CHRONIQUES DE CONCERTS

     
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NEW BLOOD FEST
Avec : Critical Pint, Red Gordon, Nature Morte, Shaytan, Hellixxir, Demande à La Poussière, Catalyst, Akiavel, Mortuary, Mercyless
Date du concert : 13-11-2021
Lieu : Salle du Phaeton - Culoz [ 01 ]
Affluence : 600
Contact organisateur : https://www.metal-in-veins.fr
Interview :
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Date de la chronique : 2021-11-21 - Chroniqueur : Der.Lehrer - Photographe :


« Ici c’est l’Ain », vous connaissez le slogan du Conseil Départemental, certes à Culoz, petite ville du Bugey, carrefour ferroviaire, à proximité du Grand-Colombier, on est proches de la Savoie et de la Haute-Savoie. Pour les métalleux, français et étrangers, notre département est connu essentiellement grâce au SYLAK, festival qui se déroule sur trois jours depuis 2011 à Saint-Maurice-de-Gourdans et à quelques autres manifestations plus modestes à Bourg-en-Bresse et à Leyment, par exemple. Désormais on devra ajouter au tableau le NEW BLOOD FEST dont la première édition s’est tenue ce samedi 13 novembre dans la grande salle du Phaeton, lieu connu de la cité, dominé par le fameux château de Montvéran.
C’est l’association METAL IN VEINS, sous l’impulsion de l’infatigable John Correstan, qui présente cet événement. Dix groupes, tous français, se succéderont durant une douzaine d’heures sur la grande scène du Phaeton, certains dont la notoriété est bien établie, d’autres moins connus ou de création plus récente. Mais il faut le souligner d’emblée, ils ont en commun l’enthousiasme et le plaisir de jouer devant un public privé de concerts depuis de longs mois. Chacun de ces dix groupes fera tout avec son style propre pour que ce premier festival NEW BLOOD FEST soit une réussite. Et ce fut le cas, grâce aussi à une organisation impeccable, proche de la perfection, une équipe de bénévoles efficaces, sympathiques et dévoués, dotés d’un sens aigu de leurs responsabilités.
Le plaisir des retrouvailles et la passion pour le rock metal expliquent aussi, bien entendu, l’éclatant succès de cette première édition du NBF, comme on dira désormais, peut-être. Il convient donc d’adresser de chaleureux remerciements à tous.
Voyons maintenant le déroulement chronologique de la journée.

Il est 11 heures lorsque le premier groupe prévu a le redoutable (!) honneur d’ouvrir la « cérémonie ». Il s’agit du quartette CRITICAL PINT, venu en voisin, d’Aix-les-Bains précisément.Ces musiciens qu’on devine chevronnés et heureux d’être là pratiquent un metal stoner avec des accents grunge, blues, voire punk , qui semble conforme au goût d’une douzaine de spectateurs (seulement), mais ce n’est que le début du festival. C’est une musique riche et variée que nos Savoyards nous ont gentiment servie pendant 40 minutes, une sorte de hors d’œuvre qui a donné le ton de la journée et réchauffé les frileux !

A midi, ce sont les jeunes Auvergnats de RED GORDON qui prennent le relais devant un public déjà plus étoffé. C’est d’abord leur jeunesse qui retient l’attention. Tao, le chanteur, et Aurélien (guitariste) ont créé le groupe en 2017 à Clermont-Ferrand, rapidement rejoints par leurs camarades Yohann (bassiste) et Noodle (batteur). .
Ils sont des spécialistes du bon death metal, avec des accents néometal ou hardcore. Il n’échappe à personne que ces garçons jouent avec rigueur et grand sérieux un set bien préparé qui, manifestement, aura plu au public.
Outre leurs qualités techniques, on découvrira en bavardant avec eux en fin de journée un côté attachant et fort sympathique. On reparlera de RED GORDON, les Clermontois, qu’on souhaite retrouver sur une scène de la région AURA. Bonne chance, les gars !

Dès 13 heures, le trio parisien NATURE MORTE investit la scène. Cette dénomination assez originale évoque pour moi le terme allemand « Stilleben » et certains grands musées.... Ces adeptes du black metal ont déjà une belle expérience (depuis 2015). On ne peut pas se tromper, il s’agit bien de BM comme on dit parfois. L’ambiance ne laisse aucun doute, deux flammes déposées au sol, lumière bleue et semi-obscurité sur la scène, un climat lourd, envoûtant, est ainsi créé. NATURE MORTE aura peut-être surpris certains spectateurs, mais plu à une majorité, pas nécessairement des fans de black metal. Belle découverte dans une région où ce style n’est pas souvent représenté dans les concerts. On souhaite les retrouver dans la région (en première partie de MARDUK ou MAYEM). Pourquoi pas !

14 heures,déjà. Les régionaux de SHAYTAN sont prêts à nous délivrer leur set avec leur nouveau batteur, Vince,venu du punk rock. Les gars de Rumilly, en Haute-Savoie, se sont entraînés (!) fin août au Brin de Zinc (près de Chambéry), en compagnie de MORTUARY et CATALYST qu’on retrouvera tout à l’heure …
SHAYTAN est une valeur sûre en matière de death-thrash, depuis 2011, un groupe suivi par un public fidèle. Ils sortent un « 12 titres », pour eux un événement qui compte dans leur parcours de 10 ans. Et ce n’est pas par hasard que cet événement ait lieu ici et maintenant.
D’Jé (Jérôme), le chanteur, connu et reconnu, semble être le leader du groupe, mais y a-t-il un leader ? Un frontman, oui. On le connaît et on l’apprécie. Il annonce l’arrivée sur scène d’une « revenante » pour quelques minutes.Très applaudie, la sympathique Emilie, toute de noir vêtue, est connue dans la région. Elle était autrefois la chanteuse de L’EPOUVANTAIL, une formation savoyarde aujourd’hui disparue. Quoi qu’il en soit, le public adhère au répertoire de SHAYTAN, de plus en plus de spectateurs se massent contre les barrières un peu trop éloignées de la scène. Pas encore de pogo, mais on tient le rythme.

Et maintenant c’est au tour des Grenoblois de HELLIXXIR de se produire devant un public de connaisseurs et d’amis, mais aussi de gens jeunes et moins jeunes qui n’ont jamais eu l’occasion d’apprécier leur spécialité, à savoir une sorte d’alliage de dark metal et de thrash avec de forts accents de black metal. Le groupe fut fondé en 2001 avec Matthieu Laforêt dit « le boss », toujours présent, il bénéficie d’une belle notoriété, dans sa région d’origine et bien au-delà. Plusieurs albums ont été produits au cours de ces 20 ans, « The Black Fortress » étant le plus récent. Les quatre musiciens (batteur, guitaristes et bassiste) laissent leur camarade Alexandre Manin, le chanteur, occuper la première place, accroché à son gros micro, il maîtrise brillamment tous ses textes, notamment ceux du quatrième album cité plus haut.
Comme ses collègues, HELLIXXIR n’a pas eu beaucoup d’occasions de jouer en raison des restrictions liées à la situation sanitaire, notons par ailleurs que le groupe a connu ces dernières années quelques modifications de line-up.
Chaleureusement applaudis, nos cinq Grenoblois garderont un bon souvenir de ce premier NEW BLOOD FEST.

Le sixième groupe qui va se produire sur la scène du Phaeton s’appelle DEMANDE A LA POUSSIERE. Pourquoi ce nom, me direz-vous ? J’avoue mon ignorance, peut-être en hommage à un roman américain. Le public lui-même est perplexe et curieux. Cette formation créée en 2017 compte quatre membres et est originaire de Paris, Krys guitare-chant, Vincent à la batterie, Jeff et Edgard, guitaristes et Neil à la basse. Leur style musical s’apparente au sludge doom, les adjectifs « hypnotique » et « dépressif » sont prononcés dans le public. On suivra avec intérêt et curiosité la suite du parcours de ce groupe en souhaitant le retrouver sur une scène lyonnaise ou régionale.

Le nom du septième groupe qui va animer la soirée (le temps passe vite) est déjà bien connu dans le secteur depuis qu’il s’est produit fin août au Brin De Zinc avec MORTUARY et SHAYTAN, entre autres. Il s’agit donc des Lorrains de la région de Metz, CATALYST. Leur nom circulait dès le matin à l’entrée de la salle. De plus en plus de spectateurs impatients de les voir ou revoir attendent les quatre jeunes aux cheveux longs, très longs chez Jules, chanteur et frontman, par ailleurs à l’origine de la création du groupe de death metal en 2017.
Le public adhère sans la moindre hésitation, quelle voix, quelle puissance ! Une voix profonde et gutturale, un death de haut niveau, rapide, viril, on entend nettement la batterie, mais sans excès, les riffs de guitare...Il y a beaucoup de travail, de talent et de passion chez ces garçons. « Je vous avais dit que CATALYST, c’est super... », chuchote un grand gaillard appuyé contre les barrières. Le chanteur prend la peine d’annoncer les titres , issus de leur EP (2017) et de leur album (2019). Les musiciens de CATALYST aiment OPETH, OBSCURA etc. et les festivaliers aiment ce jeune groupe qui, logiquement , a un bel avenir devant lui. Bravo les gars ! Revenez dans la région !

C’est maintenant le groupe d’Aix-en-Provence AKIAVEL qui va enflammer le Phaeton pendant près d’une heure. Ils sont quatre artistes dont une chanteuse, la charismatique Aurélie (une proche de Julien Truchan, chanteur de BENIGHTED), Chris à la guitare, Jay à la basse et Butch à la batterie. Nous avons affaire à un groupe majeur lancé en 2016, qui n’a pas tardé à conquérir les amateurs de death old-school ou moderne, death mélodique, agrémenté d’accents hardcore, voire groove ou thrash , un genre assez original qui, manifestement plaît au public qui commence à « bouger » sérieusement. Headbanging, slam, et surtout un vrai pogo comme on les aime, dans la fosse, les barrières ayant été rapprochées de la scène.
Après huit heures de concerts de styles variés, l’ambiance est durablement « au top ». Elle atteindra son apogée avec les deux groupes que tout monde attend, MORTUARY et MERCYLESS.
Mention spéciale à Auré Jäger, la chanteuse des Provençaux, pour son talent et son humour.

La soirée avance, on regarde sa montre...MORTUARY s’installe (enfin) sur la désormais mythique (!) scène du Phaeton pour au moins une heure de grand spectacle. Comme on l’a dit plus haut, certains ont déjà applaudi les Lorrains de Nancy cet été à Chambéry. Avec ce groupe de quatre musiciens, créé en 1988, donc l’un des plus anciens des participants, nous retrouverons le death brutal, limite grind , un style de plus en plus prisé, semble-t-il. Le chanteur communique sans cesse avec le public qu’il flatte gentiment, se livre en bon comédien à toutes sortes de numéros, couché, debout, à genoux.
On acclame le patron du NBF , John,à qui MORTUARY dédie une chanson, pogos, circle pit, tout sauf le wall of death, à moins que cela m’ait échappé. Une heure de joie et de plaisir, comme on n’en avait pas vécu depuis plus de vingt mois – vous comprenez ? - Les métalleux sont gens bien élevés et disciplinés, donc jamais de débordement ou de comportement inapproprié.
Le set s’achève avec l’intervention d’Arno Strobl, rédacteur à « Rock Hard » et l’arrivée de Max Otero, le chanteur de MERCYLESS à qui on apporte un énorme gâteau en l’honneur de son anniversaire. Max souffle ses bougies. Après une pause bienvenue, il remontera sur scène avec ses camarades.

En effet, il est largement plus de 22 heures lorsque les quatre amis de MERCYLESS, la tête d’affiche, lancent le dernier grand moment de cette journée particulière. Avec les Alsaciens de Mulhouse, nous avons affaire à un groupe fondé en 1987, qui figure dans le peloton de tête du death-metal français, après une longue parenthèse (2001-2011). Max harangue le public déchaîné et relance le pogo avec un titre bien « bourrin ». Pour les avoir vus dans les grands festivals de metal ou dans de modestes salles de concerts, j’affirme sans risque que MERCYLESS est un groupe qu’on aime, à l’image de son leader.
Le set s’achèvera quelques minutes après 23 heures, sous les applaudissements des métalleux de tous âges. Pari tenu, une vraie fête, de la musique et de l’amitié !

A l’issue de cette mémorable journée, agrémentée de séquences fanfare, avec Karlek, interprétant des morceaux de groupes mythiques, il faut souligner la qualité des groupes et la diversité des styles. Nous avons noté également la présence , aussi bien chez les musiciens que parmi les spectateurs, de jeunes. La nouvelle génération est là , la relève est assurée. Réjouissant et rassurant.
Comme on l’a dit dans la présentation, répétons que la première édition du NEW BLOOD FEST fut une brillante réussite à tous égards. Compte tenu de la crise sanitaire, rien n’était garanti à l’avance. Le mérite en revient à tous ceux qui y ont travaillé depuis des mois, chacun dans son domaine, chacun à son niveau.
BRAVO ET MERCI ! En attendant l’édition 2022 du NEW BLOOD FEST ...






 
 


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