CHRONIQUES DE CONCERTS

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DEATH TO ALL
Avec : Loudblast, Abysmal Dawn
Date du concert : 05-03-2015
Lieu : Le Trabendo - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : https://fr-fr.facebook.com/Garmonbozia.Inc
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 12 mars 2015 - Chroniqueur : Vyzhas - Photographe : Vyzhas


Carcass ou bien Emperor, les reformations de groupes cultes sont devenues monnaie courante depuis quelques années. Nostalgie, inspiration renouvelée ou questions de « business », de nombreuses légendes renaissent de leurs cendres, réalisant le rêve inavoué des fans de revoir leurs idoles mais suscitant également la crainte de vandaliser la mémoire du groupe en lui redonnant vie.

Depuis 2013, c’est au tour de Death de connaître une seconde jeunesse douze ans après la disparition tragique de son maître à penser, Chuck Shuldiner. Leur passage au Trabendo il y a presque deux ans ainsi qu’à la dernière édition du Hellfest avaient laissé aux deathsters un souvenir mémorable de cet hommage à la musique de Chuck.
Outre le côté « best of » des performances, chaque tournée célèbre un album particulier. Après « Human » (1991) il y a deux ans, l’album « Symbolic » fête ses vingt ans et les pionniers du Death Metal reviennent au Trabendo pour leur unique date française.

Premières parties obligent, c’est à Abysmal Dawn d’ouvrir le bal devant un public clairsemé. Depuis maintenant douze ans, les Américains formés à Los Angeles officient dans un death à la fois brutal et technique. Le moins que l’on puisse dire c’est que le combo en a dans le ventre avec leurs compositions bien plus rentre-dedans et efficaces, et beaucoup moins linéaires qu'elles ne paraissent sur albums. Les Californiens défendent ce soir leur quatrième opus « Obsolescence » sorti en octobre dernier, et le font en toute sobriété sans backdrop ou divers artifices scéniques ; la communication avec le public se limitant également au strict nécessaire. Malgré une setlist variée et des virtuoses donnant tout ce qu’ils ont, le son brouillon ne met pas en valeur le répertoire du groupe, et les growls profonds bien que parfaitement exécutés restent sous-mixés. Même si ce n’est pas l’effusion de joie et de violence dans le pit, le public se révèle néanmoins assez réceptif aux titres d’Abysmal Dawn, en témoignent les quelques headbangs qui commencent à poindre. Dommage que le son n’ait pas été à la hauteur de leur prestation.

Ils le voulaient, ils l’ont eu. Loudblast a mis la main à la poche, avec l’aide de leurs fans, et a réussi à rejoindre la tournée de Death. Une expérience que nos compatriotes ont choisi de réitérer puisque vingt ans plus tôt ils partageaient l’affiche avec les Américains. Les nordistes investissent les planches décorées d’étendards à l’effigie de leur dernier album « Burial Ground » au son retentissant d’une intro funèbre. C’est devant une salle beaucoup plus remplie que Stéphane Buriez et ses acolytes vont déclencher un véritable déluge dans le Trabendo. Le vocaliste/guitariste et leader de la formation Death/Thrash a envie d’en découdre et invite les Parisiens à « foutre un putain de bordel ». La motivation des musiciens se fait clairement ressentir, et ces derniers font preuve d’une présence scénique remarquable. Le jeune Junior Rodriguez, remplaçant Hervé Coquerel actuellement en tournée avec Black Bomb A, abat un travail de titan derrière les fûts. Piochant équitablement dans son dernier album et parmi les classiques tels que « Cross The Threshhold » ou « My Last Journey », Loudblast peine tout de même à convaincre les oreilles un peu plus « pointilleuses » qui n’auront pas manqué de remarquer le son à nouveau approximatif. Si en plus la musique des Calaisiens ne passionne déjà pas quelqu’un comme votre serviteur, l’ennui se manifeste malheureusement assez vite. Une prestation en demi-teinte techniquement parlant, mais un bon point toutefois pour l’enthousiasme de chacun des membres.

Setlist :

A Bloody Oath
The Bitter Seeds
The Abstract God
From dried bones
Presumption of Survival
Emptiness Crushes my Soul
Disquieting beliefs
Cross the Threshold
My Last Journey

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. N’ayant pas trouvé de remplaçant suite au nouveau split de Massacre, Death a dû rallonger son set de 30 minutes. Ce qui n’est pas pour déplaire aux fans qui attendent le « tribute band » de pied ferme. Qui dit hommage dit aussi line up d’exception : le guitariste Bobby Koelbe, l’impressionnant et tentaculaire bassiste Steve Di Giorgio, l’imposant marteleur Gene Hoglan tous les trois présents sur « Symbolic » et Max Phelps qui s’est, pour l’occasion, réincarné en Chuck, reproduisant ce timbre rocailleux si typique. C’est devant une salle pleine à craquer que résonnent les premières notes de « The Philosopher ». La foule ne se fait pas prier pour headbanguer et pogoter à tout-va. La setlist fait bien évidemment la part belle à « Symbolic » avec pas moins de cinq titres (« Symbolic », « 1000 Eyes », « Without Judgement », « Zero Tolerance », « Crystal Mountain ») et ne fait l’impasse sur aucun titre culte de chaque album de Death. Le public est aux anges face à ces morceaux qui ont forgé la légende et force est de constater qu’ils n’ont pas pris une ride. L’exécution est quasi parfaite, il est néanmoins regrettable de remarquer quelques pains de la part de Bobby sur la plupart des soli. Quand on parle de Death on est en droit d’exiger l’excellence, et les quelques erreurs récurrentes du guitariste ont de quoi légèrement irriter. Après un grandiose « Flattening of Emotions », Max Phelps cède sa place à Steffen Kummerer d’Obscura durant trois titres. Il est clair à l’écoute de « Symbolic », « Zero Tolerance » et « Bite The Pain » que l’Allemand fait un peu pâle figure d’un point de vue vocal par rapport à son prédécesseur, qui, non content de posséder une texture vocale similaire à celle de Chuck, possède un coffre bien plus puissant. Le rappel sonne le retour de Max sur un medley old-school et jouissif à souhait de « Zombie Ritual/Baptized in Blood » avant de conclure cette prestation en beauté avec les dantesques « Crystal Mountain » et « Pull the Plug ».

Un grand merci à Garmonbozia pour cette magnifique soirée hommage qui, espérons-le, ne sera pas la dernière de cette reformation.

Setlist :

The Philosopher
Leprosy/Left to die
Suicide Machine
Overactive imagination
Trapped in a corner
1,000 Eyes
Without Judgement
Spiritual Healing/Within the Mind
Lack of comprehension
Flattening of emotions
Symbolic
Zero Tolerance
Bite the Pain
Zombie ritual/Baptized in Blood
Crystal Mountain
Pull The Plug