CHRONIQUES DE CONCERTS

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DIR EN GREY
Avec : Dir en grey, dagoba
Date du concert : 26-05-2015
Lieu : Le Bataclan - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : https://www.facebook.com/PirateSmilePR
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 30 mai 2015 - Chroniqueur : lisa - Photographe : lisa


C'est en ce mardi 26 mai de l'an 2015 que je remets les pieds au Bataclan, quasiment deux mois après avoir foulé son sol lors du passage très remarqué d'Ensiferum. Ce soir, mettez au placard le folk/epic metal et le death mélodique, place au metal français avec les bons rois Dagoba, mais surtout les ambassadeurs japonais du rock / post-metal / post visual-kei, Dir En Grey. Une nouvelle preuve que le Bataclan sait nous proposer des affiches aussi diverses que variées.

Il est 17h30 lorsque j'arrive aux abords de la salle, et déjà une longue file d'attente s'est formée. Depuis combien de temps sont-ils là tous ces jeunes (et moins jeunes) gens, nul ne le sait. Comme je suis bien élevée, je ne profite pas de mon statut privilégié pour entrer avant tout le monde, et prend donc mon bien en patience (l'expression est voulue, j'y reviendrai …). Accompagnée de mon ami Le Loup Arctique, je profite que celui-ci garde ma place dans la file, l'occasion pour moi de faire un état des lieux. Au début de mon exploration, rien ne me paraît vraiment excentrique, mais au fil de mon avancée, le look des fans est de plus en plus remarquable, certains semblant tout droit sortis de la Japan Expo. Alors oui, il faut bien le dire, la proportion de fans asiatiques est plus élevée qu'à l'accoutumée (n'y voyez là qu'un simple constat). Les autochtones franciliens ont bien sûr fait le déplacement, mais aussi des gens venus des quatre coins de la France. J'ai même cru voir sur la page Facebook de l'évènement que nos cousins belges seraient de la partie.

Le début du concert était annoncé pour 19h30 mais ce n'est que vingt minutes plus tard que les Marseillais de Dagoba font leur entrée en scène, et ça démarre tout de suite très fort. Avec leurs six albums à leur actif en douze ans, leur réputation n'est plus à faire, et leur présence ce soir semble être plus qu'appréciée. Malgré leurs nombreux passages dans ma région ces derniers temps (notamment lors de la dernière édition du Triel Open Air en juillet dernier), ce n'est que ce soir que je vois le groupe pour la première fois en live, et autant vous dire que l'on n'a pas été déçu du voyage ! A quatre qu'ils sont, les Provençaux dégomment tout sur leur passage. Qui a dit qu'au pays des cigales on se la coulait douce ? Que nenni, Dagoba, c'est tout, sauf de la finesse. Pas le temps de souffler, leur metal industriel virant très souvent sur le death ne nous laisse aucun moment de répit. La recette appliquée fait l'unanimité auprès du public, pourtant venu essentiellement pour Dir En Grey. Les pogos ne sont pas longs à poindre le bout de leur nez, et le groupe pourra se vanter ce soir d'avoir provoqué le plus grand circle pit et le wall of death le plus impressionnant de toute la soirée. Dommage que j'aie été si encombrée, me joindre à la danse me démangeait profondément ! Moi qui raffole des circle pits, j'aurais été servie ! Chaque membre du groupe dégage une énergie hors norme, à commencer par son chanteur, Shawter, dont la prestance faisait plaisir à voir. Les autres membres n'ont pas démérité non plus, loin de là. Le guitariste Z et le bassiste Ytier parcourent la scène en long, en large et en travers, et du côté de chez Franky, ça tabasse fort ! Environ trois-quarts d'heure plus tard, c'est déjà la fin du set. Le groupe aura accompli sa mission de première partie avec brio, le public est remonté à bloc pour accueillir la tête d'affiche.

SETLIST

Bram Stocker's Dracula
1. I, Reptile
2. The Nightfall and All Its Mistakes
3. Black Smokers (752° Farenheit)
4. When Winter …
5. The Great Wonder
6. Born Twice
7. It's All About Time
8. The White Guy (and the Black Ceremony)

Le moment que j'attendais le plus arrive enfin … Non je plaisante, en réalité j'appréhendais énormément : j'avais écouté Arche voilà deux mois de cela, et j'en suis ressortie quelque peu … perplexe dirons-nous. Dir En Grey est à dix mille lieues de ce que j'écoute habituellement. Advienne que pourra, je n'ai plus qu'à prier pour que leur musique passe mieux en live …
Il est 21h passées lorsque le groupe monte sur scène, et avant même qu'ils n'aient commencé à jouer, j'ai déjà perdu mon oreille droite : à en juger par les cris aigus qui retentissent dans la salle, ce n'est pas la testostérone qui semble l'emporter dans le fanclub. L'hystérie collective résonne dans tout le Bataclan. Je me dis alors que je vais peut-être revoir mes à priori : « Pour qu'ils y mettent autant d'enthousiasme, c'est que ça ne doit pas être si mal ... ».
Jusqu'au troisième morceau de la setlist, j'arrivais encore à survivre tant bien que mal. Je le reconnais, les acrobaties vocales du chanteur Kyô forcent le respect, celui-ci passant en un tour de main d'un growl profond à un chant aigu extrêmement théâtral. J'ai été davantage réceptive aux passages lors desquels les vocaux caverneux étaient mobilisés, le death metal étant l'un des styles que j'affectionne le plus. Malheureusement pour moi, ils n'apparaissaient que ponctuellement, à peine je m'enjaillais que mon plaisir était gâché par cette voix criarde. Pourtant avec le black, j'ai l'habitude, mais allez savoir pourquoi, malgré toute la bonne volonté du monde, je n'ai pas adhéré. Première hypothèse : le post-visual kei n'est pas un style qui me correspond. Deuxième hypothèse : mes oreilles occidentales ne sont pas habituées au chant en japonais.
Autre chose qui m'a choquée, le statisme et l'absence totale de communication du groupe avec le public. À l'image de son chant, seul le chanteur délivrait tout ce qu'il avait en lui, allant même jusqu'à tomber au sol. Cette théâtralité poussée à l'extrême contrastait excessivement avec le jeu des musiciens quasiment inertes. Puis sans rire, aucun n'a décroché un mot de tout le set … Certes, le français n'est pas leur langue maternelle, mais tout de même, ne pas faire l'effort de dire au moins « Bonsoir Paris, comment ça va ? ». Bref, paradoxalement, pour un concert de metal, j'ai trouvé que ça manquait terriblement de vitalité. Les autres spectateurs ne seront pas de mon avis, s'il l'on en juge les headbangs continuels, les pogos qui se sont déclenchés, sans oublier les phases de karaoké sur les tubes du groupe. Première hypothèse confirmée donc, ma sensibilité musicale est radicalement différente de celle du reste du public.

SETLIST :
New SE
1. SOSHAKU
2. Chain Repulsion
3. Sustain the Untruth
4. Un deux
5. UROKO
6. TOUSEI
7. RINKAKU
8. KUKOKU NO KYOUON
9. MAGAYASOU
10. Phenomenon
11. Behind a Vacant Image
12. Cause of Fickleness
13. The Inferno
14. Revelation of mankind
RAPPEL :
15. THE FINAL
16. Saku
17. HAGESHISA TO, KONO MUNE NO NAKA DE KARAMITSUITA SHAKUNETSU NO YAMI

Avis très mitigé quant à cette soirée pour ma part, avec une agréable surprise en première partie, et une moins bonne pour ce qui est de la tête d'affiche. Je remercierai avant tout mon ami Le Loup Arctique pour avoir eu l'infime bonté, et surtout la compassion de m'avoir accompagnée ce soir. Merci également aux deux groupes : à Dagoba pour leur énergie et l'ambiance ; à Dir En Grey pour m'avoir prouvé que le visual kei … et bien ce n'est pas ma tasse de thé !