CHRONIQUES DE CONCERTS

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THE PRESTIGE
Avec : WHEN ICARUS FALLS01, VESPERINE02,THE PRESTIGE03,
Date du concert : 29-10-2015
Lieu : Warmaudio - Décines [ 69 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.vesperine.fr/
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 04 novembre 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


C’est avec un petit moral que j’arnache mon matos photo direction nos amis du Warmaudio à Décines. Petit moral tout d’abord pour des raisons perso, mais aussi par ce que j’ai pu observer cette semaine avec dégout sur le net où une de nos chroniqueuses s’est faite gratuitement descendre en flammes par des individus mesquins et sans scrupules alors qu’elle fait un boulot du tonnerre.

Je rappelle tout de même que nous autres, peuple de Pavillon 666, sommes des bénévoles passionnés qui donnons beaucoup de notre temps afin d’aider au mieux à ce que la musique et les groupes qui la font continuent d’exister sur nos scènes à travers vous qui suivez fidèlement nos chroniques et nos live reports.

Toutefois, j’ignorai complètement que l’antidote à cette neurasthénie qui me collait aux basques allait me tomber dessus comme la foudre en franchissant les portes de notre bien aimé Warmaudio.

L’affiche qui tue !!! C’était sans conteste ZE place to be en ce vendredi soir du 30 octobre 2015.
Quand on ne connait pas trop ce que l’on va voir, on y va un peu sur la pointe des pieds, mais la je vous avoue que franchement ça m’a décollé de terre.

Tout d’abord un accueil fort sympathique de Jérémy pour commencer la soirée. Oui, Jérémy est le bassiste de Vesperine qui organise ce concert et rapidement le ton est donné et je sens déjà la bonne soirée qui pointe le bout de son nez.

C’est donc dans un pur style helvète underground que When Icarus Falls ouvre cette soirée extrêmement extrême avec un metal hurlant du genre coup de pied au cul dont je vais avoir du mal à me remettre.

Avec déjà 3 beaux albums au compteur, ça ne rigole pas chez les suisses qui vont nous sortir le grand jeu. L’atmosphère est sombre, pesante, le chant est déchirant. When Icarus Falls extrait sa musique des entrailles de l’obscurité.
Vous voudriez étiqueter cet épais et obscur tissu sonore ? Mais c’est impossible !! C’est Sludge, c’est Doom, c’est Drone, c’est Dark, c’est tout à la fois et c’est génial.

Le set se déroule comme une sorte de rite, de messe lugubre où les instruments montent en puissance à chaque nouveau titre. Leur musique vous emporte comme une tempête qui soufflerait en rafale et dont les pointes les plus violentes sont perchées dans le hurlement de Diego Mediano.
Le quintet suisse semble se couper totalement du reste du monte dans cette nuit bleutée crée par les lights du Warmaudio où chaque musicien va se transcender, se déchirer jusqu’à devenir quelque chose d’autre que lui-même. Certes ce ne sont pas les métamorphoses du vampire de Baudelaire, mais on reste tout de même au bord du gouffre.
La magie opère et ça joue vraiment bien, c’est du très gros niveau pour commencer une soirée et croyez moi, je ne suis pas au bout de mes surprises.

Vesperine qui est un peu le petit poucet de cette date qu’ils ont organisé a eu l’intelligence de se caler entre les deux gros calibres que sont When Icarus Falls et The prestige.
Les lyonnais n’arrivent toutefois pas les mains vides puisqu’ils sont déjà armé d’un bon Ep à la production soignée qu’ils ont récemment réalisé.

Bien que leur musique soit également très borderline, c’est encore à une nouvelle patte sonore que nous avons à faire.
Un rien plus fébrile que les deux autres groupes car Vesperine manque encore un peu d’expérience pour culminer à leurs niveaux, le combo lyonnais ne se démonte pas pour autant et va largement prouver qu’il a sa place sur cette scène ce soir.

Le quintet lyonnais est parfaitement en place et va se montrer hyper carré durant ce set. Le son des guitares est lourd comme de la fonte, la basse de Jérémy est un vrai marteau pilon. La voix très contrastée de Rémi vient se poser sur l’ensemble de la machine dans une ambiance plutôt sidérurgie que musique de chambre.

Vesperine a tout de même opté pour une option assez difficile dans sa construction sonore. Il s’agit du contraste entre le chant clair et le chant hurlé de Rémi un effet pas encore complètement persuasif chez Vesperine car c’est assez difficile à maîtriser et surtout à nuancer pour que cela colle parfaitement à l’ambiance sonore du groupe qui est assez sombre, un peu dans la veine de When Icarus Falls.
Somme toute, malgré un set un peu court à mon goût, Vesperine a montré les dents et l’on sait déjà qu’ils en ont sous le pied et que nous n’en avons pas fini avec eux. Je pense que nous nous reverrons bientôt en tout cas je le souhaite.

Si les deux premiers groupes ont déjà bien chauffé les planches du Warmaudio, The Prestige va littéralement y foutre le feu avec un set explosif et sans concession.
Je me doutais bien qu’ils n’étaient pas venus pour étendre le linge, mais là, ça a dépassé l’entendement et j’ai encore la sensation d’être passé sous un rouleau compresseur.

Silencieux, réservés, les parisiens investissent la scène du Warm et c’est soudain un déluge sonore qui s’abat sur nous telle une tornade qui ce soir va tout emporter.
Une sorte de hardcore hors du commun, un déluge de feu sans nom tant tout cela me semble extrême
Tous les sentiments semblent traverser The Prestige et ça nous brûle de l’intérieur.
Alex à la guitare et au chant hurle une réalité et une souffrance qui vous crucifie sur place. Sa gratte (une faite maison), semble asséner de véritables coups de hache. Dans la même énergie, Julien à la basse lui envoie la réplique avec la même transe.

Pendant un instant, j’ai l’impression que The Prestige porte à lui seul les souffrances du monde entier. Mais les quatre garçons, plus dans la tempête que dans le vent, nous ouvrent simplement une brèche dans la poésie très instinctive qu’ils se plaisent à écrire.
Leur univers très habité est totalement démesuré, il y a vraiment quelque chose derrière. Il y a bien longtemps qu’un groupe ne m’avait pas ouvert un tel horizon devant les yeux.
Certes leur musique est « violente », mais ils renvoient simplement ce que le monde nous "offre" tel un miroir.
The Prestige est un groupe totalement unique qui n’a pas hésité une seconde à nous hacher menu. Je ne me suis toujours pas remis de ce concert.

Si vous voulez quelque chose de vrai, quelque chose qui vous pousse jusqu’à la transe, allez voir The Prestige, je vous promets que vous n’en sortirez pas intact, au sens figuré bien entendu…
De plus, j’ai eu le privilège de passer un bon moment après le concert avec Alex, le chanteur de The Prestige et je peux vous dire une chose, c’est que bien des personnes dans le petit univers de la musique ont encore à repenser ce que signifient les mots gentillesse et humilité.
J’ai vraiment passé un moment mémorable. Je n’ai qu’un mot à dire : Merci !!!

Un grand merci à toute l’équipe de Vesperine qui a convié Pavillon 666 à cette soirée. Je les remercie également pour leur accueil chaleureux.
Merci également à nos amis Adrien et Mika du Warmaudio, chez qui c’est toujours un plaisir de venir.

Je tiens tout spécialement à dédier cette chronique à mon amie Pauline Siebert, chroniqueuse chez Pavillon 666.