CHRONIQUES DE CONCERTS

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MUDHONEY
Avec : Barton Carroll01, White Hills02, Mudhoney03
Date du concert : 22-05-2015
Lieu : L’Epicerie Moderne - Feyzin [ 69 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.epiceriemoderne.com/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 29 mai 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Ce soir, c’est une affiche totalement américaine qui m’attend à l’Epicerie Moderne : Barton Carroll de Seattle, les White Hills de New York et pour finir Mudhoney de Seattle également. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu autant d’Américains à la fois, surtout dans trois styles de musique complètement différents les uns des autres.

J’ai donc découvert ici ce soir Barton Carroll que je ne connaissais pas. J’ai été séduit par sa musique folk simple et dépouillée, ses influences multiples qu’elles soient musicales ou encore littéraires.
Barton Carroll sera aussi bien influencé par les Jam ou Bad Religion que par Tom Waits ou bien tous les pionniers du Old Time et du Bluegrass.
Ses références littéraires sont également nombreuses et il n’hésite pas à nous faire partager son expérience poétique entre ses morceaux à la manière de petites anecdotes à la fois belles et drôles.
Barton Carroll ce n’est pas une voix qui détonne, mais plutôt une voix légère et calme qui se pose sur la salle comme un chuchotement. Et là, effectivement, la magie s’opère car le public totalement absorbé écoute cet homme éclairé par une simple poursuite, dans un silence de cathédrale.
Barton Carroll est originaire de la Caroline du nord et surtout de la région des Appalaches et même s’il vit à Seattle, sa musique reste influencée par la culture de toute cette magnifique région. Le Old time, le Bluegrass tiennent une place prépondérante dans ses inspirations acoustiques.
Barton n’hésite pas non plus à s’aventurer dans des sonorités un peu plus complexes en utilisant des opens tuning de type médiévaux à la John Renbourn. Cela donne des sonorités beaucoup plus aérées et permet un jeu de guitare plus libre sur lequel il prend le temps de poser sa voix comme il l’entend.
En conclusion, Barton Carroll nous offre ici un bien joli set très agréable à écouter et complètement décalé quant on sait la puissance sonore des deux groupes qui vont suivre. La surprise était totale pour tous ceux qui comme moi ne le connaissaient pas.

Les New-Yorkais de White Hills sont les suivants à monter sur scène. Leur rock psychédélique aux tendances très électro apporte à cette soirée une atmosphère très underground.
Bien qu’ils se présentent en trio, les White Hills sont avant tout un binôme ultra cimenté composé de Dave W. à la guitare et au chant et d’Ego Sensation à la basse et au chœur. Le line up s’agrandit en fonction des tournées et ce soir c’est à la batterie qu’il y aura un membre supplémentaire et qui se nomme Dj Diamond Rod.
Un autre membre fait également partie de cette petite famille, il s’agit de leur mascotte Don Jorge qui est un petit gorille en peluche qui vit plein de petites aventures sur la tournée des White Hills. Ego Sensation semble visiblement beaucoup l’aimer, cela donne un petit côté bon enfant à tout cela et c’est bien agréable.
C’est sur de féroces boucles sonores balancées par un sampler, que les New-Yorkais entrent en scène et balancent une sauce monumentale dès les premières notes.
Il n’y a pas à discuter, ça déménage sévère. Dave W. en bon frontman, balance un chant plutôt incisif que planant accompagné d’une énorme disto fuzz à la gratte, du genre ultra borderline et toujours proche du larsen.
Ego Sensation est la Poison Ivy de la basse. Jolie blonde pulpeuse du genre ultra sexy avec sa basse transparente, elle envoie un maximum et fait à elle seule une grande partie du show.
Difficile de détourner les yeux de cette superbe créature dont le jeu de scène est carrément hypnotique. Elle a vraiment la classe, elle joue et chante vraiment bien.
Ego Sensation et Dave W. sont résolument indissociables. Leur complicité est énorme et le jeu de scène s’en ressent énormément, je veux dire par là qu’ils gagnent en qualité et en efficacité.
Les White Hills sont un groupe complètement atypique avec un côté un petit peu hors du commun. Formés en 2005, ils possèdent déjà à leur actif la bagatelle de 14 albums sans compter les Ep ni le reste.
C’est quand même rare de trouver un groupe aussi prolifique.
Mais je pense et de loin que c’est sur la scène que le groupe prend toute sa dimension. Les mélanges de sons à des rythmes effrénés et le tout pied au plancher sans aucun temps mort, cela a de quoi vous retourner une sacrée tarte en pleine tronche.
Par contre, le son est très incisif et l’auditeur en prend plein les oreilles. Le spectateur quant à lui risque de tousser beaucoup s’il est devant la scène car les White Hills ne lésinent pas sur la fumée, on se croirait à Manchester en plein hiver.
Par contre, le show en général, est vraiment excellent. Il est absorbant et hypnotique, on se laisse facilement embarquer dans leur univers clair obscur.

Est-il encore utile de vous présentez Mudhoney ? Arrivés en 1988 ils sont parmi les précurseurs du fameux son de Seattle à l’époque où le grunge commençait à exploser.
Mudhoney visitera un peu tous les styles durant sa carrière, allant du grunge au garage rock en passant par le rock pur et dur jusqu’à un rock plutôt alternatif.
Ce soir à l’Epicerie Moderne, ils vont nous cueillir à chaud avec un set de pratiquement deux heures.
La première partie du set des Mudhoney sera plutôt consacrée au rock brut de décoffrage, ainsi qu’au garage rock débordant aisément sur le punk.
Mark Arm et sa bande, qu’on peut maintenant considérer comme des vieux routards de la scène rock US, n’ont rien perdu de leur énergie.
Franchement, Mudhoney ça déboite toujours autant. Mark Arm est à la guitare sur toute la première partie du show et avec son pote Steve Turner à l’autre gratte, ça envoie sec. De la grosse saturation fuzz comme on l’aime dans ce genre de musique est au menu sonore de ce soir. Bien grasse, proche du larsen, à la limite de déborder dans tous les sens, ça sent la fuzz boutique au germanium car à ce niveau sonore là, la big muff est au placard.
Un bon régal noisy sur la fréquence rock’n roll, que voulez vous de mieux.
Les titres s’enchaînent sur des tempos de rock effrénés avec des riffs absolument assassins et on ne voit pas passer toute la première partie du set où Mark Arm changera tout de même trois fois de gratte pour des questions d’accordage sans aucun doute.
La seconde partie du show est tapissée d’un rock plus massif, plus épais, où Mark Arm délaisse la guitare pour se consacrer uniquement au chant.
C’est le Mudhoney tout aussi rock, mais beaucoup plus grunge ou du moins « Seatttle Sound » que l’on redécouvre ici.
Bien différente de la première partie du show des gars de Seattle, la seconde est excellente aussi mais sous un autre aspect sonore du groupe. Ca envoie, il y a du son, mais la musique y est plus lourde, donc moins rapide. Le son fuzz de Steve Turner est absolument énorme sur cette partie du show.
Dan Peters à la batterie et Matt Lukin à la basse restent tout à fait réguliers tout au long des deux parties du set et ne durcissent que légèrement leur jeu à l’appel du « Seattle Sound », c’est vous dire si ça joue costaud.
Mark Arm au chant, se déchaîne complètement, quasi jusqu’à la transe à certains moments.
Il ne reprendra sa guitare que pour le rappel qui sera particulièrement rock’n roll.
Vraiment un excellent concert des Mudhoney qui remplit toutes ses promesses. Ils ne viennent pas souvent chez nous, mais on peut dire que lorsqu’ils viennent, ils ne font pas dans la figuration.
En tout cas, la seule chose qui compte, c’est que le public soit satisfait et il semble l’être au vu des mines réjouies lorsque la salle se rallume. Tout le monde semble en avoir eu pour ses yeux, ses oreilles et ses ronds.

Je tiens à remercier chaleureusement L’Epicerie Moderne et toute son équipe pour leur accueil dans leur salle absolument magnifique, je ne le dirai jamais assez et surtout pour avoir convié Pavillon 666 à partager cet évènement. Je leur dis à très bientôt…