CHRONIQUES DE CONCERTS

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PARTY SAN OPEN AIR 2010 – BAD BERKA ALLEMAGNE – 12-14 AO
Avec : voir affiche
Date du concert : 12-08-2010
Lieu : Open Air - [ Allemagne ]
Affluence : 9000
Contact organisateur :
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 21 août 2010 - Chroniqueur : Der.Lehrer - Photographe :


Connaissez-vous Weimar,ville par excellence de culture et d'histoire,située dans le Land de Thuringe (ex-RDA), patrie de J.-S. Bach entre autres, ville où repose le grand Goethe,Weimar et sa République (1919-1933) ? Peu importe, c'est à une dizaine de kilomètres au sud de cette belle ville,à Bad Berka,cité thermale de 8000 habitants , qu'a lieu ,en pleine campagne, du 12 au 14 août, une semaine après le WACKEN OPEN AIR et une semaine avant le SUMMER BREEZE , la seizième édition du festival de metal « pur et dur », le PARTY SAN, le PSOA, comme on dit ici.Reconnaissons que l'Allemagne bat un record, celui du nombre de festivals de rock metal.



Ce qui aurait dû n'être qu'une partie de plaisir pour tout le monde,sera aussi une bataille de chaque instant contre la boue (der Matsch) ,épaisse et collante,aussi bien sur le site du festival, dans la fosse,que sur les deux terrains de camping et leurs abords .En effet,des trombes d'eau s'étaient abattues les jours précédents sur un sol imperméable, transformant en véritable marécage un site a priori idéal pour ce genre de manifestation.Notons toutefois que pour nombre de jeunes festivaliers aguerris et intrépides,cette situation fut l'occasion de bains de boue épiques. Autrement dit,les inconditionnels du death,du thrash et du grindcore  n'ont pas peur de la météo...C'est à qui aura les fringues (ou le corps) les plus sales. Au bas d'un vaste terrain légèrement en pente a été dressée l'unique grande scène du festival. Tout autour de celle-ci, répartis comme sur un immense cercle,les boutiques de merchandising, les créperies,les bars et autres « stands de bouffe » rencontrent un grand succès, les festivaliers, notamment ceux qui n'aiment pas la pluie, y trouvent refuge. La bière coule à flots, c'est une évidence...On raconte par ailleurs que les magasins de chaussures de la région ont épuisé leurs stocks de bottes en caoutchouc.


Dans un autre ordre d'idée,il me semble pertinent,pour les festivaliers des prochaines années, de souligner encore quelques détails non négligeables néanmoins : le prix du parking obligatoire (10euros) et la fouille parfois un peu zélée des véhicules (verre prohibé,c'est compréhensible). Quant aux sanitaires, on en est encore, à certains égards, à un stade assez rudimentaire, mais dans ce contexte,on l'accepte volontiers et il serait malvenu de se plaindre. Environ 9000 entrées ont été enregistrées. Le PSOA est donc un festival (essentiellement death, thrash et grindcore) à taille humaine, l’ambiance y est pacifique et bon enfant,même si deux chars ornent les deux côtés de la scène où figure la phrase: »Here is Hell ». (Char d'assaut = Panzer).     


Venons-en maintenant -et enfin!- aux 30 groupes qui ont animé ces trois après-midis et soirées.Chacun d'eux avait droit à un créneau strict de 45 minutes,sauf les trois têtes d'affiche qui,elles, bénéficiaient d'une heure entière et d'un rappel (Zugabe !) ,à savoir WATAIN le jeudi,AUTOPSY le vendredi et CANNIBAL CORPSE le samedi,en clôture du festival. On s'attardera sans excès,dans les lignes qui suivent,sur les groupes qui ont retenu notre attention et on se limitera à mentionner ceux que nous n'avons pas pu voir sur scène pour diverses raisons, dont – et c'est dommage- le seul groupe français programmé,à savoir MERRIMACK. Enfin,mais est-ce significatif?- de plus en plus de formations mettent l'accent sur la mise en scène et le visuel,avec grandes flammes rouges au devant de la scène,mini-feux d'artifice,décors sophistiqués etc. Les groupes veulent-ils mettre en valeur « l'effet purificateur et cathartique » du feu? Quoi qu'il en soit,nous le verrons,la programmation est de grande qualité,de haut niveau,variée et équilibrée,tout en restant dans le registre brutal et extrême,voire martial. Abordons maintenant les groupes en question, 6 le jeudi,12 le vendredi et 12 le samedi.


C'est le groupe allemand,rien de plus logique, KETZER (en français:hérétique),qui a l'honneur d'ouvrir le 16ème PARTY SAN. Il s'agit d'un combo de thrash / black metal assez classique, originaire de Cologne, encore peu connu en France.On estime que les cinq membres de son line-up ne manquent pas de talent. A 20 heures précises, ce sont les Français de MERRIMACK qui prennent le relais. Les cinq musiciens grimés et affublés d'un pseudo évocateur pratiquent un black metal « cru et malsain », m'a-t-on dit. Qu'ils se fassent donc mieux connaître dans les régions françaises ! Changeons maintenant de style avec les Texans de Dallas DEVOURMENT, qui jouent, eux, un excellent death-grindcore,ils ne sont que quatre,mais quelle efficacité! Et le public -et enfin, j'en fais partie-! ne s'y trompe pas. La nuit est maintenant tombée, les gens commencent à crier, mais on ne bouge pas beaucoup,trop de boue...A la fin de leur set, ils seront chaleureusement applaudis. DEVOURMENT est en tournée en Europe et aux USA, pour près de quatre mois. On les voit souvent en compagnie de CANNIBAL CORPSE. Puis c'est  MONSTROSITY, un groupe de death de Floride dont la réputation n'est plus à faire, qui se présente sur cette grande scène inondée de lumières. Leur chanteur arpente les planches, invite par des gestes répétés le public à « bouger » un peu plus.En vain.Ses collègues guitaristes et bassiste observent une attitude plutôt réservée, peut-être trop statique, qui contraste avec le dynamisme du chanteur. Mais c'est un death lourd et gras que nous dispensent les cinq musiciens, qui rappelle par moment MALEVOLENT CREATION. Bref,une sacrée prestation ! MONSTROSITY a plus de 20 ans d'expérience,ils ont sorti une dizaine d'albums, et n'oublions pas que George Fisher, actuel chanteur de CANNIBAL CORPSE, a officié chez eux à une autre époque.


A 23 heures, ce sont les Néerlandais de THE DEVIL'S BLOOD qui vont se lancer dans une prestation un peu inattendue, en tout cas originale.Il est difficile de dénombrer les musiciens qui s'affairent aux quatre coins de la scène. Ils sont au moins neuf, dont trois ou quatre choristes, qui eux, sont figés comme des statues. Des voix agréables, un rythme et des sonorités inhabituelles, mais beaucoup d'énergie, ni death, ni thrash....un genre assez unique. C'est tout simplement du « rock psychedelic ». Au Hellfest 2010, les Hollandais ne m'avaient pas laissé un souvenir impérissable et j'avoue que je n'avais pas approfondi le sujet. Mais ici ce soir, à Bad Berka, ils ont obtenu le succès dû à leur indéniable talent. On reparlera de THE DEVIL'S BLOOD, n'en doutons pas.
Aprés une longue, trop longue, attente qui s'explique par la préparation du décor et des accessoires pour le groupe suivant, nous voyons enfin débarquer les cinq Suédois du groupe de black metal WATAIN, ils sont acclamés, mais restent stoïques un instant avant de déclencher les hostilités. C'est le mot. Comme chacun sait, ils sont hostiles à certaines valeurs...Souvenons-nous de la polémique qui a précédé le Hellfest 2010. Des satanistes, des mécréants...un danger pour notre société. Au milieu de  grandes flammes, de croix renversées en train de brûler lentement, six cierges allumés, les Forces du Mal se déchaînent, c'est une véritable déclaration de guerre. Leurs armes, c'est d'abord la voix d'outre-tombe, lugubre et presque terrifiante du chanteur, c'est la musique envoûtante que nous envoient ses quatre collègues. Quel aplomb! Quel talent! Nous sommes déjà vendredi 13,lance le frontman. Nous avons assisté à un énorme set de plus d'une heure,qui a laissé le public subjugué. Ce groupe fondé en 1998, issu de DISSECTION, que nous avons vu à Clisson en juin 2010,sera en France à l'automne,notamment à Lyon le 3 octobre prochain.











Le deuxième jour, les concerts commencent à 13 heures. La formation hollandaise de black metal ONHEIL, crée en 1999 et comprenant cinq membres, est chargée de donner le signal du départ. Je n'ai pas été en mesure d'assister à son set. En revanche,j'ai eu la chance d'assister au numéro sérieux et théâtral à la fois d'un groupe germanique jeune, original et talentueux, le bien nommé MILKING THE GOATMACHINE. Ces quatre musiciens de death / grind portant des masques de chèvre ne bêlent pas, ils procèdent d'une manière ludique et nous gratifient de beaux morceaux, lourds, puissants, variés. MILKING THE GOATMACHINE fut constitué en 2008 et il a publié en 2009 un album intitulé « Back From The Goats », chroniqué en novembre 2009 sur Pavillon 666 Pendant le set,le chanteur cite SEPULTURA et Max Cavalera, mais ceci n'est sans doute qu'anecdotique. Le jeune public agglutiné contre les barrières saute ...comme des cabris. Une pause et c'est reparti pour quelques minutes seulement, la foule réclame un rappel, il n'y en aura pas. Les fans de « Chèvres » se seront donc contentés de patauger dans la boue, de crier et d'applaudir ce jeune combo plein d'avenir,en tout cas on le leur souhaite.


A 15 heures, il se remet à pleuvoir alors que de très nombreux adeptes de LIVIDITY attendent l'apparition sur scène de cet excellent groupe de death brutal / grind venant des Etats-Unis. Fondé en 1993, le groupe LIVIDITY a parcouru de nombreux pays, progressant toujours et se constituant un public fidèle, car leur musique – qui étrangement, par moment, rappelle un peu BOLT THROWER – plaît, elle est dans l'air du temps: efficace, brutale, excitante, au point qu'un début de pogo a semblé se déclencher....avant de s'enliser. LIVIDITY est le type de groupe (4 musiciens) qu'on aimerait voir en concert dans nos villes. Les fans de thrash classique seront contents d'applaudir les quatre membres de la formation grecque, plus précisément d'Athènes, SUICIDAL ANGELS, qu'on a pu voir récemment dans la région Rhône-Alpes, au Savoie Rock Fest en particulier,et au Hellfest édition 2010. Ils jouent honorablement, ont le sens de la communication avec leur public, mais ils gagneraient à varier et enrichir leur registre. Ils en ont sûrement les moyens, car techniquement, leur travail est « carré ». D'ailleurs,devant la scène du Party San, avant que les thrasheurs grecs aient terminé leur dernier morceau, on parle déjà avec impatience de ce qui va suivre... Et ce qui va suivre, pour 45 minutes seulement, ce sont les Américains du groupe ORIGIN. Les cinq spécialistes du death metal technique, tendance grindcore – c'est,paraît-il, l'expression la plus appropriée pour définir leur orientation musicale – se tailleront un franc succès sur la scène du PSOA, notamment avec « Antithesis ». Ce combo US, mythique pour certains, simplement très bon pour d'autres,fondé en 1997,s'est fait rare en Europe ces dernières années. Les Lyonnais avaient pu s'étonner de leur présence il y a dix-huit mois dans une petite salle du 9ème arrondissement. Mais il faut se rendre à l'évidence, ORIGIN joue dans « la cour des grands ». Et leur présence au Party San était pleinement justifiée. De même que les applaudissements nourris qui ont conclu leur prestation, en particulier celle du jeune chanteur qui ponctue ses phrases du mot « fucking ».ORIGIN écrase tout sur son passage...      


Les black-métalleux suédois de OFERMOD, groupe de quatre musiciens, fondé en 1996, vont jouer un peu plus d'une demi-heure une musique sombre et angoissante, devant un public plus restreint et moins passionné. Les gens vont s'abriter sous le chapiteau du bar ou ils vont se restaurer.Il est en effet bientôt 19 heures...et il tombe une fine pluie froide. Encore une formation suédoise, DEMONICAL, pour poursuivre cette soirée placée sous le signe du death ou du black metal. Nos quatre Scandinaves pratiquent un « death metal darkness » depuis la fondation de leur groupe,en 2006. Ils en sont à leur troisième album, toujours connoté extrême. Du reste, ils ont participé en 2008 au festival de Trutnov en République Tchèque. Le chanteur utilise sa voix rauque pour ajouter une pointe d'originalité à l'ensemble. Le groupe semble solide et à en juger par les applaudissements et les mouvements de foule, il bénéficie d'un préjugé favorable. Les gens qui s'intéressent au death / thrash scandinave connaissent bien entendu le groupe qui va se produire de 20 heures à 20 heures 45, à savoir les Suédois de THE CROWN. Ils ont plus de 20 ans (début en 1990) et après une interruption en 2004, ils reprennent leurs activités en 2009. Ils ont à leur actif une discographie déjà bien fournie. Le hasard a voulu que je ne puisse pas voir leur prestation de ce soir.


ASPHYX, le groupe néerlandais de death / deathdoom,s'inscrit sur la liste des grands ou même des très grands dans sa catégorie.Après un parcours mouvementé,des hauts et des bas, plusieurs changements de line-up, ASPHYX qui s'est arrêté en 2000 est en quelque sorte « ressuscité » en 2007, grâce, entre autres au chanteur Martin van Drunen. Fondé en 1987, il connaît aujourd'hui, avec ses quatre musiciens un renouveau étonnant et vole de succès en succès. Comme ce soir, dans cette Allemagne mi-rurale, mi-urbaine, où le public ovationne avec un enthousiasme rare la prestation « énorme », comme on dit, des Bataves. Qualité technique, de la voix et des instruments, les jeux de scène, le contact avec le public, tous les ingrédients étaient là pour assurer le triomphe. Mention très bien et félicitations du jury ! On ne se lasse pas d' ASPHYX !


C'est au tour d'un autre grand du death d'investir maintenant la grande scène,les gens du Maryland (USA), oui,ceux qui n'ont pas pu se produire il y a deux mois au Hellfest de Clisson,j'ai nommé DYING FETUS. On sait qu'ils ont le vent en poupe en ce moment. Ceux qui aiment le metal brutal ou extrême, ou les deux, seront comblés. Le chant guttural de Gallagher, l'efficacité des mid-tempos, un batteur hors norme et d'autres paramètres feront que d'une part le public, conquis d'avance, d'autre part les trois musiciens de DYING auront été heureux en cette fin de deuxième journée du PSOA..On ne peut pas ne pas aimer DF si on aime le death metal, leur set n'était pas loin de la perfection. Signalons au passage qu'ils sortiront un nouvel opus en septembre. En attendant AUTOPSY, on aura droit à un nouveau groupe de black metal scandinave. Les Norvégiens de SARKE (attention, ne pas se tromper sur la voyelle finale) sont un groupe jeune formé en 2008 dont la discographie est encore modeste mais dont le chanteur, Nocturno Culto, est peut-être plus connu que le groupe lui-même. Il faisait en effet partie des line-up respectifs de DARKTHRONE et de SATYRICON. La pluie en dissuadera plus d'un, les gens sont fatigués et trempés. SARKE, que j'ai suivi 20 minutes, délivre une musique intéressante. Avec le temps et l'expérience, ils se forgeront leur propre identité. En live, ils sont cinq musiciens, deux titulaires et trois membres de session.


Il va être minuit,on procède au changement de plateau. Sur le rideau, au fond de la scène, on lit simplement « AUTOPSY ». Un responsable du festival prend le micro et présente le groupe dans les deux langues, allemand et anglais, ne cachant pas sa joie et sa fierté d'avoir réussi à réunir ce groupe ici, ce soir, à Bad Berka. Un exploit!? Les pères fondateurs – plusieurs revendiquent cet honneur- du death metal sont devant nous, près de nous. Chris Reifert (ex-DEATH), batteur et chanteur d'AUTOPSY nouveau, salue le public avec chaleur et simplicité, il annoncera en quelques mots chacune des chansons que les quatre musiciens interpréteront avec son thème propre. Un batteur-chanteur, c'est rare ! Le son est excellent, la joie et le plaisir de jouer se ressentent sans l'ombre d'un doute. Le public rassemblé (des centaines de personnes étaient revenues spécialement pour AUTOPSY, vidant ainsi le camping) écoute religieusement (!), avec bonheur et respect tous les morceaux joués. C'est cela l'événement. Finalement, Chris et ses compères nous régaleront de bon vieux death, old school ou pas, on s'en moque, c'est une formule, pendant plus d'une heure et demie, après plusieurs rappels. On s'en souviendra. AUTOPSY, c’est le talent, la sobriété, l'efficacité et la rigueur technique, sans oublier une vraie gentillesse à l'égard du public. C'est en 1987, en Californie, qu' AUTOPSY vit le jour. On dit qu'il fut un modèle pour CANNIBAL CORPSE. Leur parcours n'est pas un long fleuve tranquille, changements de line-up et arrêt en 1995, retrouvailles en 2009, publication de l'album « The Tomb Within ». Ils annoncent déjà « Macabre Eternal » pour 2011.


 


Nous sommes aujourd'hui le samedi 14 août. Il fait beau,étonnant,non? Le premier groupe du troisième jour s'appelle UNDER THAT SPELL. Il est composé de quatre musiciens originaires de Bielefeld, en Allemagne du Nord-ouest (Basse-Saxe), qui jouent du black metal depuis 2008 seulement, mais qui, grâce aux tournées et aux festivals, recueillent des critiques positives en se faisant connaître en Allemagne et en Europe Centrale. Le groupe qui commence son set à 14 heures vient, comme d'autres, de Suède. Il s'agit de TRIBULATION, le death metal et le death-thrash sont leur domaine de prédilection depuis 2001, année de la constitution de cette formation dont les textes parlent de...mort et d'horreur ! Comme c'est bizarre. Un groupe de Finlande,enfin! C'est le premier et son nom est assez connu, il s'agit de GHOST BRIGADE, fondé en 2005, composé de cinq musiciens, parmi eux, un claviériste de talent. GHOST BRIGADE pratique un genre peu répandu : le dark sludge, proche du doom metal. Ils ont joué le 18 juin dernier au Hellfest de Clisson. Leur prestation,sans être sublime, mérite l'intérêt, sinon le détour. Quand on connaît la région des lacs et des forêts dans la Finlande profonde,en particulier l'hiver, on comprend et on apprécie mieux la musique de GHOST BRIGADE.


DESASTER, les Allemands de Coblence, nr sont pas à sous-estimer. Ce groupe de BM thrash a vu le jour en 1988, s'inspirant d'une chanson de DESTRUCTION. Ils sont quatre sur scène, deux d'entre eux s'appellent Sataniac (chant) et Odin (basse). On apprend que leur guitariste n'a que 18 ans et on constate sa compétence et son talent. L'énergie et la puissance qui se dégagent du quatuor retiennent tout d'abord l'attention, avec des phases lentes, puis ultra-rapides, des riffs lourds, de jolies mélodies. Rien d'ennuyeux. Le public attentif lève les bras, s'agite un peu, mais toujours pas de pogo ou de circle pit. Nous sommes samedi, il y a davantage d'adolescents sur le site. Hier et avant-hier, ils étaient à l'école, car il faut savoir que la rentrée scolaire a déjà eu lieu dans le Land de Thuringe. Quoi qu'il en soit, nous assistons à un beau spectacle avec DESASTER, le soleil n'y est pas étranger. Dans leur impressionnante discographie, les gars de DESASTER traitent, et ce n'est pas une surprise, de la mort, la guerre et la souffrance, du satanisme. Ils passent dans leur pays pour une formation importante dans cette veine-là, les tournées les ont conduits sur plusieurs scènes étrangères. On les attend en France.


VARG porte un nom évocateur et parlant. En réalité,ce groupe germanique basé à Coburg, est de création relativement récente (2005). Ils se disent « nationalistes », leur groupe est un « viking metal band », leur musique est martiale, en d'autres termes, il s'agit de black metal un peu particulier. On a pu le constater lors de la tournée du Pagan Fest, au CCO de Villeurbanne par exemple. J'ignore si les cinq musiciens de VARG vouent un culte au loup, comme leur nom le laisse supposer. Leur devise « mächtig und frei » signifie « puissant et libre ». Eux aussi,à l'instar de WATAIN, ont choisi le thème du feu, avec flammes et bougies. Finalement,les avis sont partagés et les jugements mitigés sur une musique, pour être simple, « BM folk ». VARG a publié cette année un album intitulé « Blutaar ». La formation qui leur succède sur scène produit une musique pas très éloignée de celle de VARG.


Ce sont les Suédois de MANEGARM, groupe créé en 1995, qui est censé symboliser le renouveau du black metal scandinave. Ils sont six sur scène, dont un violoniste, qui nous gratifient de belles mélodies. Ambitieux et prolifiques, ils ne refusent pas les tournées, en Russie par exemple. Mais ce soir, au Party San, le public ne les a pas trouvés particulièrement brillants. Ce sentiment est dû, selon moi, à la succession de groupes dont les styles ou sous-styles sont tellement proches les uns des autres qu'on risque de les confondre. Il est 19 heures,nous allons changer complétement de registre. Le public allemand (90% des entrées) attend ses héros: NECROPHAGIST. A  19 heures, les as du death technique, opèrent un démarrage fulgurant sous les cris et les applaudissements de la foule, car foule il y a ."Cette fois, ça va bouger" ,entend-on. En effet,enfin on se cogne les uns contre les autres, le sol vibre au pied de la scène. Cela fait du bien de voir et d'entendre un tel spectacle. Des riffs énormes, une voix incomparable, un batteur connu et reconnu, le Français Romain Goulon (ex DISAVOWED), les conditions sont réunies pour faire de ces 45 minutes un événement, d'autant plus fort que le frontman de NECROPHAGIST excelle par ses solos impressionnants. Bien qu'originaires de Karlsruhe, excepté le batteur, les hommes de ce groupe pas tout jeune (formation en 1992) jouent ce soir à la maison. Le mot « geil » (super, génial, énorme...) fuse de toutes parts. On pense par moments à MORBID ANGEL et on est en droit de parier que, dans quelques années, ce groupe allemand de death technique comptera parmi les plus grands sur la scène internationale. Pour mémoire, rappelons-nous leur prestation sous la tente du Hellfest 2010.











 


Les Norvégiens de AURA NOIR, un groupe tricéphal de black / thrash metal, qui mélange en quelque sorte les influences de BATHORY et de SODOM, vont assurer la transition avant le passage sur scène des » grandes pointures » qui couronneront ce seizième Party San. AURA NOIR a fait ses preuves depuis sa création en 1993. Moins connu que IMMORTAL, MAYHEM ou SATYRICON, groupes auxquels ils font souvent référence, les musiciens d'AURA NOIR ont des qualités personnelles indéniables, la voix, les mélodies. Mais ce soir, placés entre NECROPHAGIST et NAPALM DEATH, ils n'ont pas donné toute leur mesure, pas montré toutes les facettes de leur talent. Quand on voit une partie du public s'en aller,on est certainement moins motivé.


Motivés, en revanche, seront les fans très nombreux de NAPALM DEATH. Inutile de présenter les quatre membres de cet illustre groupe anglais de death / grind dont ils sont l'emblême. Mark Greenway,T-shirt blanc et short noir, le charismatique chanteur, arpente la scène dans tous les sens, court, saute, bondit, n'hésite pas à aborder en quelques mots des sujets « brûlants » d'ordre politique, concernant plusieurs pays d'Europe, l'extrêmisme. Une partie du public lui répond en écho: "NS raus!" .Une petite pause, le temps d'avaler un peu d'eau, et la foule crie, acclame... NAPALM fait l'objet d'une véritable vénération, rarement égalée dans l'univers du metal et des musiques extrêmes. Le bassiste Shane Embury qui officie aussi chez les Mexicains de BRUJERIA et le batteur Danny Herrera, de même que le guitariste sont largement associés à l'ovation générale. Inutile de préciser que, dans la fosse et au-delà, on n'est pas resté immobile. NAPALM DEATH, dans sa première version, a vu le jour en 1982. A l'époque, Mark qui a rejoint le groupe plus tard, n'avait que 13 ans. Aujourd'hui,à 41 ans, qu'il le veuille ou non,il est un exemple pour de nombreux jeunes musiciens.


A 22 heures,les cinq musiciens du « plus grand groupe de brutal death metal » débarquent sur la scène. Ils s'appellent SUFFOCATION. Ils sont Américains et ici, en Allemagne comme ailleurs, on les aime. D'ailleurs, le chanteur, leader du groupe, ponctuent toutes phrases par « my friends ». On sent un homme chaleureux, humain, simple et sensible. Il est extraordinaire par ses vocaux, bas ou gutturaux. Les riffs rapides du guitariste Guy Marchais et la batterie excellemment maîtrisée par Mike Smith, font de toute cette construction musicale (parfois limite grind) un chef d'oeuvre. Et le public ne s'y trompe pas, qui s'en donne à coeur joie dans un pogo général. Oubliées la boue et la pluie! Quelle soirée en apothéose...et ce n'est pas fini. Rappelons (pour ceux qui l'ignoreraient encore) que SUFFOCATION a été fondé en 1989-90 à New-York.


Dans l'avant-dernier groupe qui va se présenter, à savoir LOCK UP (Suède et G.B.), on retrouve le bassiste de NAPALM. On a affaire à une formation de death grind, crée en 1998, dans la même veine que NAPALM DEATH, mais avec cinq musiciens. A l'image de Mark Greenway, le chanteur, Tomas Lindberg, arpente la scène, comme s'il l'imitait. Ne boudons pas notre plaisir, LOCK UP n'est pas mauvais du tout. D'ailleurs un très grand musicien connu a été leur premier chanteur, Peter Tägtgren, tout simplement!


Minuit, nous sommes déjà le 15 août. Le 30 ème groupe, tête d'affiche suprême pour les organisateurs du PSOA 2010, va entrer en scène sous les applaudissements et les hurlements d'un public surexcité. CANNIBAL CORPSE, en chair et en os, ici et maintenant! Certes, tout le monde connaît cette formation mythique originaire de Floride, plusieurs fois présente à Wacken, mais ici, peut-être est-ce la première fois que des jeunes métalleux de 20 ans, nés après la Chute du Mur, verront leurs idoles et réaliseront ainsi un rêve. Il convient de rappeler d'emblée que les génies -ou les pionniers- du brutal death metal (mais pas du grindcore) n'ont pas toujours été en odeur de sainteté en Allemagne. On leur reprochait leurs titres et leurs textes provocateurs et écoeurants (sic). Des pochettes de CD ont été refusées. L'Allemagne de 2010 ne porte pas atteinte aux libertés publiques et chacun peut voir et écouter ce qui lui plaît, en l'occurence ce soir, donc, George Fisher et son growl guttural agressif. Ambiance glauque, dans un sens positif, headbanging et pogo sont de rigueur. Les gens sont heureux sous les étoiles. Et le quintette américain, né en 1988, après plusieurs changements de line-up a trouvé son rythme, ne cache plus son plaisir et sa joie de jouer, fait fi des critiques des « spécialistes » du metal pour qui tout est « nul ». Pour clore le Festival du Party San Open Air 2010, nos amis de Floride ont joué bien au-delà du temps qui leur était imparti, et c'est tant mieux....










 


En guise de conclusion,je dirai que ce festival a été un succès au plan artistique et musical et un demi-succès en ce qui concerne l'organisation. En aucun cas il ne s'agit là d'un jugement de valeur. Jusqu'en 1990, un tel festival était inconcevable dans la partie orientale de l'Allemagne où on détestait tout ce qui venait de l'ouest, notamment des Etats-Unis. Connaître le passé permet de mieux comprendre le présent, c'est une évidence. Il y avait très peu de Français à Bad Berka. Pour ma part et il ne s'agit bien entendu que de goûts personnels, je retiendrai cinq groupes dans le peloton de tête: AUTOPSY, SUFFOCATION, NAPALM DEATH, NECROPHAGIST et ASPHYX. S'il en fallait huit, je rajouterais DYING FETUS , ORIGIN et WATAIN. Et finalement, la météo ne restera qu'un élément secondaire.


Vive le PSOA 2011 !



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