CHRONIQUES DE CONCERTS

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DER WEG EINER FREIHEIT
Avec : Der Weg Einer Freiheit, The Great Old Ones, Harakiri for the Sky
Date du concert : 18-03-2016
Lieu : La Laiterie - Strasbourg [ 67 ]
Affluence :
Contact organisateur : http://www.artefact.org/la-laiterie/programmation
Interview :
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Date de la chronique : 24 mars 2016 - Chroniqueur : blacklakenidstang - Photographe : blacklakenidstang


Pour mon plus grand plaisir, je constate une nette amélioration, ces derniers temps, de la cohérence et de la qualité des affiches du « Grand Est », lato sensu. Le programme de ce 18 mars dans le Club de La Laiterie de Strasbourg n’a donc pas échappé à cette belle évolution, proposant ainsi une très belle affiche de post-black/atmospheric black metal composée de Der Weg Einer Freiheit, The Great Old Ones et Harakiri for the Sky.

HARAKIRI FOR THE SKY est le premier groupe à être monté sur scène. Je regrette, à cause des aléas routiers strasbourgeois, d’avoir loupé le premier morceau, probablement "Calling the Rain", nouveau titre du groupe qui figurera sur leur prochain album, III: Trauma.
J’ai pourtant eu la satisfaction de ne pas manquer une miette de "Jhator", grand tube du groupe autrichien qui reste en tête des jours durant. Il faut dire que ce morceau est d’une grande qualité de composition et sait attirer l’attention du public. Ne connaissant que le dernier album en date des viennois, Aokigahara, j’ai également fortement apprécié pouvoir entendre les très bons "Homecoming: Denied!" et "Burning From Both Hands", notamment grâce au talent du bassiste, Thomas Dorning.
Alors que cet aspect ne m’avait pas vraiment dérangée lors de la prestation du groupe à Nancy avec A Forest of Stars en octobre dernier, j’ai toutefois été quelque peu gênée par un élément : les vocaux. En effet, le chanteur représente clairement le point faible du groupe, tant sur album que sur scène. Le groupe pourrait-il davantage se faire connaître avec quelqu’un de plus puissant et constant ?

THE GREAT OLD ONES a ensuite enchaîné. Ce groupe bordelais, d’abord reconnu par l’excellent label Les Acteurs de l’Ombre, a récemment annoncé sa signature chez l’illustre Season of Mist, qu’il n’y a plus lieu de présenter.
Leur prestation ayant été tout à fait semblable à celle effectuée en septembre dernier dans cette même salle (en première partie du Shining suédois), je me permets de réutiliser mes propres mots pour décrire l’ambiance installée par ce groupe d’atmospheric black metal profondément inspiré par les écrits de l’écrivain fantastique H.P. Lovecraft. Dépeignant les profondeurs de la mer, les compositions du quintette bordelais emmènent sans peine son public à bord de son embarcation musicale en créant une ambiance oppressante mais belle.
La sortie d’Al Azif avait marqué ma découverte d’un groupe français très prometteur, auteur d’un excellent premier opus. Lui succédant, Tekeli-li s’était toutefois quelque peu heurté à mes attentes exigeantes, étant en effet, à mon sens, moins accessible. Mais la sortie de Tekeli-li avait surtout amoindri mes chances d’entendre mon morceau préféré du groupe, "My Love for the Stars (Cthulhu Fhtagn)"… Or, cette soirée de mars à Strasbourg, mon quatrième concert de The Great Old Ones, n’a effectivement pas satisfait mon vœu malheureux (bien que Benjamin, l’un des guitaristes/chanteurs, m’ait un jour dit de ne pas désespérer quant à cette attente).
Pourtant, comme toujours, cette déception n’était qu’infime car le concert joué sur la scène du Club de La Laiterie est bel et bien le meilleur que j’ai pu voir de The Great Old Ones (comme toujours (bis)), sublimé par un son qui n’aurait pu être meilleur.
Le set un peu court pour des morceaux aussi longs, les musiciens n’auront notamment joué que "Jonas" et "Visions of R’lyeh" du premier album. Le concert s’est révélé encore plus prenant que d’habitude, envoûtant totalement son public en lui faisant découvrir sa folle expédition des Montagnes Hallucinées, vouée à la mort ("Je Ne Suis Pas Fou", "Antarctica" et deux nouveaux morceaux qu’il me faudra réécouter sur album pour émettre un avis tranché).

DER WEG EINER FREIHEIT est ensuite venu achever cette belle soirée emplie de sombres atmosphères.
Ce groupe allemand originaire de Wurtzbourg joue un atmospheric black metal puissant et frontal (comprendre là notamment un jeu de double-pédale particulièrement intense) assorti à des ambiances hypnotiques portées par de magnifiques mélodies mais également, de temps à autre, à des passages doux et éthérés sublimant l’ensemble.
Si j’ai découvert avec plaisir le quintette bavarois à travers l’album Endstille en préparation de l’édition 2012 du SummerBreeze, c’est véritablement l’année dernière que j’ai eu un immense coup de cœur à l’égard de ce groupe, lorsque l’album Stellar est sorti, celui-ci étant davantage typé post-black metal dans ses sonorités. C’est donc avec joie que j’ai pu entendre "Eiswanderer", "Repulsion" et "Requiem" issus de cet album.
Mais peu importe mes préférences, le groupe a intelligemment offert au public une setlist puisant dans chacun de ses opus. Ne connaissant que trop peu les morceaux issus de l’album Der Weg Einer Freiheit et de l’EP Agonie, j’ai été particulièrement ravie d’entendre "Zeichen" et "Vergängnis" figurant sur Endstille, bien que j’ai trouvé "Der Stille Fluss" (Der Weg Einer Freiheit) particulièrement enivrant.
Der Weg Einer Freiheit nous a ainsi servi un concert plein de nuances et de beauté en jouant une sublime musique à la fois aérienne et mélodique, et pourtant brutale pour les oreilles non-averties.

Cette soirée s’est donc révélée excellente puisque j’ai beaucoup aimé les deux premiers sets et que j’ai passé un moment mémorable durant celui de la tête d’affiche allemande. Merci donc aux trois groupes ainsi qu’à La Laiterie qui, une fois encore, a permis au public black metal du Nord-Est français (et son voisinage) d’assister à un concert à l’affiche très réussie !
Chère Laiterie, que je remercie pour l'accréditation attribuée à Pavillon666, je me permets de le souffler au creux de l’oreille : la tournée des 25 ans d’Enslaved en compagnie des australiens de Ne Obliviscaris, c’est assez incroyable aussi.