CHRONIQUES DE CONCERTS

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EARTHLESS
Avec : Sunder01, Earthless02
Date du concert : 29-05-2015
Lieu : L’Epicerie Moderne - Feyzin [ 69 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.epiceriemoderne.com/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 03 juin 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Je commence à avoir mes petites habitudes à L’Épicerie Moderne. Le temps d’arriver tranquille, de retirer mon pass photo, de tailler un petit bout de gras avec les copains de la sécurité et hop me voilà en place pour une soirée un peu surprise pour moi, vu que je ne connais aucun des deux groupes.

Bref, ce soir ce ne sera pas le thème du « bienvenue dans les salles obscures » qui sera à l’honneur, mais plutôt soirée feux de route avec les pleins phares dans la tronche.
Ce ne sera pas encore la soirée idéale pour essayer de faire des photos exploitables. Par conséquent beaucoup de lumières, mais je n’ai pas bronzé d’un poil.

Ce sont donc les Lyonnais de Sunder qui vont ouvrir cette soirée placée sous le signe du rock psyché plutôt tendance ’60 ou encore ’70.
Excellente prestation du quatuor qui va nous faire voyager dans le temps durant un set plutôt bien ficelé.
Le combo est composé comme à la grande époque. Une seule guitare, une basse plutôt mélodique, une batterie assez rudimentaire et un orgue de type Farfisa, ainsi qu’un Mélotron, des joujoux de type carrément vintage qui valent actuellement la peau du cul pour celui qui cherche à se les procurer.
En tout cas, avec ce matos, il n’y a pas à tortiller, on a le son et le vrai, ça ne triche pas.

C’est donc parti pour la chevauchée fantastique à travers les âges et les sons désormais devenus légendaires.
On y retrouve toutes les bonnes vieilles sonorités sixties du genre les Doors de la première heure, les Floyd, The Electric Prunes etc. etc. Je ne vais pas tous les citer, sans ça nous y passerions la nuit
Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas, l’atmosphère est bien là et nous avons vraiment l’impression de faire un bond dans le temps.

Sunder, ça sonne bien. C’est un groupe bien carré avec de très belles compositions et des musiciens qui jouent et chantent bien.
Julien Méret à la gratte, (Gibson Firebird s’il vous plait) ne lésine pas sur le fuzz et nous envoie un son agréable et solide avec un chant très nuancé.
Au chant, il est particulièrement bien secondé par Nicolas Baud, qui de derrière ses claviers qui sont vraiment le centre nerveux du groupe, balance également un chant très harmonieux.

Le fond de scène des Sunder est également très psyché lui aussi avec cet écriture venue du fin fond des années 70 avec ces rayures au caractère hypnotique.
C’est Jessy Ensenat qui officie à la batterie et qui se trouve devant cet immense fond de scène.
Vincent Melay à la basse reste calé à droite en parfait accord avec son métronome Jessy, le batteur des Sunder.

L’ensemble donne vraiment quelque chose de cohérent et qui tient la route. Les sonorités sont vraiment vintage et l’appel du passé est plus que convainquant.
Toutefois, les Sunder ne manquent pas par leur présence de nous rappeler que leur musique est toujours d’actualité.
Sunder est un groupe très agréable à écouter. On se laisse capturer par leur univers à la fois rock et planant. Je vous conseille d’aller les voir car même si le doute peut en vous subsister, croyez en mon expérience, vous serez littéralement bluffés.

Earthless made in San Diego, California, USA, est la grosse affiche de la soirée.
Sous des projecteurs plus obscurs que clairs, les voici sur la scène de L’Épicerie Moderne.
Ce trio américain totalement instrumental, ce qui veut en dire en gros, pas de chant, se revendique de certaines influences dont je n’ai absolument pas trouvé la correspondance. Par contre ce qui est sûr, c’est que cela sonne seventies à fond.

Le combo est composé d’Isaiah Mitchell à la guitare, de Mike Eginton à la basse et de Mario Rubalcaba à la batterie.
Je retrouve plus dans ce groupe le son de type jazz fusion de Santana ou encore de rock psyché qu’il déploya à ses premières heures au festival de Woodstock. Le son hendrixien est très présent aussi.
Mais le son ainsi que le type de jeu à la Carlos Santana prédomine. Une bonne disto de type Mésa avec comme filtre l’utilisation permanente d’une wah wah et le tour est joué.
De plus Mitchell joue beaucoup sur les sustains à la manière du légendaire guitariste mexicain. Par contre, une chose est sure, c’est qu’il ne manque pas de dextérité, voire de virtuosité.
Les phrasés et les lignes mélodiques qu’il envoie sont du tonnerre et une vraie leçon pour tous les guitaristes. Il n’y a rien à ajouter, il est vraiment bon et son toucher est tout à fait impressionnant. Il sait résolument se servir d’une gratte et la faire sonner comme personne.

Eginton à la basse et Rubalcaba à la batterie sont le véritable appui sur lequel Mitchell peut librement s’exprimer et partir dans des délires sonores interminables.
Interminable, c’est bien là tout le problème. La set liste des Earthless n’est pas bien longue car les morceaux ne durent pas moins d’une demi heure chacun au minimum et l’on n’en voit plus la fin.
Les titres sont joués dans leur totalité quasiment sur le même tempo avec les mêmes phrasés, ce qui ne laisse que peu de place à l’inattendu.

Peu de variations de rythmes, des solos interminables et des fins qui n’en finissent pas. Je vous jure que cela vous abrutit complètement, vous avez la tête comme un compteur car en plus ça joue très fort et vous finissez par perdre complètement le fil.
Seules la basse et la batterie se démarquent quelque peu de cette monotonie, mais difficilement car le bassiste campe dans le fond de la scène comme un intérim et je trouve cela dommage de nous faire un trip Manpower dans un set qui pourrait être plus que vivant vu le niveau technique des trois musiciens.
C’est tout cela qui m’a un peu déçu car franchement le niveau est absolument énorme, ces mecs sont vraiment bons.
Mais bon, moi ces morceaux interminables qui se ressemblent tous les uns les autres comme s’ils n’avaient joué qu’un seul et très long titre, ça me déboussole un petit peu et pourtant je suis vraiment quelqu’un d’ouvert.

Toutefois, il y a une chose qui reste sure, c’est que musicalement ils sont irréprochables. Leur musique est très riche et se situe au carrefour de nombreux styles très différents allant du jazz au rock.
C’est toujours une expérience enrichissante que de chroniquer des musiciens d’un tel niveau après les avoir vus en live car rien que pour le jeu de guitare de Mitchell, ça vaut largement le détour.

Je tiens à remercier chaleureusement L’Épicerie Moderne et toute son équipe qui une fois de plus a eu la gentillesse de convier et d’’accueillir Pavillon 666 pour partager cet évènement au sein de leur magnifique salle.