CHRONIQUES DE CONCERTS

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HELLFEST 2015 JOUR 1
Avec : BREAKDUST, GLOWSUN, STICKY BOYS, VORKREIST, NO RETURN, BOLZER, LENG TCH’E, MELECHESH, MOTORHEAD, OATHBREAKER, BLOODBATH, FIVE FINGER DEATH PUNCH, CRADLE OF FILTH, MASTODON, SATYRICON, JUDAS PRIEST, MESHUGGAH, SLIPKNOT
Date du concert : 19-06-2015
Lieu : Hellfest - Clisson [ 44 ]
Affluence : 150000
Contact organisateur :
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 18 juillet 2015 - Chroniqueur : Maulny77 - Photographe : Black.Roger / blaze-nathan / Phil / Riffraph


Malgré les épisodes pré-festivals, il parait évident qu'il sera difficile d'entacher cette dixième édition du Hellfest. Les modifications apportées sur l'ère de jeu, pelouse, chemin en dur, cash-card... contribuerons tout le week-end à une augmentation du confort. La météo plus que clémente ne viendra pas ternir cet historique anniversaire.
Place aux commentaires des chroniqueurs, place aux clichés des photographes de notre équipe pour revivre et découvrir un week-end métallique.



BREAKDUST
10:30 - 11:00

Pour commencer cette première journée du Hellfest 2015 je me retrouve devant la mainstage 2 où les thrashers frenchies de BREAKDUST envoient le son, du gros son mélange de thrash/death efficace en diable.
Le quatuor Bordelais n’y va pas avec le dos de la cuiller et malgré l’absence de son back-drop a attiré déjà une foule conséquente, on aime.


GLOWSUN
10:30 - 11:00

Ce Hellfest 2015 a brillemment débuté avec GLOWSUN, un excellent trio lillois de psychedelic stoner qui semble étrangement plus connu dans le reste de l’Europe que dans notre pays (signé chez Napalm Records tout de même). Cette première participation au Hellfest était donc l’occasion pour Glowsun de démontrer au public français la grande qualité de sa musique – accessible à tous. Très réjouie d’enfin avoir la chance de voir le trio en live, j’ai peut-être bien vécu la meilleure entrée en matière possible d’un festival : une musique parfaite pour se mettre doucement – mais sûrement – dans le bain… Captivant, fascinant, envoûtant, c’était le concert à ne pas rater pour tout fan de My Sleeping Karma ou Monkey3.



STICKY BOYS
11:05 - 11:35

On enchaine avec sur la mainstage 01 les déjà bien connus STICKY BOYS qui ne sont pas venus à Clisson pour rigoler (si, un peu quand même).
Leur hard-rock n’est plus à présenter ils sont les fils spirituels de AC/DC et d’AIRBOURNE, le pendant français du style en quelque sorte. Alors non ce ne sont pas des pois sauteurs comme certains le disent mais des rockers burnés pur jus non dénués d’humour, et ça marche ! Nous avons donc aimé aussi en ce début de festival.


VORKREIST
11:05 - 11:35

C’est l’heure du black-metal, alors je me rends à ;la Temple pour VORKREIST que ,j’ai déjà apprécié en salle il y a quelque temps déjà.
Au menu un mix de black et de death qui fait mouche dans une ambiance froide et malsaine comme on l’apprécie dans le style en fait. La horde parisienne tient la scène sans problème et l’on rentre facilement dans leur jeu grave et brutal. Avec quatre albums à leur actif ces métalleux extrêmes que l’on pourrait rapprocher d’ANTAEUS et autre ARKHON INFAUSTUS ont depuis 15 ans abscurcit nos neurones avec un blackened/death sans concession et aujourd’hui, c’est la même, la même présence, la même prestation variée bouleversant nos idées reçues sur le métal noir.
Set excellent donc au final.


NO RETURN
11:40 - 12:30

Retour (sic) à la mainstage 02 pour du bon thrash/death mélodique envoyé « in your face » par les frenchies de NON RETURN que l’on ne présente plus. Ils débarquent sur scène avec sous leurs bras leur dernier opus en date « Fearless Walk To Rise » et ils démarrent pied au plancher.
Le son est bon, Mick le nouveau frontman (ex-DESTINITY) assure comme une bête et derrière lui ça « tabasse sec » avec des compositions de qualité qui accrochent sans problème un public déjà en nombre sur le gazon du festival (car oui cette année un gazon de l’enfer va tenir le coup durant 3 jours, incroyable, gazon diabolique ?).
Bon, NO RETURN, malgré de nombreux changements de line-up effectue en ce moment un retour en force et c’est mérité, on adore tout simplement.


BOLZER
11:40 - 12:10

J’étais ensuite ravie d’aller découvrir BÖLZER, dans le top 3 de mes découvertes du line-up du Hellfest 2015. Duo suisse de blackened death, j’ai été très impressionnée à l’écoute de l’EP Aura qui dégage une atmosphère tout à fait unique. Pour avoir lu de très bonnes critiques de leurs prestations live, j’attendais énormément de ce concert, espérant qu’il s’agisse d’un des meilleurs moments du festival. Malheureusement, Bölzer a été victime d’un son peu avantageux : la guitare n’étant pas toujours très audible, il était difficile de se laisser plonger dans l’univers prenant du duo puisque, pour ce faire, les mélodies sont indispensables. J’espère donc bientôt revoir Bölzer avec un meilleur son, ce qui me permettrait de répondre à ma question, à savoir si l’ajout d’un guitariste live ne serait pas bénéfique aux suisses.


LENG TCH’E
12:50 - 13:30

Les grindcoreux belges LENG TCH’E remplacent au pied levé sur la scène Altar le groupe PRIMATE prévu initialement et l’on ne perdra rien au change.
En effet, Serge, frontman enragé et endiablé déclare au public « ceux qui sont venus chercher de la tendresse se sont trompé d’adresse », et de partir très souvent exciter les fans de brutal sur les « crash-barrières ».
Le grind/death des belges fait mouche, ils ont la « frite » comme l’an dernier au Metaldays en Slovénie. Et si au départ la formation ne semblait n’être qu’un un clone de NAPALM DEATH, maintenant ils ont trouvé leur voie et ça fait mal, très mal en live. Ca vous remonte avec délicatesse les boyaux au cerveau dans un rythme d’enfer bien maitrisé.
Prestation incroyable et groovy avec tous les « potets » dans le rouge. Ca vous ramone les conduits auditifs et figurez-vous, ça fait du bien, l’après midi commence bien croyez-moi !


MELECHESH
16:35 - 17:25

L’heure du goûter, alors nous allons sous la Temple déguster du black oriental qui aura peut-être le goût des cornes de gazelles où du baklava avec MELECHESH, un black oriental venu d’ailleurs mais qui vaut le déplacement.
Depuis 1993, leur chemin tortureux est jonché d’albums (6) dont le petit dernier « Enki » paru cette année. Le groupe n’est donc pas né de la dernière tempête de sable métallique. Et cela ce sent, cela se ressent dans des ambiances glauques et des envolées destructrices de neurones.
MELECHESH sait proposer un métal extrême original aux accents orientaux donc, mais pas trop. Il sait utiliser l’arme thrash pour violenter des ambiances occultes à la ROTTING CHRIST par exemple. Bref, Ashmedi et ses acolytes nous régalent avec un métal extrême prenant et incendiaire sur fond de black ritualiste. Excellent tout simplement, groupe qui ne déçoit jamais en live.


MOTÖRHEAD
18h35 – 19h35

Le grand retour de Lemmy ? Non pas vraiment. Le frontman ne parait pas au mieux. Le célèbre rocker et sa basse légendaire est un peu en retrait contre le mur d’amplis avec un chant un peu forcé il me semble.
Phil Campbell, au jeu impeccable, fait de son mieux pour parler au public et faire hurler sa guitare. Le fidèle compagnon de Lemmy est un peu esseulé sur cette grande scène et peine à couvrir le vide autour de lui. Mickey Dee et ses frappes de bûcheron assure sans problème derrière les fûts.
Motorhead nous a permis d'apprécier et écouter en autre certains classiques « Damage Case », « Stay Clean », « Lost Woman Blues », Orgamastron » et bien sûr le fameux « Ace of Spades » . Un set difficile à appréhender car malgré ces monuments musicaux, l'énergie a fondu sous la chaleur et le cœur n’y était pas, « it’s the life » !


OATHBREAKER

Je me suis résolue à aller voir OATHBREAKER, LA révélation du festival. Comme je l’ai décrit le jour où je les ai découvert, le groupe belge est « AmenRa qui a trop écouté Converge ». Clairement, Oathbreaker est du AmenRa à la sauce Jane Doe, tout pour me plaire ! Après un coup de cœur infiniment grand le jour tardif de leur annonce au Hellfest, j’espérais donc une claque immense par le groupe sur scène (sachant qu’AmenRa est incroyablement bon en live).
Malgré mes hautes espérances, je ne m’attendais pas à une telle prestation : l’explosion extrêmement brutale des premières secondes ; les passages hardcore dingues façon Converge ; les atmosphères délicieuses façon AmenRa ; les doux passages avec la belle voix de Caro Tanghe ; ses hurlements impressionnants, d’une violence à peine supportable – encore « pire » qu’AmenRa (ou mieux !) – ; son aura absolument fascinante – son visage caché par sa sombre chevelure ; le comportement des autres musiciens, possédés par leur musique ; l’absence d’interaction avec le public… Je crois bien que je suis tombée amoureuse d’un groupe.
A découvrir de toute urgence si vous avez le cœur bien accroché !


BLOODBATH
19:30 - 20:25

En plus du bain de foule, nous allons avoir droit au bain de sang. En effet, ce super-groupe de death-metal appelé BLOODBATH est composé de membres de KATATONIA, OPETH et PARADISE LOST. Nick Holmes est maintenant au micro après Mikael Akerfeldt (OPETH) et Peter Tägtgren (HYPOCRISY) au départ de l’aventure.
Au menu du death old-school classique où les musiciens excellent, mais j’étais curieux de voir Nick Holmes au chant, lui qui était plutôt habitué à un certain doom/gothique dans le « paradis perdu ». Et bien il ne s’en sort pas si mal au final dans la nouvelle direction du groupe prise avec le dernier opus en date « Grand Morbid Funeral », un album aux compositions « sales » avec une démarche glaciale et lourde de conséquence, un album « beau comme un enterrement de 1ère classe » (dixit mon ami H.F. Thiéfaine).
Alors, satisfaits ? En ce qui me concerne oui à 75% par rapport au chant, mais cela n’engage que moi, la majorité du public ayant apprécié quant à lui à 100% !


FIVE FINGER DEATH PUNCH
19:40 - 20:40

Avec “Got Your Six” leur nouvel opus tout chaud, ou tout frais, c’est comme vous voulez, FIVE FINGER DEATH PUNCH tire son épingle du jeu dans la jungle métalcore Américaine.
Le groupe de chôme pas et enflamme les scènes du monde entier tout en prenant le temps d’enregistrer un nouvel album tous les deux ans.
Au programme, rage, mélodie et riffs de tueurs qui vous accrochent inévitablement. Puissance de feu incroyable, mais aussi accalmies saisissantes, émotion es-tu-là ?
Bref en live FFDP c’est l’énergie à l’état pur et même si côté guitare on change régulièrement (même double manche) ça assure méchamment. Le public est en nage et rend hommage à ceux de Los Angeles. Très bon set


CRADLE OF FILTH
20:30 - 21:30

Le petit Dany se présente sur la Temple avec une formation relativement récente mais rodée. Pour ceux qui supporte les montées dans les aigus du vocaliste, cette venue permet de découvrir son duo de guitaristes. Le contraste est de taille dans la prestation scénique des deux musiciens, d'un coté Richard Shaw ne cesse de s'agiter et d'headbanguer alors qu'à l'opposé Ashok pratique un style plus posé, plus axé vers un aspect mystique. Les black metalleux oscillent entre thèmes symphoniques, épaulés de Lindsay Schoolcraft aux claviers, et passages orientés death black. Ces variations conduisent Dani Filth à osciller entre chant ténébreux et cris stridents... Rien de bien déroutant pour les amateurs et connaisseurs de Cradle Of Filth.
Associé de lights envoutants et d'un décor horror satanic, les britanniques ont alimenté le brasier de la Temple pour la venue de Satyricon.


MASTODON
21:35 - 22:35

Bien que le groupe démarre sur les chapeaux de roues par son frontman bassiste, Troy Sanders.
Les musiciens misent sur une setlist trop récente aux détriments de morceaux issus de Crack
the Skye, notamment Oblivion et Ghost of Karelia. Il est parfois difficile d'appréhender les morceaux
les plus progressifs de Mastodon. Toutefois, la prestation scénique n'est pas économique et le public
semble prendre à son tour du plaisir. La fête aurait pu être plus belle avec la présence de standards
dont Thunder. Dommage.


SATYRICON
22:40 - 23:40

La Temple est remplie pour la prestation visiblement très attendue de Satyr et Frost accompagnés de leurs musiciens de live. Alors oui, SATYRICON impressionne et attire la foule de corbeaux black’ n’roll mais pas seulement, amateurs de melodic black aussi.
En effet ce groupe légendaire comme Darkthrone, Gorgoroth, Enslaved, Ulver et Mayhem ne cesse d’évoluer et de ruer dans les brancards du black orthodoxe et il faut suivre…
Après un « Now Diabolical » qui marquait un virage plus rock voici que le groupe sort un CD/DVD live enregistré avec chœurs et grand orchestre, pour un résultat positif et puissant.
Cela dit ce soir à Clisson les Norvégiens vont encore une fois nous coller au plafond avec un set époustouflant et charismatique qui va ravir les inconditionnels de la formation (dont je fais partie) mais aussi tous ceux qui vont découvrir ce groupe de black unique et moderne qui va de l’avant, et nous avec, incroyable !. Satyricon est assurément un groupe que je pourrais voir de nombreuses fois tant l’énergie déborde de cette formation. Le groupe nous a fait la surprise par une setlist si ancienne, faisant partie des rares personnes à beaucoup aimer le dernier album (seulement deux titres, dont Our World, It Rumbles Tonight). Ce n’était toutefois pas une déception et c’est toujours un bonheur immense d’entendre les trois tubes Mother North, Now, Diabolical et K.I.N.G. !


JUDAS PRIEST
23:10 - 00:40

Qu'il est loin, le temps où deux formations britanniques se portaient, en tout bien tout honneur, concurrence dans un courant musical nommé NWOBHM... Loin de moi, le mauvais esprit, le Priest is back mais la magie n'a pas fait son comeback. • Glenn Tipton et Richie Faulkner se complètent parfaitement dans le domaine du riff, se partagent les soli sans états d'âme. Scott Travis perché sur sa plateforme assure un train puissant et soutenu. Tout comme son partenaire rythmique, Ian Hill. Musicalement, la formation est en place, distille des standards bien huilés. Malgré tout les intentions, la prestation de Rob Halford souffre de dynamisme. Le chanteur se défend vocalement, bien que les aigus d'autrefois ne sont plus toujours là.
Bien que le contacte avec le public soit constant, la foule adhère peu. Pour ceux qui ont assisté au concert du Zénith parisien, n'ont certainement pas reconnu le Priest de ce soir.


MESHUGGAH
23:45 - 00:45

De la TEMPLE à l’Altar il n’y na qu’un pas que nous franchissons allégrement pour la grand messe du métal alambiqué, complexe, débordant de polyrythmie que l’on appelle maintenant « djent » avec les Suédois de MESHUGGAH créateurs du style, si style il y a !
Le MESHUGGAH qui n’attirait pas les foules en 1995 et rebutait le public métal notamment en tournée avec MACHINE HEAD, est aujourd’hui le maitre incontesté du chaos technique de fin du monde.
Le groupe repousse sans arrêt les frontières de sa musique, explore, explose et nous atomise avec un groove sous-jacent s’infiltrant au cœur d’une puissance dévastatrice et inhumaine.
Guitares à 7 et 8 cordes, batteur complètement épileptique, basse monstrueuse et frontman aux yeux révulsés vont nous tarauder la cervelle pendant une heure de set, et ce fut l’enfer, que du bonheur donc !


SLIPKNOT
00:45 - 02:00

Il fallait en vouloir pour se faufiler jusqu’aux barrières de la mainstage 02 où tout le monde brulait d’impatience pour la venue de SLIPKNOT.
On prend son mal en patience en écoutant les derniers titres de JUDAS PRIEST avec notamment « Living After Midnight » qui clôture leur prestation (bien molle il me semble, mais bon, légende il y a !)
Et l’intro de ceux de Des Moines, Iowa, parait longue avant que n’apparaisse une scène vraiment innovante avec des percussions montantes et tournant sur elles-même, génial ! Et ç’est parti avec dès le départ une foule remuante, bonjour les dégats !
Dire que le groupe était très attendu à Clisson serait un doux euphémisme. Le set est carré, puissant et dynamique. C’est la folie, les monstres masqués atomisent tout sur leur passage. Alors bien sûr nous auront droit à des titres du dernier album en date « 5. The Gray Chapter » avec « Sarcastrophe » et « The Devil in I » mais aussi à des morceaux plus anciens comme « Psychosocial », « Vermilion », « Duality », « Spit It Out » et « Eyeless ». Les musiciens produisent une prestation sans retenues, arpentant la scène de fonds en combles, sautant d'une plateforme à une autre. Pas de temps morts pour cette clôture de soirée.
Il est dommage que la sonorisation ait accentué les basses, ne permettant pas d'apprécier à leurs justes valeurs les riffs des deux six cordistes.

Inutile de vous dire que nous n’avons pas vu le temps passer, on en aurait bien reprit une bonne rasade de ce groupe hors norme créatif et métallique en diable, énorme tout simplement.



Reports : Pauline, Nathan, Phil, Roger
Photos : Nathan, Phil, Raphael, Roger