CHRONIQUES DE CONCERTS

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HALLOWEEN BLOODY NIGHT
Avec : BANANE METALIK, PIPES AND PINTS, VIOLENT AFFAIR, CALL THE COPS
Date du concert : 30-10-2015
Lieu : LE DIVAN DU MONDE - PARIS [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.accessliveproduction.net/
Interview :
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Date de la chronique : 06 novembre 2015 - Chroniqueur : RDpix - Photographe : RDpix / Rémi DEROCHE


La production Access Live organisait ce vendredi 30 octobre 2015 la seconde édition de la Halloween Bloody Night. Mais ce n’est pas tellement sous le signe des monstres et cadavres que sous le signe du punk et du rock n’ roll que la soirée s’est déroulée. Des monstres, il y en avait tout de même. En tête d’affiche étaient annoncés les affreux mais non moins efficaces gore n’ rollers BANANE METALIK, suivi d’un peu de punk celtique avec les Tchèques de PIPES AND PINTS. Venaient ensuite les américains de VIOLENT AFFAIR et les italiens de CALL THE COPS. Finalement, l’ordre de passage n’était pas exactement celui annoncé au départ. Néanmoins, tout le monde en a eu pour son compte, ou presque…

C’est un jeune quintet italien qui a ouvert le bal. CALL THE COPS est venu sans aucune prétention présenter son punk simple, brut de décoffrage, avec son esprit festif et sa bonne humeur de rigueur. Les compositions ne sont pas complexes mais ont très bien fait le travail. Le public, timide au départ, a tout de même finii par sauter et hurler à tue-tête pour les encourager.
Les morceaux pas tous inspirés mais bien rythmés étaient rattrapés largement par la présence scénique de ses musiciens et chanteurs. J’écris chanteurs au pluriel car en plus des cœurs assurés par les musiciens, le chanteur et un des guitaristes échangeaient leurs rôles pour certaines chansons.
L’esprit rebelle et la cohésion entre les musiciens se ressentaient à chaque morceau et le groupe semblait vraiment prendre du plaisir à jouer face au public parisien. Une bonne entame pour cette soirée.

L’équipe technique a rapidement fait son travail pour mettre en place la scène pour le groupe suivant. Et ce n’est pas VIOLENT AFFAIR qui est monté sur scène mais ce sont les tchèques de PIPES AND PINTS qui ont investi les lieux. Le quintet joue un punk plutôt inspiré et très festif. Le trio habituel guitare-basse-batterie est déjà très performants à lui seul. Mais quand il est agrémenté d’un musicien supplémentaire qui souffle dans le cul d’un mouton mort pour faire de la musique, ça se marie plutôt bien, c’est punk, et le résultat est au rendez-vous. Ajoutez à cela un chanteur tatoué jusqu’aux yeux et dynamique comme personne, et vous obtenez un groupe de punk celtico-tchèque avec une patate d’enfer et une efficacité indéniable.
Ils ont ouvert le set avec “The Gael “, une mélodie traditionnelle Ecossaise reprise notamment pour la BO du Dernier des Mohicans. Le son de la cornemuse résonnait dans la salle et était amplifiée par le rythme de la batterie. L’ambiance était là, l’intro a fait son effet. Le calme avant la tempête. Aussitôt le morceau d’ouverture terminé, les premiers riffs se sont fait entendre et le rythme s’est fait beaucoup plus rapide. Les pogos ont commencé et le tempo était donné pour le reste du set.
Le groupe débordait d’énergie et morceau après morceau, le public s’en nourrissait pour tout donner jusqu'à la dernière note. Les titres comme “City By the Sea”,” Never Let You Down” et “Different Way” ont permis au groupe de montrer ce qu’ils savaient faire de mieux : des enchaînements de riffs enjoués, des solos de cornemuse et de guitare bien construits, un show sans temps mort. Sur le morceau “Braveheart” le cornemuseur est descendu, son mouton mort gonflé sous le coude, au milieu de la foule pour jouer de son instrument tandis que le public tournait autour de lui. Il a fini par remonter sur scène pour laisser le leader demander à la foule un wall of death de rigueur. Celle-ci s’est exécutée sans rechigner.
Le set s’est terminé bien trop vite à mon goût. J’en aurai redemandé volontiers quelques morceaux de plus. Mais deux groupes restaient encore à venir.

Le rideau est tombé, me laissant deviner que le prochain groupe à se mettre en place serait BANANE METALIK et son décor de rigueur pour cette soirée d’Halloween. Puis la lumière s’est éteinte, le rideau s’est levé et les musiciens ont fait leur entrée.
Costumes style année 20, chapeau et instruments à la main, la troupe de zombies a débuté sa prestation dans la pénombre pour se laisser dévoiler petit à petit à mesure que le set progressait. Les deux guitaristes assuraient sans pour autant en faire trop dans leur jeu scénique. C’est surtout le vocaliste et le contrebassiste qui assuraient le show en occupant toute la scène.
Leur rock n’ roll était lourd et ravageur. Musicalement, c’était fichtrement efficace. L’atmosphère créée par les décors et le back drop représentant des zombies mafieux et peu recommandables faisait son petit effet également. Le groupe défendait ici son dernier album sorti cette année, The Gorefather. Mais les anciens titres de leur discographie n’étaient pas en reste.
Le groupe était très actif sur scène mais le public était acteur lui aussi. Outre le fait que le chanteur tendait régulièrement son micro dans la foule pour laisser les connaisseurs chanter à sa place, ils invitaient également la foule monter sur scène pour danser et chanter avec eux dans un pur esprit sex, gore and rock n’ roll.
L’ambiance de folie a battu son plein tout le long de leur prestation, sans aucun répit. Les musiciens comme le public n’ont pu reprendre leur souffle que quand le groupe a quitté la scène sous les applaudissements et remerciements de la salle. Un show un peu trop court à mon gout. Mais nécessaire pour laisser le temps au dernier groupe de jouer.

Ma perspicacité légendaire m’a donc permis de prédire que ce serait VIOLENT AFFAIR qui jouerait pour clore cette soirée. Et devinez quoi… Je ne me suis pas trompé.

C’est donc un sosie maigrichon de Michaël Cumming (Powerman 5000) qui, armé de son micro, a pris d’assaut le Divan du Monde… ou qui a tenté du moins. Pas facile de capter l’audience quand la moitié du public est parti du devant de la scène pour aller discuter avec les membres des groupes précédents. Encore moins facile quand les musiciens qui l’accompagnent ont une dégaine quelconque et des couleurs de cheveux franchement pas réglementaires, n’aidant pas à être pris au sérieux.
Ca c’était pour l’aspect visuel. Pour ce qui est de la présence scénique, le groupe était plutôt dynamique. C’est le blondinet au micro qui faisait tout de même la majorité du travail à lui tout seul. Il faut dire qu’il était monté sur ressorts le bonhomme. Il sautait partout, criait, donnait son micro aux quelques fans dispersés dans le public et faisait des gestes obscènes pour faire encore plus punk.
Mais malgré cet effort, j’ai franchement eu du mal à accrocher. Et à regarder la foule, je n’étais pas le seul. Les américains avaient peine à convaincre l’audience. Pour un second groupe de soirée, ça aurait pu le faire. Mais passer en dernier après ce qu’on a pu voir et entendre juste avant, ce n’était pas le meilleur choix stratégique. Le public était plus occupé à commander de la bière au bar, demander des autographes, acheter des t-shirts ou encore dormir tranquillement sur la terrasse en écoutant les berceuses made in Oklahoma.
Les compos du groupe n’étaient pas nulles pourtant. Il y avait du riff nerveux et du texte engagé mais la sauce ne prenait pas. Il y a des fois comme ça… Le groupe est jeune et a encore du chemin à faire. On verra donc la prochaine fois pour l’ambiance de folie.

Une centaine de personnes avaient fait le déplacement. C’est dommage. PIPES AND PINTS et BANANE METALIK en auraient mérité le triple à eux seuls. Le peu de punks et amateurs de rock n’ roll ont quand même su mettre le boxon dans la salle. Le son était bon mais les techniciens se sont montrés un peu avares en lumières. Ambiance Halloweenesque oblige. C’est des zombies mafieux plein la tête et le son de la cornemuse encore résonant dans mon crane que j’ai quitté les lieux en espérant tout de même revoir au plus vite ces deux groupes qui valaient largement le déplacement.

A bientôt pour de nouvelles chroniques. Till then, stay punk n’ roll.