CHRONIQUES DE CONCERTS

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NILE
Avec : Chabtan01, Bloodtruth02, Truth Corroded03, Suffocation04, Nile05
Date du concert : 12-09-2015
Lieu : CCO - Villeurbanne [ 69 ]
Affluence : 370
Contact organisateur : http://www.slhproductions.fr/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 22 septembre 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Sous des trombes d’eau j’arrive enfin sur les lieux du crime, ou si vous préférez, un bon vieux CCO plein à craquer qui en ce samedi soir nous réserve un bien beau plateau avec des allures de petit festival.
En effet, les filles de Sounds Like Hell Productions ont convié pas moins de cinq groupes pour tenir la scène villeurbannaise au chaud et le tout sous l’emblème du Brutal Death Metal.
Comme je suis arrivé un tantinet à la bourre, j’ai malheureusement raté les franciliens de Chabtan et leur death metal mélodique.
En ce qui concerne leur prestation, je vous en remets à l’avis de mon collègue Sylvain du webzine Horns Up qui lui, était là depuis le début. Par conséquent, vous aurez un avis plus éclairé sur leur prestation.
Je tiens tout de même à souligner que Chabtan vient de sortir un nouvel album : « The kiss of coatlicue », un album qui a tout de même été mixé et masterisé par Fredrik Nordström qui a quand même bossé pour In Flames, Arch Enemy ou autre Dimmu Borgir.

Ceci étant dit, j’ai comme d’habitude installé mes quartiers à l’étage et j’attends déjà le quatuor italien de Bloodtruth qui ne va pas tarder à entrer en piste.
Comme d’habitude, vive les salles obscures, du genre ambiance de garage mal éclairé où le fiston pour fêter ses 14 ans a descendu ses spots bololos pour égayer sa surprise party.
Bref, pour les photos, ce n’est pas le top, c’est même catastrophique.
Sur scène les italiens de Pérouse ont pris le CCO en main et ça ne se passe pas trop mal. Un style simple, sans fioritures au final assez efficace et qui sonne assez bien pour du brutal death technique. Ils n’ont qu’un premier véritable album à leur actif et s’il reste encore certains détails à roder, on peut considérer que c’est en bonne voie puisque les musiciens font preuve de qualités musicales et techniques indéniables.
L’appui basse batterie est particulièrement fiable et excellent. Le guitariste peut se balader comme il veut sur la crête de leur déferlante tandis que Luigi Valenti balance un growl cinglant et profond, plutôt convainquant pour du brutal death.
Somme toute, Bloodtruth nous sort au final un très bon set. Personnellement c’est une très bonne découverte à suivre dans les années à venir.

Décidément, l’Australie nous apporte un bon nombre de choses ces dernières années en matière de metal.
Les Truth Corroded vont être le groupe décalé de la soirée. Ils vont nous fracturer les tympans avec un thrash death metal à tout casser.
C’est un combo assez carré avec des lignes mélodiques pêchues et une très grosse touche personnelle. Bref, ils pratiquent un death metal qui sort des sentiers battus sur un tempo à décorner les bœufs, ce qui donne un death metal assez atypique.
On peut dire que ça envoie du steak, même parfois la boucherie complète, mais l’ensemble reste toutefois quelque peu brumeux quant à sa cohérence. Je veux dire par là qu’à certains moments, ça en jette un peu partout mais peut-être est-ce là une ruse du groupe pour détourner notre attention sur le fait que leur musique se démarque de celle des autres groupes présents ce soir.
Pour l’anecdote, je ne sais pas combien de tournées Suffocation à payé à Truth Corroded ce soir au CCO. C’était un va et vient permanent entre les morceaux où les membres de Suffocation grimpaient sur scène pour apporter des bières à leurs potes et trinquer avec eux.
Au final, ambiance festive, avec bonne musique et bière soutenue par un public nombreux et dense car il ne faisait pas bon se trouver dans le pit. Comme d’habitude, la seule chose qui manquait, c’était de la lumière…

C’est au tour des new yorkais de Suffocation d’enfourcher la scène du CCO avec en intro une espèce de zique techno rap que je n’ai pas trop comprise. C’était certainement une petite blague des américains durant leur tournée, mais perso, le gangsta rap techno, ce n’est pas trop mon truc.
Quoi qu’il en soit, ça ne démarre pas en douceur, de toute façon, nous ne nous attendions pas à autre chose.
Toutefois, j’ai été un peu déçu par le set de Suffocation car je les attendais plus énergiques avec un son moins lourd et moins bourrin avec un peu plus de diversité dans leurs morceaux.
Très franchement, je les ai vus faire bien mieux. Même si c’était un très bon set, ils ne se sont pas foulés.
Alors musicalement c’est sur, ils sont parfaitement en place. Les titres sont hyper carrés, c’est du gros brutal death bien technique, peut-être même trop par moment et le kick c’est simple, on entendait que ça.
Au bout de 25 ans d’existence, on ne peut pas dire qu’ils manquent de répertoire. Pourtant les titres choisis sur la set liste étaient trop répétitifs et on ne variait pas de fréquence à un seul moment, c’était souvent le même schéma musical.
Bien entendu, les Suffocation sont vraiment des pros et savent occuper une scène et n’ont plus grand-chose à apprendre en matière de brutal death. C’est donc toujours un plaisir d’assister à un de leur set lorsqu’ils se déplacent en France.

La gifle du soir arrive avec Nile et l’énorme set d’1h30 qu’ils vont produire ce soir.
C’est une véritable intro guerrière très acoustique au timbre pagan et folk qui les porte jusqu’à la scène où nous allons en prendre plein les ratiches.
Pour vraiment apprécier toute l’œuvre de Nile, il ne faut pas chercher à comprendre et simplement se laisser envouter, totalement embarquer dans leur univers surdimensionné où le temps n’a plus aucune emprise.
Ce n’est pas évident de porter un nom de légende tel que « Nile », le fleuve mythique le plus long du monde avec l’Amazon. Et pourtant, les américains font plus que nous vendre de la musique, ils nous vendent du rêve avec des sonorités et des saveurs orientales.
Une musique violente ? Certes !! Mais en même temps ô combien harmonieuse et dépaysante.
Nile sur scène est totalement captivant. Les titres sont rapides, appuyés avec un jeu carré, solide et précis.
Le son est vraiment fouillé. Le groupe cherche à tel point la perfection qu’à la fin de chaque morceaux le régisseur son semble couper les amplis comme cela se fait déjà couramment pour certains groupes.
Cela permet de laisser une note propre, nette et précise sur laquelle tout s’arrête et non pas comme certains dont on dirait qu’ils continuent de jouer alors qu’ils ont posé les instruments.
Le quatuor sudiste ne lâche rien tout au long du set et affiche une présence et une personnalité hors du commun sur la scène du CCO. Karl Sanders et Dallas Toler Wade aux guitares et au chant foutent résolument le feu dans le public qui à la limite de la transe se déchaîne dans le pit.
C’est un véritable show tout en finesse et en puissance auquel j’ai assisté ce soir. C’était un voyage à travers des mythologies obscures et des contrées lointaines au parfum d’orient, juste du rêve quoi…

Un immense merci à Sounds Like Hell Productions pour avoir organisé cette superbe soirée et d’y avoir convié Pavillon 666.
Merci à tous ces groupes qui se sont déplacés parfois de très loin pour nous faire partager leur musique et leur univers.