CHRONIQUES DE CONCERTS

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BLACK ARTS CEREMONY - RILLEUX
Avec : CARACH ANGREN, NOCTEM, EMBRYONIC CELLS, THE OATH, ART OF NECROMANCY , FEATHER COMPLAINT
Date du concert : 27-11-2010
Lieu : MJC Ô TOTEM - [ 69 ]
Affluence : 102
Contact organisateur : http://www.myspace.com/wintermoonproductions
Interview :
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Date de la chronique : 28 novembre 2010 - Chroniqueur : Black.Roger - Photographe : Black.Roger


Le Black Arts Ceremony, c’est une nouveauté dans la région de Lyon, c’est un essai de festival pour tous les fans de black-métal et aussi bien sûr les autres métalleux extrêmes de tous poils. Bien sur, les organisateurs ne sont autres que l’équipe de Wintermoon productions, association de Lyon qui s’est décidée depuis quelque temps à (bien) organiser des concerts sulfureux dans nos contrées Lyonnaises. Ce soir une affiche bien copieuse de six formations venant de France et de l’étranger avec notamment les Hollandais de CARACH ANGREN, devrait satisfaire un public motivé qui aurait pu être plus nombreux certes, mais qui va se montrer très présent pendant plus de six heures de concert dans cette belle et grande salle du TÔTEM à Rilleux-la-Pape, banlieue de LYON.


 


Il n’est pas loin de 18 heures lorsque la jeune formation locale FEATHER COMPLAINT se présente devant nous et lâche le son. Avec fougue et énergie le quatuor Lyonnais a le mérite d’ouvrir ce festival avec des compositions qui lui sont propres, bon point pour eux. Bien sûr, il y a encore du travail à effectuer pour que tout soit carré et que chaque musicien trouve ses marques sur scène, mais le potentiel est là et même si le frontman part un peu dans tous les sens, sa voix grave, sèche et nerveuse dirige la formation vers un black-métal assez original. Alors, on encourage ce groupe sympathique qui nous a permis de rentrer dans le vif du sujet pour la soirée.





 


Derrière le rideau noir de scène on s’affaire en cachette car tout doit être prêt pour le show d’ART OF NECROMANCY. Place maintenant au petit théâtre des horreurs avec l’entrée sur scène des musiciens encapuchonnés qui vont progressivement nous dévoiler leurs secrets musicaux avec tout un art spectaculaire où le black-métal prend une dimension visuelle de bon aloi. Flexor, Larsen, Nostradamus, Xahaal et Valefor, semblent ce soir très motivés pour effectuer un set remarquable avec tous les ingrédients sombres et occultes mixés avec un second degré sous-jacent bien élaboré. Les membres de cette horde noire occupent l’espace de façon très professionnelle, le son est bon, les ennuis techniques insignifiants, les compositions sont bien rodées, l’envoi est massif. Le maitre mot pour leur démarche est créativité cela est certain. Tout est bien progressivement mis en valeur au fur et à mesure que le groupe se solidifie et avance à grands pas sur le chemin torturé et tortureux d’un univers décalé où le black-métal leur sert de carte de visite. Les connaisseurs jubilent en reconnaissant les titres « phares » que sont « Phacochere In The North » et « le Roi Fourchette », les autres, ceux qui découvrent semblent interloqués devant cette prestation peu commune dans le style. ART OF NECROMANCY a donc donné ce soir ce qu’il avait de meilleur, de pus noir, de plus sauvage, mais une sauvagerie dérisoire qui rit de tout pour mieux nous interpeller. Au final, est-ce que ce concert fut bon ? Oui, cent fois oui, le meilleur à ce jour, le plus evil, le plus frappant, le plus convaincant tout simplement que ce soit musicalement ou visuellement.









 


Tiens, voici maintenant THE OATH que nous retrouvons après les avoir vu hier au soir en ouverture de DAGOBA au CCO de Villeurbanne. Changement de public donc pour eux, mais changement aussi de prestation. Ce soir le quintette démarre vite fort et bien, une certaine énergie eu certain punch se fait jour dès les premiers morceaux ça promet ! Pas de quartier donc avec « End Of The Line », « The Unborn » et un « Watch Me Bleed » puissant et corrosif où la voix arrachée du frontman est portée par les riffs incisifs des guitares et surnage dans les vagues de claviers  qui maintiennent une ambiance particulière et féroce.  Le dernier opus des Lyonnais « Self -Destructed » marque un retour remarquable et remarqué dans la scène black/death Française et là, tout de suite, THE OATH enfonce le clou avec en live « Impossible Cure » et « I Am Nothing ». Alors le public se pose inévitablement, devant al complexité de la musique, des questions, est-ce du black, est-ce du death, est-ce du thrash ? Un peu tout ça à la fois car le genre développé ici est particulier et original. Ce qui est sûr et certain, c’est que le groupe a marqué de façon indélébile à Rilleux son empreinte dans les neurones de l’assistance, c’est évident à entendre les commentaires dans le public.






 


Cranes, tentures déchirées, c’est le décorum installé sur les planches pour EMBRYONIC CELLS. Les Troyens vont nous entrainer de force dans un monde malsain, froid et inquiétant à l’aide de claviers aux envois vicieux pour instaurer un climat orienté black-métal mais pas seulement. Le chanteur/guitariste nous propose plutôt un savant mélange de vocaux criard plus old-school, plus thrash, plus sale, comme VENOM nous en proposait il y a longtemps. Le rendu est glauque à souhait mais souvent rock n’ roll, black n’ roll, thrash n’ roll, si vous êtes amateurs d’étiquettes Les Champenois naviguent sur les mers noires de notre inconscient et le font de façon très efficace. La preuve, pour la première fois de la soirée, beaucoup vont s’éclater devant l’estrade, ce signe en général ne trompe pas, l’ambiance est là, palpable et spontanée. EMBRYONIC CELLS à marqué les esprits aujourd’hui au Tôtem et leur show laissera des traces c’est sûr.






 


Place maintenant aux Espagnols de NOCTEM qui ne sont pas venu là pour rigoler, ça c’est certain. Le visuel semble très important pour cette formation Ibère avec ce sang, ces tenues démoniaques, cette sauvagerie assassine. Mais leur black/death musicalement parlant est bien brutal et technique, le public est sous le choc et semble pétrifié devant ce spectacle guerrier dont vous ne sortirez pas indemnes on le devine. Leur album « Divinity » est bien  représentatif de leur démarche qui est sublimée en concert c’est le moins que l’on puisse dire. Fierté latine, hémoglobine, crane de mouton en décomposition, riffs démoniaques, frontman charismatique à la présence horrifique indubitable, rythmique hors du temps, tout concours à fournir une prestation haute en couleurs. Encore un show de qualité ce soir qui bouscule nos cerveaux englués dans la monotonie du quotidien. Le set fut excellent, c’est sans appel, bonne découverte pour ma part.








 


Il est temps maintenant de retourner au théâtre de soir avec bien sûr le groupe de black qui monte actuellement, celui des Hollandais de CARACH ANGREN qui débarquent de leur vaisseau fantôme telle la mort. Le quatuor batave navigue lui, dans les eaux troubles d’un black métal symphonique certes, mais aux envolées techniques rapides ravageuses et déstabilisantes. Le frontman vit ses textes en nous envoyant des riffs saturés pour mieux faire plonger ses textes avec des claviers omniprésents. Un certain côté théâtral donc, qui apporte une touche personnelle à ce black symphonique où les vocaux haineux succèdent aux déclamations originales un couteau à la main par exemple. Spectacle curieux donc où brutalité consciente et énergie mélodique accentuent leur démarche qui passe bien en live. Les détracteurs auront vite fait de classer CARACH ANGREN dans une case de sous-DIMMU BORGIR peut-être. Mais pour ma part je sens une formation qui est en train de découvrir un chemin parallèle où il avance de concert en concert et ce soir les Hollandais nous ont prouvé encore une fois qu’ils étaient sur la bonne route.







 


 


Qu’allons-nous dire en guise de conclusion ? Tout d’abord que les absents ont eu tort encore une fois, que le choix des groupes était judicieux, que la soirée fut bien organisée et que nous attendons maintenant une suite à ce premier essai de Black Arts Ceremony qui est en soi déjà une réussite. Avec un peu plus de monde cela aurait été parfait, mais là, c’est une autre histoire…



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