CHRONIQUES DE CONCERTS

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SUICIDE SILENCE
Avec : Hybryd Sheep01, Black Tongue02, Suicide Silence03
Date du concert : 20-07-2015
Lieu : CCO - Villeurbanne [ 69 ]
Affluence : 250
Contact organisateur : https://www.facebook.com/slhproductions
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 23 juillet 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Bienvenue dans les salles obscures et dans la fournaise. Même ma cave est mieux éclairée que le CCO c’est vous dire…
Donc pour faire des photos correctes ce n’est nerveusement pas ce qu’il y a de plus conseillé. Sinon, vous prenez deux Xanax avant le concert et que vos photos soient merdiques ou non vous vous en foutrez comme de vos premières chemises.
Ceci étant dit, il faut avouer que ce soir un public assez jeune s’est déplacé en masse pour cette grosse affiche et franchement ça fait plaisir à voir.
Sounds Like Hell Productions ne s’est pas trompé en programmant cette date en plein mois de juillet, croyez moi, il y avait assez de public pour faire monter la température d’un bon paquet de degrés dans un CCO déjà bien surchauffé.

En entrée ce seront les hauts savoyards d’Hybrid Sheep et leur deathcore plutôt viril qui vont chauffer les planches du CCO pendant un bon moment.
C’est un deathcore très appuyé et très technique auquel nous avons droit. Ce quintet très pro et très en place n’est pas venu ce soir pour étendre le linge et faire de la figuration.
Avec leur album «Free From the Clutches of Gods » sorti en 2014, nous en avons pris plein les dents. C’est la suite incisive et logique de leur premier album «Hymne à la Déchéance » sorti en 2012.
Voici donc des garçons qui ont déjà un bon bagage à leur actif avec un Ep et deux albums et sur scène, croyez moi cela se sent tout de suite.
Arnaud en bon frontman hyper actif donne son maximum pour réveiller un CCO un peu anesthésié par la chaleur qui a tendance à plomber grave même le plus énergique des mosh pit dancers.
Il n’est d’ailleurs pas le seul à mouiller le maillot sur scène. Alex et André aux guitares envoient riffs et lignes mélodiques à faire pâlir les gratteux les plus pêchus en la matière.
Jordan planqué derrière sa batterie reste quasi invisible à mon objectif, mais loin d’être absent à mes oreilles. Ca cogne dur et tout l’ensemble envoie du lourd.
Max à la basse reste pour moi l’une des énigmes de la soirée de part son niveau stupéfiant. Voyageant d’un bout à l’autre de la scène, cet impressionnant technicien de la basse me scotche littéralement par la précision et la finesse de son jeu. Les Hybrid Sheep font du deathcore et pourtant Max me donne l’impression d’être un bassiste de jazz fusion.
En tout cas, nous n’avons pas fini d’en entendre parler de ces Moutons Hybrides. Sur scène ils s’éclatent comme des malades et le contact avec le public est hyper chaleureux. Franchement, comme entrée en matière, on ne pouvait pas rêver mieux…

En plat de résistance arrive un groupe étonnamment massif et obscur qui nous vient tout droit de Hull dans l’East Yorkshire. Lorsque que des mecs débarquent comme ça sans prévenir de la patrie des Tigers, on se dit tout de suite que ça va chier et qu’il y aura des buts, mais en l’occurrence, c’est de musique qu’ils sont venus nous parler et bon sang quelle musique !!
Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas vu sur scène un combo véhiculer une musique aussi noire et pesante avec une pointe d’atmosphère bien malsaine. Attention, ne vous y fiez pas, moi j’adore ça !!
Quatre costauds sur scène, avec une gratte 7 sept cordes, une autre à 6, un batteur du style surpuissant et un chanteur en mode ogre avec une voix qu’il a du ramener en souvenir du fin fond des enfers.
Les disto californiennes de type Mesa sont à burnes et le gros son énorme est de rigueur. Les amplis rugissent à toute force et la voix d’Alex passe pourtant par-dessus tout cela. C’est vous dire si ça grogne dans les façades.
La chose étonnante, est qu’ils n’ont pas de bassiste, ce qui peut paraître étrange pour un groupe qui fait dans un doom aussi sépulcral. De toute façon, dans ce type de musique, les guitares sont tellement accordées dan les graves qu’elles font un raffut du tonnerre et qu’au fond on peut se dispenser de basse.
Comme il plairait à dire à notre ami Nicolas Hulot, nous sommes bien là dans l’extrêmement extrême et j’ai été agréablement surpris de ne pas voir le public s’enfuir à toute jambe car ce genre de groupe fait plutôt partie d’une scène confessionnelle qui n’attire bien souvent que des amateurs du genre.
C’est donc tout à fait intéressant car beaucoup de personnes sont restées à écouter ou alors à faire de la gym du genre « hardcore, muscle et karaté ».
Ce set à été d’une puissance et d’une noirceur absolument redoutables. Les anglais de Black Tongue ont un charisme bien réel et des compos qui sont de vraies tueries. Au moins, à la différence de tout ce qui se fait dans le doom metal le plus noir, les morceaux ne durent pas entre 20 et 30 minutes, ce qui fait qu’il y a un enchainement parfait et que l’on peut profiter d’une set liste assez conséquente.
Ces mecs sont géniaux et j’ai vraiment accroché sur leur set. Méfiez vous de la « Langue Noire » vous risquez de la retrouver prochainement tout près de chez vous et de vous laisser envouter à votre tour…

Toujours plus violent, toujours plus fort, le dessert arrive sous la forme d’un deathcore le plus extrême avec les californiens de Suicide Silence.
Eux non plus ne sont pas venus pour enfiler des perles et le set débute pied au plancher. A croire qu’il y avait de la colle forte sous la pédale d’accélérateur car à aucun moment ils ne vont relâcher la pression.
Avec 5 albums, 2 Ep et une compil. en 13 ans, on peut dire que les américains ont su tenir ce combo qui est passé par bien des péripéties et qui a traversé quelque gros déserts comme le décès accidentel de leur chanteur Mitch Lucker en 2012.
Mais pas de soucis, les Suicide Silence sont toujours là et leur public toujours présent. Leur set ultra énergique et bourré de testostérone va nous le prouver.
Suicide Silence a du répertoire et ils vont nous le faire sentir. Eddie Hermida, le frontman du groupe, est un chanteur tout à fait exceptionnel qui a su s’imbriquer dans le combo californien et apporter sa propre empreinte vocale sans jouer les copistes.
Les gars sont vraiment à fond si ce n’est pas pour dire « à blocs ». Chris Garza et Mark Heylmun se déchirent complètement sur les grattes. Tantôt ils construisent des nappes sonores épaisses comme un brouillard d’automne à Manchester, tantôt les grattes deviennent incisives et vindicatives telles des lames de rasoir sous la gorge.
Alex Lopez à la batterie et Dan Kenny à la basse forment un tandem de tueurs, du genre rythme cardiaque du groupe.
Eddie Hermida quant à lui assure le spectacle. Ce gars a vraiment la classe et possède un charisme énorme. On sent qu’il aime son public et ce dernier le lui rend bien. Il en a fait des kilomètres sur scène tout en faisant trembler les murs du CCO de son rugissement arraché à son âme et à ses trippes.
Nous avons tout eu. Du circle pit, un wall of death et pour finir dans la splendeur et le délire le plus total, Eddie invite tout le public que la scène peut contenir à monter afin de se faire un grand final.
A dire vrai ce concert de Suicide Silence restera un sacré souvenir, d’autant plus que je dominais la situation assis tranquillement dans un fauteuil au balcon en train de faire mes photos et ce que je voyais était tout juste énorme.

Je tiens à remercier ces trois groupes pour l’excellente soirée qu’ils nous ont fait passer et l’équipe de Sounds Like Hell Productions pour avoir convié Pavillon 666 à cet évènement.