CHRONIQUES DE CONCERTS

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IZIA
Avec : Pethrol01, Izia02
Date du concert : 04-12-2015
Lieu : Le Radiant - Caluire [ 69 ]
Affluence : 1800
Contact organisateur : http://mediatone-lyon.net/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 07 décembre 2015 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


J’ai encore failli ne jamais arriver au Radiant, mais ça c’est une autre histoire. Comme dirait Rémi Gaillard : C’est en faisant n’importe quoi, que l’on devient n’importe qui… Ce qui est largement mon cas. Tant et si bien que j’arrive bien entendu à la bourre dans un Radiant over bondé, pas de crash barrière, donc pas de pit photo, d’où improvisation et les emmerdements commencent.

Du coup, je me retrouve tout en haut des gradins espérant sortir quelques photos correctes, mais je réalise que je suis en plein délire car j’ai largement surestimé les capacités de mes téléobjectifs, d’où les trois photos merdiques de Pethrol, première partie d’Izia.
Il vaut mieux que je tente de vous parler de nos lyonnais de Pethrol, c’est quand même plus intéressant.

Affutés à l’électro pop bien planant, pethrol est un duo qui ne fonctionne non pas au brut, mais avec les talentueux Héloïse et Cédric qui avec leurs trois Ep dans leur musette, ont vu leur côte de popularité grimper à vitesse grand V en quelques années.
Musique et sons préprogrammés, samplers sont le tissu sonore du duo. Héloïse vient poser sa voix légèrement vaporeuse dessus tout cela pendant que Cédric à la batterie balance le tempo.

Le résultat est hypnotique et ça ne rate pas, on se laisse complètement embarquer dans leur trip. Les light sont à la limite de l’obscurité, tandis que Pethrol nous balance du rêve plein les mirettes et tous les sens entrent en éveil.
On laisse envouter par cette musique de l’instant, par la grâce d’Héloïse quand elle bouge, avec des mouvements simples et pourtant tentaculaires tant et si bien qu’à elle seule, elle s’accapare toute la scène.
Leur musique est une sorte de magie, quelque chose d’impalpable et lorsqu’ils s’en vont on voudrait juste que ça continue, comme ci cela guérissait des blessures.

Changement de plateau, j’en profite pour redescendre à la vitesse de l’éclair, ce qui équivaut chez moi à trois marches par minutes et je réussi tout de même à monnayer un petit coin de paradis dans cette fosse digne de l’enfer. Pensez donc !! 1800 personnes là dedans, on est entassé comme des harengs.
De là où je suis, on ne peut pas vraiment dire que c’est le pied, mais avec du bol, je pourrai faire mes photos tranquille pendant les trois premiers morceaux.

Le temps passe et la p’tite Izia se fait attendre, à croire qu’elle a du se perdre en route, puisque j’aime mieux vous dire que durant son set, on en aura des anecdotes sur Caluire et Cuire. Visiblement, le nom de cette banlieue lyonnaise lui a bien plu et lui aura fait du profit.
Puis, l’obscurité tombe enfin sur la salle du Radiant et en fond de scène les néons multicolores scintillent à l’image de la pochette de son dernier opus, avec Izia écrit à l’endroit, comme à l’envers. Un très joli fond de scène insolite qui change des bâches habituelles de je ne sais combien de m².

Les premiers arrivés sur scène seront les premiers servis car ce sont les musiciens et hop c’est parti, le set démarre sans la belle.
Mais du fond de la scène la voilà qui arrive en sautillant, toujours montée sur ressorts. Avec sa pêche légendaire et son grand sourire aux lèvres, Izia démarre son show pied au plancher.
A 25 ans, Izia est devenue une vraie bête de scène et rien qu’avec trois albums en poche, elle cumule un nombre de dates absolument incroyable.
Pour avoir déjà vu la jeune femme plusieurs fois en live, on sent que c’est vraiment toujours la même fougue qui l’anime et toujours le même amour qu’elle porte à sa musique, à ses musiciens et à son public.
Izia va même demander aux spectateurs de ranger leurs portables car elle n’a pas envie de s’adresser à des écrans, mais à des humains. « Profitez !! » dit-elle, au lieu de passer votre temps à regarder un écran. Franchement, qui pourrait lui donner tort ? Izia est une jeune femme résolument humaine qui désire de véritables échanges entre elle et son public.

Son dernier album « La vague », va bien entendu être à l’honneur ce soir, mais pas uniquement. Izia dans sa set liste n’hésite pas à repiquer dans ces deux premiers albums des titres qui sont de véritables bombes.
Ainsi, elle emmène tout le public avec elle le faisant chanter, le prenant à témoin entre deux titres pour raconter des anecdotes qui sont parfois vraiment n’importe quoi et toute la salle est pliée de rire.
C’est un peu le côté enfant qu’Izia a su garder et qu’elle cultive avec bonheur. Elle apporte une vraie vague d’insouciance et de fraicheur qui fait un bien fou lorsque tu es là à l’écouter et à la regarder.

Izia c’est aussi le charme dont elle sait jouer pour envouter tout ce qui l’entoure. C’est une petite nana super sexy qui bouge sans cesse, qui danse, qui sautille dans tous les sens comme un cabri, elle électrise complètement la scène et la salle et assure le show quasiment à elle toute seule.
Mais Izia, c’est avant tout une présence et surtout une voix qu’elle va chercher au plus profond des racines du blues et de la soul. Je ne veux encore rabâcher les vieilles comparaisons avec Janis Joplin, mais il faut tout de même être honnête, il y a vraiment quelque chose de cela, non seulement dans son chant, mais aussi dans cette énergie absolument énorme qu’elle dégage.

« La vague » son dernier opus sorti en 2015 l’a encore envoyée vers d’autres directions musicales, plus commerciales, plus électro, mais plus douces également.
A travers cet album qu’elle joue sur scène, Izia nous apparait comme une jeune femme plus fragile, plus sentimentale, un peu à fleur de peau. Ses compositions sont de plus en plus écrites en français contrairement à ses deux premiers albums entièrement écrits en anglais.
Même si le contexte devient plus commercial et touche un plus large public, Izia a muri, on le sent à travers ses textes.
Toutefois, elle reste toujours la petite rockeuse enragée que nous avons connue à ses débuts car lorsqu’il s’agit de jouer ses anciennes compos, son instinct reprend le dessus et elle déchaîne les enfers en foutant littéralement le feu à la scène.

Et puis d’un coup c’est la rupture, après des remerciements chaleureux Izia et son Band quittent les planchent, mais ô surprise, La jeune femme nous revient en train de bouffer un truc histoire de reprendre des forces.
Izia et son éternel naturel refont surface. Elle s’adresse au public la bouche pleine et on ne comprend rien, du coup les rires fusent. Son casse croute terminé elle chope sa gratte et c’est reparti pour quelques titres. Elle finira son rappel tout en douceur avec sa vague, tentant de bercer un peu son public avant qu’il ne rentre se coucher.

A la fois princesse, fée et petite sorcière bien aimée, Izia Higelin nous a encore tout donné ce soir mettant ses tripes et ses sentiments sur la scène du Radiant.
Emue par l’accueil énorme que le public lui a réservé, elle fait une magnifique sortie de scène après être venue saluer tout au bord en compagnie de ses musiciens. Comme toujours, elle trouvera à dire quelques mots touchant et plein d’espoir avant de disparaitre en sautillant.

Nous l’aurions bien écouté twenty times a day, mais la jeune femme et son band on encore bien d’autres villes et d’autres salles à illuminer…
Un grand merci à toute l’équipe de Médiatone pour avoir convié Pavillon 666 à partager cet évènement exceptionnel en leur compagnie.