CHRONIQUES DE CONCERTS

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THE JON SPENCER BLUES EXPLOSIO
Avec : Gemma Ray01, The Jon Spencer Blues Explosion02
Date du concert : 06-03-2016
Lieu : L’Epicerie Moderne - Feyzin [ 69 ]
Affluence : nc
Contact organisateur : http://www.epiceriemoderne.com/
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 12 mars 2016 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Me voici enfin de retour dans une des salles que j’affectionne particulièrement autour de Lyon, L'Épicerie Moderne. Le concert de ce soir devait avoir lieu en 2015 mais il avait été annulé pour des raisons de santé Chez les Jon Spencer Blues Explosion si je me souviens bien.
Personne n’y a perdu au change puisque les voici de retour et je peux vous affirmer qu’ils sont en grande forme et sont accompagnés en première partie de la ravissante Gemma Ray et de ses musiciens.

C’est dans une ambiance plutôt bleutée à la fois très velours et très sombre que Gemma ray la jeune anglaise exilée à Berlin débute son set accompagnée de son batteur et claviériste, ainsi que de son bassiste qui sévi également au lap steel.

Il faut avouer que réellement, je n’ai jamais trop accroché avec les albums studio de Gemma, qui sont quand même au nombre de six depuis qu’elle a démarré en solo en 2008.
En effet, ses albums beaucoup plus orchestrés avaient à mon goût un son trop pop, même si derrière tout cela émergeait ce côté un peu blues, un peu dark. Ce n’était malheureusement pas une musique qui me parlait beaucoup et j’ai fini par me désintéresser plus ou moins de qu’elle enregistrait.

Et ce soir, c’est la première fois que je la vois sur scène et je ne vous raconte pas la claque que j’ai prise. Non, je vous rassure, Gemma ne m’a pas physiquement mis de tarte, mais plutôt musicalement.
J’ai rarement observé un tel décalage entre des enregistrements studio et une prestation absolument énorme comme je l’ai vue ce soir.
Gemma Ray est une femme totalement envoutante qui s’impose sur scène telle une prêtresse de l’underground voire de la nuit.

Armée de sa magnifique Guitare hollowbody Gemma se ballade sur son manche alternant un jeu très blues ou rock lent en faisant parfois glisser son bottleneck qui vous fait frissonner le dos.
Elle envoie un superbe son bien rond très typé Fender, agrémenté d’un écho à bande à la résonnance absolument magique, tant et si bien qu’il est encore imprimé dans ma mémoire.

Lorsque Gemma Ray chante, alors là c’est l’extase. Si sa voix par moment peut se montrer rugueuse car le crunch monte et qu’il faut donner de la voix, le reste du temps, sa voix est sirupeuse et profonde à souhait, calée entre Margo Timmins ou Hope Sandoval.
La voix de Gemma est totalement envoutante sur scène et vous file le vertige. Si vous vous laissez prendre, c’’est le décollage garanti. Mais indépendamment de votre volonté, Gemma vous attrape dans sa toile et vous sombrez voluptueusement au travers de ballades au son lent imprégné d’un écho venu tout droit des sixties. C’est la transe totale avec des titres traversés de silences, ces ballades désenchantées comme savaient si bien le faire les Cowboys Junkies et un son mes amis, un son !! C’est une véritable invitation au voyage.

Gemma a trouvé la perle rare, la fameuse note bleue et m’a littéralement séduit durant son set qui a malheureusement du prendre fin. Quelle présence, quelle voix, quel charisme. Plus jamais je ne l’écouterai de la même oreille et soyez sur que j’irai fissa la revoir dès que l’occasion se représentera. C’était tout simplement magnifique !

La scène est à peine remise de l’empreinte des bottes de Gemma que voici déjà les enfants terribles du groupe new yorkais Blues Explosion, que l’on surnomme plus communément, The Jon Spencer Blues Explosion, du nom de son créateur, Jonhatan Spencer.

Blues Explosion, c’est 26 ans d’existence avec une quinzaine d’albums à la clef et des collaborations absolument incroyables.
Ce soir ils sont de retour dans le cadre d’une tournée européenne et je vous prie de me croire, ils ne sont pas venus pour étendre le linge et ça va défourailler sec. Je pensais très sincèrement que ça allait saigner, mais pas à ce point là. Ils étaient déchaînés.

Blues Explosion qui à son habitude pratique un rock nerveux aux tendances blues et punk à la fois, va débarouler ce soir sur la scène de L’Epicerie Moderne avec un son enragé qui dépasse l’entendement.
Si on peut parler d’un son plutôt garage, le qualificatif est faible car ce n’est pas au garage que nous avons affaire ce soir, mais carrément au concessionnaire.
Tout en rage et toute en puissance, armé de sa terrible gratte renforcée au duck tape et de son vieux Peavey qui date du début des années 80, une espèce de fossile comme on en fait même plus, Jon Spencer expédie un son tranchant comme ce n’est pas possible.

Bien que le combo n’occupe guère de place sur la scène, Jon Spencer lui, s’est récupéré tout le côté gauche et cavale dans tous les sens en faisant une véritable gymnastique avec sa gratte.
Son pied de micro valse dans tous les sens pendant qu’il alterne successivement hurlements et chant totalement enragé.
Ca bouge un peu moins du côté de Judah Bauer à l’autre guitare qui s’applique à faire sonner sa télécaster avec de superbes solos agrémentés de nuances très blues rock jouées au bottleneck. Il se charge à la perfection du contrechant comme parfois du chant lui-même. C’est un musicien de talent particulièrement carré tout comme son coéquipier Russell Simins à la batterie. A eux deux, ils se chargent du rythme cardiaque du Blues Explosion qui bat résolument comme celui d’un athlète croyez moi.

Blues rock garage et blues rock complètement déjantés s’enchainent les uns derrière les autres sans une seconde pour respirer. Du coup à cette vitesse là, la set liste a été plutôt dense et ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.
C’est un Jonhatan Spencer complètement survolté que nous avons eu la chance de pouvoir admirer sur scène ce soir. Lui et son band n’étaient pas venus pour faire de la figuration et nous en avons pris plein la tronche.
Franchement c’était du pur bonheur. Il y a longtemps que je n’avais pas vu un set garage rock aussi féroce. Même après une brève pause, ils revenus nous faire un rappel d’au moins cinq ou six titres, c’est vous dire.

Pour tous ceux qui ont loupé ça, ils peuvent toujours s’en mordre les doigts, ce n’est pas moi qui vais les plaindre.
En résumé et selon la formule consacrée : They are Blues Explosion and they play fuckin’ rock’n roll and they have kick our ass !!

Pavillon 666 remercie chaleureusement Amélie et toute l’équipe de L’Epicerie Moderne pour nous avoir convié à ce show totalement énorme, un pur moment de rock’n roll.