvent ici. Ce sont les concerts amateurs. Des événements regroupant de petits groupes qui, de ci, de là, font des prestations avec les moyens du bord, sans grosse production ni soutien technique. Des groupes locaux, expérimentés ou non, et tous motivés par le plaisir de faire bouger une salle au rythme de leurs compositions et qui s’invertissent pleinement dans cette tâche tout en y trouvant une satisfaction non dissimulée. C’est d’un de ces concerts dont je vais vous parler aujourd’hui.

Voilà plus d’une 15aine d’années que l’association Extrem Duck Production s’investit dans la scène métal de la région de Sénart et du Val d’Yerres. Avec leur groupe XI-OX, les canards de l’extrême organisent des concerts réguliers avec le peu de moyens à leur disposition. Et à chaque occasion, ils ont invité des groupes différents pour partager la scène avec eux.
La 6 eme édition du Scen’Art Metal Fest s’est tenue ce samedi 15 novembre dans la salle Gérard Philippe à Boussy Saint Antoine (91). Et cette année, la mairie a mis les petits plats dans les grands. Pour la première fois, les membres de l’association se sont vus attitrés deux techniciens son et lumières pour les seconder. Pour la première fois, les musiciens de XI-OX ont pu se concentrer uniquement sur leur prestation et non pas courir à droite et à gauche pour gérer les soucis techniques d’éclairages et de son. Les 4 groupes prévus au programme pour la soirée se sont même prêté au jeu et sont venu dès 10h le matin pour enregistrer les balances et optimiser ainsi le temps des entractes durant le spectacle. Cette organisation présentait tous les aspects d’un concert professionnel et a même permis de commencer à l’heure. Chose qui ne s’était pas vue depuis… Et ce que ca s’est déjà vu ?


Ce sont les locaux de XI-OX qui ont démarré les festivités. Le lineup inchangé depuis 3 ans a encore gagné en efficacité. Vinz’ et Mad à la guitare se partagent les solos et les accompagnements. La section rythmique est assurée par Metlayer aux baguettes et Greuh à la 4 cordes. C’est Narogh qui, la crinière au vent, s’occupait de grogner dans le micro. Il a également troqué le micro contre une guitare laissant la partie vocale à Vincent le temps d’une chanson.
Avec un métal thrash aux inspirations punk, XI-OX a su chauffer la salle pour cette première heure de concert. Malgré un démarrage gâché par le décibel mètre qui coupait la sono dès que son seuil de tolérance était atteint, les musiciens ne se sont pas laissé abattre. Une fois le câble de la sale bête arraché, le concert a pu se poursuivre sans accroc. Leur set comprenant d’anciens morceaux ainsi que de nouvelles compositions a été enrichi par la qualité du son et les effets de lumière utilisés au mieux. Tous les éléments ont été réunis pour permettre à XI-OX de faire une de leurs meilleures prestations à ce jour.

C’était parti pour 15 minutes d’entracte. Et rien de mieux pour patienter jusqu’au groupe suivant que de se désaltérer avec une bière locale. Mais à peine mon verre terminé, j’ai dû revenir dans la salle pour voir GORGONE monter sur scène.

L’ambiance a changé. Face à la scène, le public composé de vilains métaleux aux cheveux sales et virevoltants avaient été remplacés par de charmantes têtes blondes, d’un peu plus d’une dizaine d’années et même pas éméchés. Il y a décidément des traditions qui se perdent. Les parents non loin derrière, les surveillaient du coin de l’œil durant la prestation du groupe.
Le quatuor nous a offert un break entre deux groupes bien bourrins en nous proposant un set beaucoup plus calme. La voix claire de Tof aidait énormément à cela. Comme il l’a dit lui-même en montant sur scène ’’ Salut, on est GORGONE. On est les gentils de ce festival ‘’. Les compositions plus rock que métal ont permis à tout le monde d’y trouver son compte. Rien de violent, tout était dans la finesse. Les riffs de guitare assurés par Steve étaient efficaces et ses camarades de la section rythmique, Nico à la batterie et Franck à la basse, l’ont accompagné avec brio.
Le groupe a repris, pour le plaisir de tous, le morceau Toxicity de System of a Down en guise de clôture de leur prestation. Ce qui assurément les a fait finir sur une bonne note.

Pendant que LURKING se mettait en place, j’ai eu le temps de savourer une mousse. Et j’en profite pour saluer la Brasserie Parisis et les remercier pour leur bonne bière. Elle a permis de rassasier de nombreux soiffards avec un produit de qualité. (Quoi ? De la pub? C’est ma chronique, je fais ce que je veux.)


Et maintenant il est temps de vous parler de la prestation de LURKING. Le quintet était mené par Anthony à la basse et au chant ainsi que Delora, vocaliste principale du groupe. Cette dernière ne payait pas de mine à première vue, mais a littéralement scotché le public dès premier morceau avec un growl puissant et grave comme personne n’aurait pu s’y attendre. Et ses qualités de chanteuse ne s’arrêtent pas là car elle est également capable d’un chant plus clair et toujours juste. Elle parvenait même à alternait les deux styles brillamment au sein d’un même titre, ce qui conférait un contraste saisissant à son interprétation.
Mais cette ambivalence ne se retrouve pas seulement dans le chant. Les compositions elles aussi puisent leur inspiration dans des styles très variés. On y reconnaît des riffs de guitare tantôt thrash, tantôt heavy, teinté de death et parfois même de doom pour l’ambiance des titres un peu plus calmes. Le bassiste faisait aussi un très bon travail en jouant des lignes au groove agréable. Le tout était bien entendu servit par une batterie très nerveuse. L’ambiance était au rendez-vous et les pogos aussi.

Un groupe bien plaisant que j’espère recroiser un jour. Mais voilà déjà l’entracte qui pointe le bout de sa bière. En parlant de ça, j’en profite pour faire un coup de gueule à propos de l’organisation. Les entractes sont trop courts. On avait le temps de boire qu’une seule bière entre deux groupes, c’est extrêmement fâcheux. Je me demandais même si les canards de l’extrême n’ont pas fait ça exprès pour se garder la fin des fûts rien que pour eux.

Mais ma réflexion fut vite stoppée par les premières notes de DATURHA. Leur set à peine commencé, le chanteur guitariste demande déjà un wall of death pour plaisanter. Mais c’était sans compter sur la dizaine de déglingués du cerveau qui attendaient le moindre prétexte pour se foutre sur la gueule. Ils se sont tous rentré dedans dès le début du premier morceau sans se faire prier. Belle entrée en matière pour DATURHA.
Et les pogos se sont enchaînés du début à la fin sur les compos déchaînées des 4 musiciens. Leurs riffs bien construits et bourrins parsemés de passages plus calmes et mélodiques ont fait le bonheur du public. Le chanteur/guitariste accompagnait le tout en alternant sans problème des cris graves, profonds et des passages à la voix plus claire. Le batteur caché derrière ses fûts donnait toute son énergie à produire une rythmique technique et efficace quand il n’était pas entrain de se battre avec une de ces cymbales qui se faisait régulièrement la mâle.
Les trois musiciens à l’avant de la scène n’avaient de cesse d’échanger leur place durant les morceaux, ce qui ajoutait encore plus de dynamisme au groupe. Entre deux titres, ils en profitaient pour faire de l’humour et plaisanter sur tout et n’importe quoi. Ils donnaient vraiment l’image d’un groupe soudé et qui prenait beaucoup de plaisir à faire cette prestation. Un très bon show pour clôturer ce 6eme Scen’Art Metal Fest.

Un très bon cru pour cette édition 2014. De bonnes découvertes musicales et un soutien technique du tonnerre. Il ne me reste qu’à souhaiter à Extrême Duck Production de continuer sur cette lancée. Ils font de mieux en mieux chaque année et je suis déjà pressé de voir les surprises que nous réserve le festival de l’an prochain.
Un grand merci aux groupes présents et qui ont assuré le show comme il faut. Merci également à la mairie de Boussy Saint Antoine pour avoir fourni la salle et aux deux ingénieurs son et lumière qui ont fait un travail excellent.

Quant à moi je vous retrouve bientôt pour de nouvelles chroniques.