CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


NECK DEEP
Avec : Wstr01, Creeper02, Neck Deep03
Date du concert : 14-04-2016
Lieu : Warmaudio - Decines [ 69 ]
Affluence : nc
Contact organisateur : https://www.facebook.com/slhproductions/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 21 avril 2016 - Chroniqueur : Franckenstrat - Photographe : Franckenstrat


En arrivant ce soir chez nos amis du Warmaudio, je dois faire face à un véritable attroupement devant les portes. Je dénombre dans les rangs un bon paquet de filles relativement jeunes venues supporter leurs idoles et là je me dis que je vais en prendre plein les oreilles quoi qu’il arrive.
Parfait. Le décor étant maintenant posé et que je fais largement tache au beau milieu de ce jeune public ; la soirée peut donc commencer.

Ma foi, j’ai été très jeune moi aussi, du moins je crois et il en faut pour tout le monde. Ma totale méconnaissance des trois groupes qui jouent ce soir me confère plus le rôle d’un éclaireur qui arrive sur la pointe des pieds, plutôt que celui du chroniqueur qui arrive en plein baroud au milieu de la jungle et qui connait bien le terrain.
En tout cas ça ne traine pas. Sounds Like Hell Productions ce n’est pas la SNCF et le tout premier groupe de la soirée ouvre le feu un poil après 19h.

WSTR nous viennent de Liverpool et pratiquent une pop punk plutôt indie qui est d’une énergie totalement incroyable. A travers eux je retrouve un quelque chose des Not Scientists, groupe que nous affectionnons beaucoup par ici.
Des looks bien débridés, du genre pas gentils garçons tout proprets sur eux, les cinq garçons de Liverpool envoient une sauce incroyable et commencent déjà à faire bouger la salle.

Leur musique est tonique et dansante. Les mélodies sont bien ficelées et ça s’écoute sans aucun effort. WSTR vous embarque dans leur set qui tout comme leurs titres défile à la vitesse de la lumière.
Les tempos sont rapides et chaque musicien assure sa partie avec une parfaite dextérité. Pas une seule fausse note, pas un seul pain, pas un dérapage, ces mecs sont vraiment au point.

Sammy Clifford au chant possède non seulement une voix magnifique, mais en plus c’est un gars qui a du charisme. Avec une simplicité totale, il emmène le set de son groupe à une cadence vertigineuse. De toute façon, il sait que la durée du show de WSTR est étroitement comptée car bien malheureusement, leur prestation durera tout au plus un quart d’heure.

C’est de très loin le groupe que j’ai préféré quant à l’affiche de cette soirée. Je les ai trouvé authentiques et particulièrement excellents.
Pour info je vous rappelle qu’ils ont sorti un premier Ep en 2015 qui s’appelle « SKRWD » que je vous encourage à écouter.
Vous retrouverez toutes les infos concernant WSTR via leur page facebook en lien ci-dessous.
https://www.facebook.com/WSTRband

Après un rapide changement de plateau, ce sont les sudistes de Southampton répondant au nom de Creeper qui embarquent sur la scène du Warmaudio.
Ils attribuent leur musique à du punk. Ma foi, je ne sais pas où ils ont vu ça où qui leur à dit que ça en était, mais je vous mets tout de suite au parfum, ça n’en n’est pas.

Il s’agit tout au plus d’une pop plus ou moins énergique que l’on pourrait entendre sur des bandes FM ou sur des génériques de séries pour adolescents.
Par contre ce qui est tout à fait louable, c’est qu’ils ont un public qui leur est totalement acquis et qui va se déchainer durant leur set.
Creeper possède quelques particularités qui sont assez amusantes, à noter l’énorme similitude de calligraphie et de motifs avec les mythiques « Cramps » qu’ils arborent sur les tees shirt de leur merch.

Ils portent également tous le même patch dans le dos de leurs vestes, un motif appelé « the callous heart », les cœurs endurcis si vous préférez. Cela n’est pas sans rappeler l’esprit de certains gangs comme les Hells Angels ou des fans clubs internationaux comme la Turbojugend. Moi en bon lyonnais que je suis, cela me rappelais plutôt l’emblème dorsale des tristement célèbres « Prophètes de Satan » qui sévissaient dur chez nous dans les années 80.

Enfin bref, parlons plutôt de leur musique, bien qu’il n’y ai pas grand-chose à dire. Même s’ils usent de tempos rapides sur pas mal de titres, il est difficile de cataloguer Creeper dans un autre domaine que la pop. Il y a beaucoup de fractures rythmiques au sein de leurs morceaux, souvent des ruptures qui donnent lieu à des breaks mélodiques et larmoyants, ce qui casse complètement la fougue musicale à laquelle ils pourraient prétendre.
Horror punk, underground, voici des termes qui ont du mal à correspondre à ces cinq anglais qui sont pourtant de bons musiciens et affichent une présence indéniable sur scène.

Outre Will Gould au chant qui se pose en bon leader en chauffant à bloc son public, la claviériste Hannah Greenwood donne également de la voix et l’ensemble est assez mélodieux et reste toutefois agréable à écouter.
Cela s’est malheureusement un peu gâté lorsqu’ils sont passés à la séquence « slow » digne des pires quarts d’heures américains. Je vous avoue qu’à ce moment là je me suis enfui…

Même s’ils ont une musique que l’on peut qualifier d’assez punchy par moment, il en résulte toutefois que leur univers musical joue plutôt la note de la mélancolie.
Ce groupe fondé en 2014 possède déjà à son actif deux Ep « The Callous Heart » et «The Stranger ».


Voici arriver le « gros » morceau de la soirée avec les gallois de Neck Deep qui font leur entrée sur les planches encore toutes chaudes du Warmaudio.
Bon, ne soyons pas mauvaise langue, ça attaque sévère et même si je suis très loin d’être un fan convaincu de ces cinq garçons, je dois quand même avouer qu’ils en ont sous la semelle.
Un amas de jeunes filles complètement hystériques fait bloc devant la scène. Malgré sa coupe de cheveux de premier de la classe, son maillot de Manchester United et son pantalon pour aller aux fraises, j’avoue que Ben Barlow envoie particulièrement bien la sauce au chant.

Pour être vraiment franc, la musique de Neck Deep c’est du punk façon Notting Hill fait pour skate boarders ou fanatiques des génériques télé de séries pour ados. Mais par contre, ils le font bien. C’est vrai que tout cela respire un peu la jeunesse Iphone et bien versée dans la mode, mais bon, il y en faut pour tous les gouts.
Il faut avouer qu’ils ont des titres très bien construits et sacrément expéditifs. Ils ont un répertoire que l’on peut largement qualifier de très mélodique où les morceaux bien groovy ne manquent pas.

Après tout, c’est jeune, c’est frais et le public est vraiment heureux, ce qui fait vraiment plaisir à voir car souvent on peut observer des groupes qui ont un mal fou à faire venir les personnes devant la scène. Ce soir pas besoin de demander, c’est la furie au Warmaudio.
Les gars sur scène sont vraiment énergiques et bénéficient d’un excellent son. On ne peut pas dire qu’ils ne mouillent pas le maillot, surtout Ben Barlow avec celui de Man United sur le dos. Histoire de mettre un peu le bazar on aurait pu entonner quelques chants du FC Liverpool, ennemis jurés de Man United, pour mettre un peu plus d’ambiance, mais le moment n’était pas opportun.

Un des guitaristes est vraiment incroyable, il doit être cloné avec un derviche tourneur car tout au long du set il n’arrête pas de faire des rotations sur lui-même. Quant à l’autre gratteux du groupe, moi qui me sent toujours mal à l’aise avec mon pedal board surchargé et bien là j’ai trouvé mon maître, le sien est carrément une usine à gaz.

Avant d’écourter leur show, Ben Barlow ne manquera pas de rappeler à l’assemblée que c’était la dernière date de Neck Deep en Europe et que dès le lendemain ils rentraient en Angleterre.
C’est à ce moment là que nous avons appris que la perfide Albion ne faisait plus partie de l’Europe. Sur l’issue du marché commun, le doute subsiste, mais quant à la géographie nous n’avons pas les mêmes sources.

A noter que durant le set de Neck Deep, la claviériste de Creeper, Hannah Greenwood est venue faire un duo avec Ben Barlow.
Les Neck Deep reviendrons sous les acclamations de leur public afin d’effectuer un court rappel qui débutera avec une session acoustique avec Ben Barlow seul à la gratte et au chant et se finira au vu du public, avec un de leur titre culte tant et si bien que les Neck Deep ne pourront pas maitriser leurs fans qui envahiront la scène pour se faire le grand final avec leurs idoles.

Pavillon 666 remercie chaleureusement toute l’équipe de Sounds Like Hell Productions qui nous a invité à partager cet événement à leur côté. Nous remercions également nos amis Adrien et Mika du Warmaudio pour leur accueil au sein de leur salle que nous aimons tant.