CHRONIQUES DE CONCERTS

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THE ARRS
Avec : Yoda Rising01, Breed Machine02, Scritikall03, The Arrs04
Date du concert : 12-03-2016
Lieu : MJC Ô Totem - Rillieux la Pape [ 69 ]
Affluence : nc
Contact organisateur : https://www.facebook.com/concertmetalhumanitaire/timeline
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 22 mars 2016 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


Retour ce soir au Totem à Rillieux pour de la grosse affiche, mais ça commence mal puisque j’ai été obligé de mettre un grand vent aux copains de Yoda Rising et cela malgré toute ma bonne volonté.
En effet, un bus qui percute deux camionnettes et qui envoie valser le tout dans une bagnole, ça ne simplifie pas le trajet. Du coup, je suis méchamment arrivé à la bourre. J’ai même failli louper le début de Breed Machine, c’est vous dire si j’étais en retard.

Toutefois vous pouvez toujours retrouver les coreux de Yoda Rising sur leur page facebook et ainsi découvrir leur premier Ep.
https://www.facebook.com/yodarising/?fref=ts
http://yodarising.bandcamp.com/releases

Les Breed Machine sont déjà bien chauds sur scène et ne vont pas tarder à commencer. Je saute aussitôt sur mon appareil photo (au sens figuré bien sur, je ne suis pas con à ce point là…) et c’est parti pour le grand rodéo avec trois autres excellents groupes pour me rattraper.

Dès les premières notes ça ne rigole pas. Il faut garder à l’esprit que c’est quand même Breed Machine et lorsqu’ils se déplacent ce n’est pas pour étendre le linge.
C’est un véritable assaut sonore avec Mike en tête et le reste du combo envoie absolument tout valser.

Depuis 14 ans et après 5 albums, les sudistes n’ont plus grand-chose à prouver et arrachent les décibels des amplis comme ce n’est pas possible.
Entre power metal, groove metal et hardcore, Breed Machine déchaîne les esprits obscurs qui planent sur la scène.

L’atmosphère est lourde comme de la fonte et le chant de Mike est un déchirement dans la nuit.
Nous sentons chaque vers de leurs textes lourds de sens comme une oppression omniprésente, tout comme savent le faire The Arrs ou encore l’Esprit du Clan.
Du haut de la scène, Mike harangue le public pour qu’il se bouge. Et ça ne se fait pas attendre. Plus Mike hurle et plus le public envoie du circle pit en passant par le wall of death. C’est Breed Machine, pas Garcimore donc il faut de l’ambiance dans l’arène.

Les mecs donnent absolument tout sur scène, jusqu’à leurs tripes. Le set sera malheureusement un peu court, ce sont les aléas des horaires et des plateaux.
Ce fut une véritable effusion sonore au sein de laquelle un très jeune spectateur est venu partager la scène avec Mike pour une danse de guerre comme seul Breed Machine sait les rythmer. Grandiose !!

Les suivants à envahir la scène, sont les stéphanois de Scritikall et leur décor résolument hypnotique. Le batteur est perché tout en haut d’une haute estrade et des toiles tendues font office de fond de scène où des ombres seront projetées tout au long de leur set.

Je ne connaissais pas Scritikall et j’avoue que j’ai été agréablement surpris par ce combo et son approche très personnelle du metal.
C’est un metal très rude qui cogne beaucoup avec des mélodies plutôt lentes et feutrées. C’est une musique qui serait vraiment solide s’il n’y avait pas tant de triggers et de kick dans la batterie qui font un raffut du diable, tant et si bien que l’on entend que cela avec des guitares qui passent bien en dessous.
Rien que pour ça, c’est bien dommage et cela gâche le gros potentiel d’un groupe de talent qui possède beaucoup de personnalité.

C’est également un groupe qui ne manque pas de charisme. Sur scène c’est un combo largement déployé qui sait parfaitement occuper les planches. Ils sont également relativement bien en place mise à part deux ou trois pains par ci par là, surtout rythmiques.

Soufièn Daïr, le chanteur, possède une voix particulièrement prenante, une voix sombre et déchirée qui donne un méchant coté sludge à Scritikall.
Personnellement, je trouve que le chant de Soufièn est la véritable marque de fabrique du groupe. Une telle qualité vocale ne peut pas laisser indifférent.
Des titres très forts comme par exemple « Endorphin » sont là pour démontrer que ce groupe a bien sa place sur les plus grandes scènes et avec les meilleurs du genre à travers un metal d’un style très personnel à la croisée des chemins de bien d’autres tissus sonores qui ont forgés leur approche plutôt ouverte de la musique.

A peine les décors démontés que The Arrs balancent les premiers riffs et les premières gueulantes histoires de peaufiner les balances de la scène du Tôtem.
Puis soudain, sans attendre, ça part comme un coup de feu et les watts dévastent nos oreilles.

La vache, c’est ça les pros !! Dès qu’ils estiment que pour eux c’est ok, à quoi bon attendre. Ces mecs ne sont pas du genre à retourner en loge pour siroter des bières en attendant que le public les plébiscite.
Non, The Arrs c’est du gros, c’est du lourd avec des textes imprégnés et forts, tout simplement ce que l’on fait de mieux en France lorsque les deux grands fleuves du hardcore et du metal se rejoignent à pleine puissance.
The Arrs, ce n’est pas un avertisseur, mais plutôt un avertissement sonore et lorsque tu viens, c’est pour prendre des watts plein la chetron.

Ce groupe hors norme ne connait qu’un leitmotiv et ce dernier est « pied au plancher !! ». Depuis 1998, les parisiens n’ont rien lâché et trimbalent dans leur musette cinq superbes albums, un Ep et un DVD live et l’indétrônable « Dans la chair et par le sang ». Rien qu’avec ce titre, je pense sincèrement que la messe est dite.
Avec Breed Machine et l’Esprit du Clan, ils sont pour moi la pointe du metalcore français.

C’est pratique parce qu’avec eux, pas besoin de présentation, tu sais tout de suite qui c’est, l’empreinte sonore est suffisamment forte, alors on ne perd pas de temps en présentation.
De toute façon Nico en vrai frontman n’est pas venu pour faire la causette et se perdre dans des échanges de politesse superflus, lui il envoie direct. Il expédie sans concession ses tripes sur la scène et chacun de ses mots sont comme autant de brulures.
Selon ma formule habituelle consacrée, The Arrs ça fait mal, là où ça fait mal.

Stefo et Pierre aux guitares sont de véritables rouleaux compresseurs. Leur son est puissant et épais comme une nuit de brouillard sur Manchester.
Pour ce qui est de Philippe à la basse et Toki à la batterie, c’est le même combat. Si ça ne passe pas comme ça, alors ça passera en force, les tympans n’ont qu’à bien se tenir.
Ca bouge dans tous les sens et la scène transpire déjà car elle sait déjà que c’est par The Arrs qu’arrivera la transe.
Nico balance tout ce qu’il a, il hurle à en arracher le bitume des avenues de Rillieux et harangue son public à se lâcher, à se déchainer, à rentrer lui aussi dans la transe.

Le pari est gagné et le public est conquis. Tout comme pour Mike de Breed Machine, le cœur de Nico est gagné par notre tout jeune danseur qui vient sans complexe se défouler sur la scène du Tôtem.
La soirée est à nous, nous sommes en famille et c’est tout simplement fantastique, c’est que du bonheur.
Malgré l’horaire qui avance, The Arrs aura l’autorisation de nous jouer encore deux titres.
C’est la claque, c’est l’éclate, des soirées comme cela il n’y en a pas souvent.

Pavillon 666 remercie très chaleureusement Florian et son association qui ont organisé ce concert caritatif pour l’Association « Rêve de Gosses ».
Merci également à la MJC Ô Totem à Rillieux pour nous avoir de nouveau accueilli entre ses murs.