CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


DROPKICK MURPHYS
Avec : DROPKICK MURPHYS, THE MAHONES, BLOOD OR WHISKEY, LION'S LAW, BRYAN McPHERSON
Date du concert : 14-02-2015
Lieu : Zenith - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.caramba.fr/
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 21 février 2015 - Chroniqueur : RDpix - Photographe : Rémi DEROCHE/RDpix


Toute une soirée sous le signe du punk et de la musique celtique, vous en rêviez ? Il fallait être au Zénith de Paris le 14 février dernier pour voir ça. Avec rien de moins que les Dropkick Murphys en tête d’affiche, précédés des Mahones et de Blood or Whiskey. Ajoutez à ça Lion’s Law, un groupe parisien pour donner un peu de couleur locale tout en respectant l’ambiance Punk Oi, et Bryan McPherson avec sa guitare et son harmonica pour chauffer la salle le temps qu’elle se remplisse. Vous mélangez le tout, passez ça au shaker et voilà, c’est prêt. A déguster avec une bonne stout bien compacte ou un whiskey. Et pourquoi pas les deux tiens, et en quantités irraisonnables si vous voulez bien. Voici le récit d’une St Patrick avec un peu d’avance.


C’est Bryan McPherson qui a ouvert le bal devant une salle à demi remplie mais pas à moitié éméchée. Invité par les Dropcick Murphys sur leur tournée européenne, il était chargé de chauffer la foule. Bob Dylan style, seul sur scène, armé de sa gratte acoustique et de son harmonica, il ne s’est pas dégonflé. Bien que n’ayant pas un registre punk/rock, le public lui a fait un accueil très favorable. En effet, le chanteur mettait une telle énergie dans ses chansons que la foule présente ne pouvait rester de marbre.
Son répertoire aborde des thèmes divers comme les médias et la manipulation, les violences policières, le droit des homosexuels et bien d’autres inégalités. Il interprétait ses textes avec une telle énergie que la salle en était contaminée. Très vite, on pouvait voir des gens danser et l’encourager.
J’ai pu échanger quelques mots avec lui entre deux concerts alors qu’il se promenait parmi la foule. Il était impressionné par le public, de par son nombre et de par l’accueil qu’il fait aux artistes. Il a avoué avoir beaucoup aimé l’enthousiasme de la salle et qu’il n'avait encore rien vu de tel durant sa tournée avec les Dropkicks.


C’est ensuite au tour des Lion’s Law de monter sur scène. Crânes rasés, bretelles et rangers aux pieds, les hooligans parisiens ont fait monter le niveau d’un cran aussitôt leur set commencé. Le quintet nous a servi un punk dans la plus pure tradition British de la fin des années 70. Lion’s Law ça sent la sueur de supporteurs dans les tribunes d’un match de foot rafraîchies à grands coups de canettes de pils. C’est énergique et ça vous donne envie de sauter et balancer des coups de poing dans le pit. Ici pas de backdrop à l'effigie du groupe. En lieu et places, 3 spots bleus blancs et rouges braqués sur la toile noire. Mais le nationalisme s’arrête là. Le répertoire du groupe est chanté en anglais dans sa quasi-totalité. Avec un soupçon d'accent français, tout de même, qui apportait un peu de charme à la chose. Ben quoi ? On a l’accent le plus sexy au monde paraît-il. Faut bien s’en servir non ?
Dans la fosse, ça se bastonnait du début jusqu’à la fin. Une partie du public reprenait les refrains pour ajouter encore plus de puissance aux chœurs assurés par les musiciens pendant que le leader attisait la foule.
Du show bien testostérone et efficace qui a assurément mis dans le bain les quelques récalcitrants qui n’étaient pas encore chauds.


Après une courte interruption, c’était au tour de Blood or Whiskey de monter sur scène. Voilà peut-être le seul groupe véritablement originaire d’Irlande qu’on aura vu ce soir. Mélangeant du punk et des sonorités celtiques, le groupe couplait le tout à un jeu de scène rock'n'roll. Et force est d’admettre que la sauce prend très bien. Le public est chaud comme la braise. À tel point que le groupe ne tarde pas à demander un circle pit et ne s’est pas fait prier longtemps. Les morceaux n’étaient pas tous aussi dynamiques que ceux de Lion’s Law. Mais l’énergie mise en oeuvre par les musiciens était suffisante pour faire bouger la foule à elle seule.

Les mélodies qui donnaient l’aspect folklorique à leurs compositions étaient assurées par un musicien qui alterne entre la flûte et l’accordéon avec aisance. Un musicien armé d’un banjo remplissait énergiquement la gauche de la scène à lui tout seul. Le leader occupait le rôle de guitariste acoustique et se chargeait également du chant principal. Mais ce double rôle ne lui suffisant pas, aussitôt ses couplets finis, il courait d’un côté de la scène à l’autre pour motiver la foule, ne lui laissant aucun répit.
Comme les deux groupes précédents, le set était court. 30 minutes, pas plus. C’est dommage, on en aurait bien repris un peu. Mais l’heure tournait et c’était au tour des Mahones de faire leur show.


Le quintet canadien lui aussi n’a eu que peu de temps pour son set. Mais quel dynamisme durant cette demi-heure...
L’esprit punk celtique était bel et bien là devant nous. À gauche de la scène, le musicien alternant banjo et mandoline sautait dans tous les sens. (D’ailleurs, je ne sais pas si c’est une tradition irlandaise mais le joueur de banjo était constamment à gauche de la scène alors que l’accordéon se trouvait à l’opposé. Et ce pour tous les 3 derniers groupes de ce concert.) Le chanteur guitariste et l’accordéoniste se croisaient régulièrement devant la scène pour offrir des jeux en duos virtuoses. Seul le batteur cloué sur son tabouret et le bassiste restaient sur place sans trop faire le spectacle. Ils n’en faisaient pas moins leur boulot avec brio, en plus d’accompagner le chanteur de leurs voix quand c’était nécessaire.
Katie McConnell était insaisissable. Elle n’était jamais au même endroit, à part pour ses prestations au micro. Elle se déplaçait en jouant ses solos d’accordéon endiablés tout en se balançant d’avant en arrière, faisant preuve d’une souplesse à rendre jaloux son instrument. Entre deux morceaux, elle a pris le temps de remercier le public venu nombreux et a souhaité une joyeuse St Valentin à tous, le tout dans un français quasi parfait.
Les Mahones, malgré le peu de temps qui leur était accordé, ont joué une grande partie de leurs titres les plus connus et entraînants. Et parmi eux, une version punk très accélérée de l’incontournable "Wild Rover". Chanson qu’on retrouvera dans une version plus traditionnelle dans le set de Dropkick Murphys.

Setlist :
- A Great Night on the Lash
- Paint the Town Red
- Shakespeare Road
- The Hunger & the Fight
- Give It All Ya Got (or Forget About It)
- The Wild Rover
- Prisoner 1082
- Is This Bar Open 'Til Tomorrow
- Drunken Lazy Bastard



Une prestation rafraîchissante et un très bon plat de résistance avant le dessert que tout le monde attendait.


Le rideau qui cachait toute la profondeur de la scène est tombé et The Foggy Dew a commencé à retentir. En projection sur un écran, une vidéo de brume masquant le nom de la tête d’affiche de la soirée. La brume s’est dissipé lentement pour laisser apparaître l’inscription "Dropkick Murphys" pile poil à la fin de la musique d’intro. Aussitôt, les musiciens ont fait une entrée tonitruante sur "Out Of Our Heads" enchaînée directement avec "Citizen CIA". Le ton est donné, le rythme est éfreiné et ne retombera pas de sitôt.

Ken Casey à la basse et au chant assurait toujours le show comme à son habitude. Il était aidé par un Al Barr remonté à bloc. Ce dernier devait chanter au plus près du public, serrant des mains aux passages avant de partir en routant sur toute la largeur de la scène. Le jeu de scène des deux frontmen enflammait littéralement la foule.
Le Zénith entier sautait et dansait sur les riffs punk agrémentés de cornemuse et de sonorités folkloriques irlandaises. C’était la fête du devant de la fosse jusqu’au fond des gradins les plus éloignés de la scène. Les titres les plus connus ou les morceaux traditionnels irlandais comme "The Wild Rover" (oui, le vagabond sauvage, encore lui) étaient repris en cœur par la salle entière.
Le groupe a fait revenir sur scène Bryan McPherson pour interpréter en solo acoustique leur titre "Caps and Bottles". En solo ? Pas tout à fait. Les Dropkicks l’ont accompagné sur le dernier couplet pour un final explosif. Puis ce sont les Blood and Whiskey et les Mahones qui ont rejoint tout ce beau monde pour jouer à l’unisson "I’m Shipping up To Boston".
Après un bref rappel marqué par des « let’s go Murphys ! » scandés par le public, le groupe est revenu avec un titre bien nommé pour l’occasion : "The Boys Are Back". Puis sur les trois derniers titres, les filles de la fosse ont été invitées à monter sur scène. Chantant et dansant, elles ont lancé un véritable pogo dès que le rythme du morceau "Kiss Me I’m Shitfaced" a accéléré. Puis c’est tout le monde qui a été autorisé à monter les rejoindre pour le final qui s’est fait sur la reprise d’"If The Kids Are United" de Sham 69.

Setlist :
- Out of Our Heads
- Citizen C.I.A.
- The Gang's All Here
- The Warrior's Code
- Prisoner's Song
- Rose Tattoo
- Rocky Road to Dublin
- Walk Don't Run
- Cruel
- The Auld Triangle
- Famous for Nothing
- Peg O' My Heart
- The State of Massachusetts
- Pipebomb on Landsowne
- The Wild Rover
- Going Out in Style
- The Outcast
- Sunday Hardcore Matinee
- Johnny, I Hardly Knew Ya
- Barroom Hero
- Boys on the Docks
- Caps and Bottles
- I'm Shipping Up to Boston
- The Boys Are Back
- Kiss Me, I'm Shitfaced
- Skinhead on the MBTA
- If the Kids Are United

Une ambiance au top du début à la fin, même pendant les entractes. Des files d’attente interminables aux buvettes, même pendant les concerts. C’était l'événement à ne pas rater pour tous les assoiffés de sonorités punks irlandaises, de bière et de whiskey. La St-Valentin des amoureux de la St Patrick.