CHRONIQUES DE CONCERTS

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FALL OF SUMMER JOUR 1
Avec : ENDSTILLE, GAMA BOMB, GRAVE, DESTROYER 666, ANGEL WITCH, ASPHYX, DESTRUCTION, MAYHEM, SABBAT
Date du concert : 04-09-2015
Lieu : Île de loisirs de Vaires-Torcy - Torcy [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://fallofsummer.fr/
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 26 septembre 2015 - Chroniqueur : Vyzhas - Photographe : Vyzhas


L'été touche à sa fin et la saison des festival métalliques se clôture également pour une reprise toujours plus forte avec toujours plus de décibels l'année suivante. L'occasion de clore cette cuvée 2015 en beauté avec le bien nommé Fall of Summer. Ouvrant ses portes pour la deuxième édition, l'événement avait placé la barre très haut en 2014 avec une affiche alléchante réunissant des artistes de renom tels que Watain, Sodom, Enslaved, Pentagram, Venom ou encore Carcass. Le challenge était donc de faire encore mieux cette année. Les métalleux de tout horizon avaient donc rendez-vous les 4 et 5 septembre toujours au même endroit de l'immense Base de loisirs verdoyante de Torcy en région parisienne, pour un line-up tout aussi renversant que son aîné.

ENDSTILLE

Après l'ouverture du stoner/doom des locaux de Barabbas, suivis du death/grindcore des ch'tis de Putrid Offal puis du thrash incisif des allemands d'Accuser, c'est au tour d'Endstille de démarrer les hostilités. Les teutons prennent d'assaut la Sanctuary avec leur black guerrier. Formé en 2000, les « cousins germaniques de Marduk » délivrent leurs riffs acérés face à une assistance plutôt timide mais globalement réceptive. Défendant leur dernier méfait en date « Kapitulation 2013 », le combo, amputé d'un guitariste, reste assez statique. Seul le frontman Zingultus, présent depuis 2009 dans la machine de guerre, arpente la scène tel un lion en cage. Complètement déchaîné, le vocaliste est très en voix et harangue la foule de sa voix écorchée, gratifiant l'auditoire entre deux morceaux, de quelques mots de français.Malheureusement la malédiction de la précédente édition s’abat sur le panzer musical avec un son brouillon et des basses assommantes plombant cette prestation.

GAMA BOMB

Faisant partie de la mouvance revival thrash aux côtés de Municipal Waste ou encore Havok, Gama Bomb investit la bien nommée Blackwaters Stage, située aux bords du lac de la base de loisirs. La musique des irlandais est à l'image de leur thématiques humoristiques : bas du front. On passera outre le pantalon bariolé du chanteur Philly Byrne, mais la performance à l'énergie communicative des thrashers leur vaut une salve de pogos et de slams. Mais comme de nombreux groupes de la nouvelle vague thrash, tous les morceaux du quintet se suivent et se ressemblent, l'ennui gagne vite votre serviteur. Ajoutons à cela des guitares approximatives et des basses à nouveau bien trop présentes. Un show qui ne marquera pas vraiment les esprits...

Setlist :

Zombie Blood Nightmare 
Slam Anthem 
Three Witches 
Smoke the Blow With Willem Dafoe
Backwards Bible 
Hammer Slammer / Drop It Like It's Hot
OCP 
Thrashoholic 
Last Ninjas Unite 
In the Court of General Zod
Mussolini Mosh
Escape from Scarecrow Mountain 
Hell Trucker 
We Respect You 
Terrorscope 
Bullet Belt 

GRAVE 

Attention légendes du death old-school à la sauce suédoise en vue ! Grave débarque sur la Sanctuary en toute simplicité. Après 26 ans de carrière au compteur, les scandinaves ne se sont pas assagis et c'est tant mieux ! Le groupe est venu fouler le Fall of Summer afin de montrer de quel bois il se chauffe. Quel bonheur de constater que le son s'est nettement amélioré et rend hommage aux riffs grassement pachydermiques des quatre gaillards, visiblement heureux d'être là. Après un léger problème technique, Grave propose une setlist équilibrée alternant titres mid-tempi rampants et brûlots nerveux, piochés dans l'ensemble de leur dix albums, dont le dernier « Endless Procession of souls » remonte à 2012 . Malgré un sentiment de linéarité se développant en fin de set, Grave délivre un show honnête et sans bavure pour cette première journée !

DESTRÖYER 666

On enchaîne sans temps morts avec les loups australo-néérlandais de Deströyer 666. Ambiance clous, cuirs et cartouchières sur la Blackwaters ! Autant dire que le quartet est attendu de pied ferme. Le public accueille comme il se doit KK Warslut et ses acolytes, prêts à en découdre avec leur Black/thrash incisif et sans concessions que le charismatique leader distille depuis plus de 20 ans . C'est une palanquée d'hymnes qui nous est envoyée à la figure avec le véloce « Black City, Black Fire », l'immense pièce épique « I am the Wargod » sur laquelle s’époumone la foule tel un seul homme, ou encore le « Bathory-esque », « Satanic Speed Metal » et son refrain repris en cœur par une assemblée en furie. Si la basse un peu trop en avant gâche quelque peu le plaisir sur certains morceaux, la voix toujours aussi délicieusement hargneuse de Warslut et la précision chirurgicale de ses sbires, compensent largement. Une excellente performance qui aurait mérité d'un son bien plus à la hauteur de la musique survitaminée de Deströyer 666.

ANGEL WITCH

La Sanctuary accueille des dinosaures du Heavy Metal, ou plutôt de la Nouvelle vague du Heavy Metal britannique. Formé en 1978, Angel Witch revient en France pour remettre les pendules à l'heure. Si leur album éponyme cultissime ainsi que la suite de leur discographie dans les années 80 n'a pas eu le succès escompté d'un Iron Maiden, leur retour 26 ans après leur dernier opus studio avec « As Above, So Below » en 2012 témoigne de la vitalité du combo qui, après toutes ses années de silence, n'a pas baissé les bras. Le Fall of Summer aura donc le droit à une setlist « best of » faisant tout de même une petite place de choix au petit dernier. Si la bande emmenée par l'indéboulonnable chanteur/guitariste Kevin Heybourne ne déchaînent pas non plus les passions, le public est plutôt enthousiaste face à cette prestation un brin nostalgique, qui bénéficie en sus d'un son à la hauteur de leur Heavy Metal racé.

Setlist :

Gorgon
Confused 
Dead Sea Scrolls 
White Witch
Atlantis 
Sorcerers 
Devil's Tower 
Dr. Phibes 
Angel of Death 
Baphomet 
Angel Witch 
Après avoir fait l'impasse, le temps d'un court répit, sur les légendes du doom funèbre et planant, Candlemass, c'est sur le mythique « Solitude » raisonnant à quelques mètres que se prépare le prochain bulldozer prêt à déferler sur la Sanctuary.

ASPHYX
Arborant l'imposant drapeau avec le logo blanc, les hollandais d'Asphyx sont attendus tel le messie par une foule extrêmement dense massée devant la scène. Les problèmes de basse ne semblent être qu'un lointain souvenir, car le quartet formé en 1987 bénéficie d'un son bien graisseux pour leur death lourd et poisseux aux accents doom rampants. C'est tout sourire que l'indestructible vocaliste Martin Van Drunen et sa bande débarquent pour faire parler la poudre. Très communicatif avec le public, n'hésitant pas à s'adresser à lui avec quelques mots dans la langue de Molière, le hurleur se déchire les cordes vocales de son timbre écorché et rauque reconnaissable entre mille. Les fans sont aux anges avec une setlist qui allie habilement morceaux récents (« Scorbutics » et « Death The Brutal Way » de l'album de 2009 sont d'une efficacité redoutable) auprès des habituels classiques (« The Rack » et « Last One on Earth » entre autres). Après 50 minutes d'un show intense, on peut dire qu'Asphyx est venu, a vu et a clairement vaincu. Un véritable coup de cœur pour le death à l'ancienne des bataves, dont la réputation en live n'est plus à faire.

DESTRUCTION

Après le tourbillon Asphyx, c'est au tour de Destruction d'en finir avec nos cervicales déjà bien endolories. L'année dernière Sodom, cette fois-ci, c'est une autre légende du thrash germanique qui vient fouler les planches de la Blackwaters Stage. Après une intro sur fond de guitares acoustiques, les « Mad Butchers » rentrent sur scène dans un écran de fumée et de jeux de lumières sombres, qui rendent difficile le shooting de la prestation. Bénéficiant d'un son précis et incisif, le combo fait la part belle à leurs trois premières réalisations des années 80 (l'EP « Sentence of Death » (1984), « Infernal Overkill » (1985) et « Eternal Devastation » (1986)). Le tandem de 1982, Schmier et Mike offre ici une setlist old-school, occultant leurs derniers disques (exceptions faites pour le brutal « The Antichrist » (2001) avec les titres désormais cultes « Thrash Till Death » et « Nailed To The Cross », et un morceau de « All Hell Breaks Loose » (2000) et « Day of Reckoning » sorti en 2011). Les classiques s'enfilent comme des perles enflammant les thrashers de tout poil présents ce soir. L'imposant vocaliste et bassiste, Schmier n'a rien perdu de sa voix criarde et pousse toujours aussi haut ses cris sur-aigus. Une leçon de Thrash dans les règles de l'art tout simplement !

Setlist :

Curse the Gods
Thrash Till Death 
Nailed to the Cross
Mad Butcher 
Armageddonizer 
Eternal Ban 
Life Without Sense 
Death Trap 
Bestial Invasion 
Total Desaster
The Butcher Strikes Back 

MAYHEM

Changement d'ambiance sur la Sanctuary qui voit arriver un décor scénique macabre avec des tridents enflammés entourés de barbelés et des têtes de cochons empalées aux sommets. Pas de doute nous allons avoir affaire à un groupe de Black Metal. Mais pas n'importe lequel puisque c'est les sulfureux norvégiens de Mayhem qui investissent la scène sur l'intro électronique de leur démo culte de 1987 « Deathcrush » puis le morceau éponyme en guise d'ouverture plonge l'auditoire dans une atmosphère glauque à souhait. Bénéficiant d'un son limpide permettant de distinguer tous les instruments, la prestation se révèle chaotique (dans le bon sens du terme). Si les deux guitaristes l'encapuchonné Teloch et Charles Hedger restent en retrait, les trois autres ne s'économisent pas sur scène. Si la brute Hellhammer fait toujours preuve d'une dextérité hors du commun derrière les fûts et le bassiste Necrobutcher (seul membre d'origine depuis la genèse du groupe en 1984) déambule sur scène tel un pantin désarticulé, c'est bien évidemment le charismatique et torturé vocaliste Attila qui attire toute l'attention. Corpse-paint sanguinolent de rigueur, veste militaire et crucifix, sa voix rauque d'outre-tombe, mixant cris de gargouille et chants litaniques, fait froid dans le dos. Le public écoute religieusement, il est comme en transe, envouté par le maître de cérémonie Attila. Vêtu d'une chape, manipulant des lames étranges, un crâne et une corde de pendu, ce dernier use et abuse d'une théâtralité morbide qui sied à merveille avec l'univers de Mayhem. Défendant « Esoteric Warfare » sorti fin 2014, toutes les périodes du combo ont néanmoins droit de cité dans la setlist (« My Death », « Pure Fucking Armageddon », etc.). Toutes les mains levées en l'air s'accompagnent d'un headbang général quand vient l'heure du mythique « Freezing Moon », clôturant une performance des plus glaciales !

SABBAT

Revenons à quelque chose de plus fun pour finir joyeusement la soirée avec les gai-lurons de Sabbat. C'est la toute première venue en France pour les « Venom » japonais. Le groupe n'est pas un novice puisqu’il existe depuis 1984. Le combo délivre une musique thrashisante marquée par la voix haut-perchée de son leader, vocaliste et bassiste Gezol ne portant sur lui qu'un string clouté ! Les asiatiques ne se prennent pas au sérieux et jouent des clichés cuirs, cartouchières et clous du heavy et thrash des années 80. Mais outre la bonne humeur bien palpable dans ce show, il faut malheureusement admettre que leur musique assez simpliste ne marque pas vraiment les esprits. Comme diraient les Inconnus, c'était « nippon ni mauvais »...

Un bilan plutôt positif pour cette première journée du Fall of Summer. Les problèmes techniques de l'année dernière se sont complètement estompés. C'est parti pour une bonne nuit de sommeil réparateur avant de redémarrer sur les chapeaux de roues pour la seconde étape du festival le samedi !