CHRONIQUES DE CONCERTS

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Wacken Open Air - allemagne
Avec : MORBID ANGEL, EMPEROR, GAMMA RAY, AMON AMARTH...
Date du concert : 03-08-2006
Lieu : Wacken Open Air - [ ]
Affluence :
Contact organisateur :
Interview :
   
Date de la chronique : 02 septembre 2006 - Chroniqueur : - Photographe :


L’ambiance générale :

Si à notre arrivée le soleil semblait être séquestré derrière des cumulonimbus menaçants, si la pluie est venue nous arroser vers le milieu de l’après-midi, il a globalement fait beau durant tout le Wacken avec des températures ni trop élevées, ni trop fraîches nous permettant ainsi d’apprécier les concerts en plein air dans de bonnes conditions.

Ce rendez-vous a rassemblé comme chaque année des aficionados de notre courant musical fétiche de tous les horizons (chaque pays étant représenté par un drapeau dans le camping) même si les populations allemande et hollandaise étaient les plus présentes. J’ai jamais vu autant de cheveux, j’ai jamais vu autant de rangers ni autant de t-shirt de groupes, mais s’il y a une chose que je regrette c’est d’avoir vu autant de mini-jupes découvrant avec fierté la cellulite mal placée des « metalleuses » présentes plus pour parader et accrocher que pour écouter la musique pourrait-on croire.
Le metal-market est monstrueux, les stands, tous plus ou moins identiques se suivent et l’on prend un véritable plaisir à flâner dans les allées terreuses, à la recherche d’un album introuvable ou d’une fringue typique.
Sur place la bière est à 4 € mais tu peux garder le verre Wacken si tu veux ! Sinon si tu as faim, il y a plein de stands de bouffe de tous les coins, des crêpes françaises aux nouilles chinoises !
Camping éclairé avec WC gratuits-dégeux ou payant-propres, avec même des douches mais payantes-collectives (donc non !) on sent que l’installation et l’organisation sont bien en place et ça fait plaisir.
Aucun incident à signaler, je n’ai été témoin d’aucun acte de violence et je ne déplore aucun retard dans la programmation, ou en guise d’exception, un petit quart d’heure entre Emperor et Motorhead dû à un problème technique.

Voici les résumés des quelques groupes que j’ai vus parmi l’affiche 2006 :


SCORPIONS : un gros groupe pour le premier soir du Wacken, rien de mieux pour nous décrasser les oreilles et nous plonger dans l’ambiance! La particularité de ce show comme l’a précisé le chanteur fut d’en faire une sorte de « réunion » de famille en faisant jouer les guitaristes et batteurs qui ont fait partie du groupe dans les années précédentes. Revenaient donc sur scène les vétérans, c’est vieux hard rockers au look démodé et au jeu de gratte impressionnant de fluidité. La masse sonore augmentait au fur et à mesure que s’ajoutaient les musiciens, pour finir le concert avec 4 guitaristes ! L’ensemble a été bien mené, le chanteur a toujours une voix de folie impeccable qui n’a pas bougé le long des 2h30. Cependant le show s’est un peu éternisé et si « Still Loving You » a été jouée en rappel à ma grande joie, certains classiques manquaient dans le set ( Wind of Change » etc.)

Mystic Circle: Ce groupe n’était pas réputé pour être très bon sur scène et ce show de bon matin nous l’a prouvé. En effet, si les musiciens sont présents, souriants même, ce qui est original pour un groupe de black metal, la performance technique n’était pas au rendez-vous. Les morceaux comportaient de nombreux « pains », ils ont même dû reprendre l’intro de l’un d’eux, sans parler de l’outro de la dernière chanson, littéralement ratée. C’est dommage pour un groupe qui vient de sortir son 7ème album, mais ce manque de professionnalisme fait aussi la différence entre les grands et ceux destinés à rester dans leur ombre.

Winter Sun : Les allemands semblent fortement apprécier le heavy, ou du moins c’est l’impression qu’on a quand on voit le succès de Winter Sun, même si ce n’est pas du heavy à proprement parler compte tenu de la voix black du chanteur. Le show fut dynamique, porté par la présence virile du second gratteux un peu crâneur. Cependant on a pu regretter l’absence d’un véritable claviériste quand on entend l’ampleur des parties de synthé activées par les musiciens. Bon show mais un peu chiant quand on n’est pas fan du genre.

Fleshgore : On voulait se défouler alors on s’est rendus dans la salle couverte afin de se lâcher sur le brutal death offert par Fleshgore mais nous avons été assez déçus par le manque de réaction du public. Le groupe en lui-même semblait bien dynamique et livrait avec puissance sa musique carrée et évidemment agressive. Nous étions arrivés un peu en retard, voire même sur la fin du set, nous sommes donc restés sur notre faim…en attendant Aborted !

Six Feet Under : Le monde se ruait pour aller apprécier la voix gutturale du lanceur du style et premier chanteur de Cannibal Corpse. Si la musique de Six Feet Under est un peu facile avec ses riffs en bois, elle passe bien en live même si à nouveau, le public du Wacken s’est peu montré statique dans l’ensemble, même si bien sûr, des inconditionnels du headbang et des pogos faisaient honneur ! La voix de Chris Barnes est toujours impressionnante mais moins que les cris stridents qu’il pousse et qui donne d’un coup une dimension supplémentaire à la musique du groupe.

Celtic Frost : Voilà une découverte qui ne m’a pas laissée de marbre. Comment rester insensible au charme étrange de Celtic Frost quand le jeu de lumières et les tentures à l’effigie du groupe viennent en renforcer la poésie thrash et macabre ? J’ai vraiment apprécié la lourdeur de la musique, son côté malsain et la présence sombre et prenante des musiciens. Ils sont partis comme des voleurs après la fin de leur set et j’aurai aimé qu’ils restent encore, tant pour une fois, un concert m’avait paru trop court.

Ministry : Trop de monde pour un groupe que je ne connaissais pas, j’ai donc préféré me reculer et assister au show de Ministry sur l’écran géant. Pied de micro en croix osseuse et chanteur avec un masque d’aviateur et un casque à piques, tout de suite, Ministry annonce la couleur de son originalité. Originalité qui se retrouve dans les sonorités et samples étranges mais propres au groupe. Le show était riche en ambiances même si comme tous les groupes qui sont passés sur la True Metal Stage, il m’a semblé bien trop long, bien plus long en tout cas qu’Amon Amarth qui leur a succédé.

Amon Amarth : Derrière un rideau de flammes voilà que débarquent les vikings d’Amon Amarth bien décidés à nous redonner goût aux valeurs des ancêtres. Les effets pyrotechniques n’ont pas été les seuls à animer la prestation du groupe bien énergique à la base, en effet, la scène a été le théâtre d’un combat entre vikings à deux reprises pour nous en mettre plein la vue. Nos oreilles, elles, ont été un peu déçues par un set qui ne répondaient pas à l’attente des fans et par des morceaux qui se ressemblaient tous, sans progression, sans pression, nous donnant cette impression désagréable que le show ne passerait jamais aux choses sérieuses, ne démarrerait jamais, n’exploserait jamais. La prestation scénique fut très agréable et ils ont bien fait de miser beaucoup sur le visuel afin de palier au côté redondant de leur musique.

Aborted : Enfin un groupe francophone ! Et quel groupe ! A midi pétante, c’est sur la Black Stage qu’Aborted nous envoie son mur de son parfaitement carré et des plus bourrins du Wacken. Nous avons pu apprécier le charisme du chanteur et des autres musiciens tous à fond dans leur son mais je tiendrai à saluer tout particulièrement la performance de la bassiste Olivia Scemama (Balrog) qui joue aux doigts avec une excellente précision, tout en headbang et en mouvements. Aborted nous a offert un bon défouloir qui représentait bien leur répertoire en mêlant d’anciens et de nouveaux morceaux avec en bonus une petite reprise de Carcass. Mais encore une fois, ce n’est pas un pogo de 20 personnes qui me fera changer d’avis : le public français est beaucoup plus expressif !

Morbid Angel : Voilà encore un gros groupe à ne pas louper surtout quand celui-ci reprend sa formation d’origine ! Trey Azagthoth, a donc rejoint David Vincent pour ce show en plein jour et en pleine chaleur. Mais Morbid Angel a su nous refroidir avec ses riffs aux sonorités parfois malsaines, accentuées par la voix rauque du crooner en vinyle arborant un pentagramme satanique. Le groupe a donc joué des morceaux de l’époque de Trey qui a pu nous restituer ses solos tous plus fous et insolites, brisant parfois un peu l’ambiance car il était totalement dans son monde, ignorant caméras et public afin de mieux lâcher ses performances de guitariste. Un bon show, fait de bonnes compos et qui assoit la supériorité des groupes du rang de celui-ci.

Bloodthorn : Un groupe de black sympathique terminait son set sur la petite scène découverte, attirés par les blasts interminables nous nous rapprochions pour assister à un concert dynamique de la part des membres et du chanteur qui n’hésitait pas à lancer le public avec énergie tout en assurant pleinement ses vocaux déchirés ! Sympa !

Arch Enemy: Bloodthorn fini je me précipitais pour voir au moins la belle Angela vomir ses tripes avant la fin du show d’Arch Enemy. Je pus en effet remarquer sa prestance et sa masculinité. Voilà une femme qui n’a rien à envier aux autres hurleurs autant au niveau vocal que physique par ses headbangs et autres gestuelles agressives. Je ne peux rien dire de la prestation, on ne juge pas sur une chanson mais ça avait l’air d’avoir cartonné !

Children of Bodom : Paraît que c’était là qu’il y avait le plus de monde. Ouais bah j’ai boycotté, je les ai déjà vus. Cette fois ils n’avaient pas une voiture sur scène mais deux. Du camping on n’entendait que la voix du blondinet qui disait : « The next fucking song is blablabla, we are Chilren of Bodom and we fuck you motherfuckers, so be my fucking fans and suck my fucking dick”, en gros…

Emperor : Si le son de tout le Wacken s’était avéré bon jusqu’à présent, si les plus gros groupes avaient assurés, il fallait que celui que j’attendais depuis le début, celui pour lequel j’avais décidé de venir, soit celui qui nous déçoive. En effet le show d’Emperor commence et l’on entend que cette batterie et cette double pédale bien trop mise en avant. Les guitares étaient étouffées et il a bien fallut attendre 2 minutes avant que les ingé son ne rehaussent la voix que l’on entendait absolument pas sur le début. Par la suite le son s’est amélioré même si la batterie était bien trop forte couvrant le clavier dont le jeu s’est avéré parfois approximatif. Ihsahn, impressionné par le monde venu les voir, 6 ans après leur départ, semblait en avoir perdu sa voix black même si sa voix claire restait bien placée. Leur set ne reprenait globalement que des morceaux de « Anthems to the Welking at Dusk » et de « In the Nigthtsite Eclipse » que le mauvais mixage ne permettait pas toujours de reconnaître. Si Ihsahn a revêtu des épaulettes en carapace sur la fin du set, c’est bien, avec les quelques effets pyrotechniques, les seuls impacts visuels, si l’on compte le déhanché à la limite du ridicule du calviériste certainement bourré. Déçue, je suis déçue.

Motorhead : En subissant le volume sonore des premières notes de Motorhead j’ai préféré me reculer et regarder le show de loin. Globalement il fut très bon et digne de ces bickers qui ont raison de vanter les plaisirs de l’alcool, des femmes et du rock and roll ! D’ailleurs, ils préparent un nouvel album dont le titre est «Kiss of Death ». Comme pour Scorpions et Ministry, le show de Motorhead sur la True Metal Stage fut bien long, ce qui m’a permis de goûter à la nourriture chinoise du Wacken, mais ils ont terminé en beauté en faisant montée une greluche sur scène pour assurer un duo avec Lenni, toujours présent même après toutes ces années et ces litres d’alcool !

Finntroll : Voici la tête d’affiche de la soirée et le dernier groupe du Wacken 2006. Le show fut moins impressionnant que celui d’Amon Amarth mais cela n’était pas du à l’absence de combat de vikings mais surtout à l’absence totale de charisme de la part du (nouveau ?) chanteur du groupe. Il ne faisait preuve d’aucune énergie, ne savait pas quoi faire de ses bras et semblait être perdu lors des parties sans chant. Il passait même plus de temps à remettre ses cheveux en place plutôt qu’à lancer le public. Les autres membres étaient beaucoup plus présents. Je salue aussi la prestation du claviériste, impeccable de précision malgré l’épaisseur de ses doigts ! Musicalement, à l’instar d’Amon Amarth, Finntroll tourne un peu en rond, les structures et mélodies sont toutes similaires, même celles du nouvel album qu’ils préparent et dont ils nous ont livré un aperçu. La prestation du groupe n’a duré qu’une heure et c’était suffisant, car le manque de pêche du chanteur rendait le concert ennuyeux.

Evidemment ce live report n’est ABSOLUMENT pas exhaustif ! Il est le reflet de mes sélections, des groupes que je voulais voir en priorité même si j’ai aussi suivi mes oreilles et le hasard qui m’ont permis de faire quelques découvertes !
L’année prochaine j’y retourne pour Stratovarius, Saxon….Immortal !


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