CHRONIQUES DE CONCERTS

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UNLEASH THE HOSTILE TOUR - BOR
Avec : BENIGHTED, KRONOS, GOROD, MUTILATE THE STILLBORN
Date du concert : 12-04-2011
Lieu : Le Complexe - [ 33 ]
Affluence : NC
Contact organisateur :
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 21 avril 2011 - Chroniqueur : Bodomania - Photographe : Bodomania


Il y a des mardis comme ça, où l’on se dit qu’il fait bon vivre à Bordeaux... En ce 12 avril, c'est exactement la pensée du jour. Enfin du soir, car il est déjà 20h... Après 1/2 heure d'errance épique guidée par les indications contradictoires faites par quelques inconnus, je me retrouve enfin devant l’entrée du "Complexe". Heureusement, le retard a du bon parfois, les balances ne sont pas encore terminées et les bordelais s'amassent déjà devant la salle. Nous patienterons encore un peu avant de pouvoir pénétrer dans ce qui sera pour un soir, l'antre du Brutal Death. "Hypnotique Production" n'étant pas présent physiquement, les aléas du live seront donc laissés à la charge des groupes présents. Et en parlant d'aide précieuse, celle du premier groupe de la soirée ne sera fera pas attendre... Après un tatoo au marqueur (qui tient bien, qui tient bien) réalisé par ces derniers, le pass à même la peau, la secte commence à se former entre les murs de l'ancien CAT. Il est 21h, l'heure d'accueillir la première formation, les dénommés MUTILATE THE STILLBORN.


 


Hormis quelques concerts locaux et un premier E.P intitulé "Always Against The Odds", sorti cette année même, peu d'informations circulent sur ce jeune groupe qui restera donc une découverte pour beaucoup. Il n'est jamais évident d'ouvrir pour des groupes aussi expérimentés, en particulier lorsque le public n'est pas des plus réceptif (à ce stade) et que des soucis techniques viennent entraver le set. Mais le combo a le souci de bien faire et donnera, malgré tout, son maximum... Après une entrée sur le thème de 'Flash' (et oui, la liberté, c'est ça!), le quintette nous assène un coup de Death bien lourd, à la fois core, mélodique et thrashisant. Puisant dans diverses influences, leur registre est loin d'être inintéressant et même si on ne ressent pas encore une totale maîtrise, on peut noter qu'un changement de line-up a eu lieu récemment, ceci peut sûrement expliquer cela. Le son auquel nous aurons droit durant les 3/4 de la soirée, ne permet pas non plus d'apprécier, d'"écouter" leur musique à sa juste valeur. Mais le show est lancé... Quelques descentes dans la fosse afin de (bousculer) le public, un micro qui ne fonctionne plus mais qui ne fera pas perdre ses moyens au chanteur pour autant. Fab’ comble les temps morts et fait le spectacle, de façon peut-être un peu excessive ou maladroite parfois, certes, mais le public n'étant pas vraiment démonstratif ce soir, et le show étant bien rodé pour la suite, cette prestation dynamique menée par les notes de Denis et Arnaud, la basse sauteuse d’Arthur, ou encore la spontanéité de Fab’ justement, ne feront pas de mal. Le groupe n'en est qu'à ses débuts, je ne serais donc pas catégorique. Le contrôle, la mesure viendra avec le temps et l'expérience, un groupe à suivre et à (re)découvrir. En attendant, la température a augmenté, quelques têtes ont bien remué. Il est 21h30. L'heure de boire un verre.


 



 


Mais la pression est en panne! Heureusement, le bar a prévu le coup. Du jus de pomme nous attend au frais, ce qui conviendra également aux plus jeunes, ici présents...parce qu'il n'y a pas d'âge pour écouter du Death Metal.


 


Une demi-heure plus tard, le second groupe de la région prend place, et pas des moindres puisqu'il s'agit des très attendus GOROD. Depuis 1997, on peut dire que les fous furieux du Techno-Death n'ont pas chômé, enchaînant les tournées et les sorties avec succès, les anciens GORGASM ont réussi à se faire un nom et pas seulement dans l'hexagone, puisque ces derniers ont déjà foulé les planches à l’étranger. Une ouverture pour le Hellfest et quelques changements, dont la venue de Samuel Santiago derrière les fûts en 2008, et plus récemment, Julien Deyres au chant, ex-ZUBROWSKA, ainsi que Nicolas Alberny, officiant dans ARCANIA. Et pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’assister au jeu de ce nouveau line-up, je peux vous dire qu’il est tout aussi solide. Leur dernier album en date "Process of a New Decline" sera bien représenté ce soir, cependant, quelques titres issus de leurs précédentes sorties viendront également se greffer, voir débuter le set... Les hostilités commencent avec "Earth Pus", seul composé "Neurotripsicks" qui arbore immédiatement une brutalité sans concession. Il sera très vite rejoint par un doublé dévastateur made in "Leading Vision", durant lequel on assistera à quelques jolis tapping signés Barby, qui ne tient pas en place et prend toujours autant de plaisir à distribuer ses plans acérés et groovy, parfaitement millimétrés. Le plaisir est d'ailleurs autant visible sur scène que dans la salle, qui se chauffe peu à peu, voir même très rapidement. GOROD est à la maison et une bonne surprise nous attend. L'ancien chanteur de la formation, Guillaume, monte partager la scène avec son successeur, afin d'offrir quelques minutes de poésie auditive à l'ensemble. Inutile de vous dire que l'accueil réservé à cette ode à la délicatesse, réunissant les deux frontman, sera des plus chaleureux. Le set continue et nous promet encore un flot de notes mélodiques, agressives et techniques, menées avec une facilité déconcertante par Matthieu et Nicolas, un duo guitaristique redoutable. Mais Nutz n'est pas en reste, en communiquant avec le public et en assurant ses parties avec énergie et puissance, la pression ne retombe pas. Il nous reste à parler de Sam, et là encore, le cogneur manie les changements de rythme avec une grande dextérité. Passant d'un morceau plus progressif et mélodique,"The Path", introduit par une belle instrumentale, à une piste plus sauvage et rentre-dedans, tel "Here Die Your Gods", le groupe nous achèvera à coup de monstrueuses pistes, provenant du troisième opus. Un "Disavow Your God" pour la route, et c'est fini. Déjà?! Que dire de plus? Un énorme set se termine, délivré par un groupe aussi carré que généreux, qui n'a pas encore fini de nous donner de bonnes grosses baffes. On tend bien la joue...


 





 


C'est qu'il commence à faire chaud à l’intérieur! Un petit tour dehors s'impose avant de retrouver la suite. Un soundcheck à rallonge, un peu de retard… Il est 23h et nous nous apprêtons enfin à retrouver les Vosgiens.


 


Avec plus de dix ans d'existence au compteur, les membres de KRONOS n'en sont pas non plus à leur coup d'essai, et possèdent déjà une certaine expérience de la scène, mais comme tout comme les autres groupes de la soirée, ils ont également dû faire face à un changement de line-up il y a peu (décidemment!). Remplaçant Kristof au chant, nous retrouverons donc Chris Lewis qui fait ses débuts au sein du combo, ses premières interventions live datant de ce mois-ci... C'est donc le moment parfait pour voir ce que donne la bête! Car mine de rien, l'écossais en impose. Mais commençons plutôt par le commencement… Une vague de brutal death suffocante emplit la salle après l'introduction conquérante de "Mashkhith". Une entrée massive qui sera malheureusement gâchée par le son, celui-ci nous ferait presque exploser les tympans, ce qui rajouterait un côté gore assez sympathique, nous sommes bien d'accord. Mais il reste avant tout très brouillon. Alors, on peine à distinguer la subtilité du jeu de Grams et Richard, pourtant évidente, seule l'agressivité et l'invasion rythmique guidée par Mike arrivent à se frayer un chemin jusqu'à nous. Les titres ont donc moins d'impact, pourtant la diversité est bien au rendez-vous. Puisant dans leur discographie, l'excellent "Eternal Mindtrap" et ses rythmiques thrashy nous ramène à leur autoproduction "Titan's Awakening", tandis que "Colossal Titan Strife" se verra représenter par plusieurs titres, qui portent toujours aussi bien leur noms, tels le morceau éponyme ou "Monumental Carnage", qui participeront largement à la fournaise qui commence à envahir la salle. Mais ce n'est pas la chaleur qui va empêcher les premiers rangs de bouger, et même certains d’entre eux de monter sur scène. En revanche, même si l'accueil est plutôt bon devant, on ne peut pas dire que le reste du public soit agité. Non, tout se passe dans le Taper-du-pied/Headbanging-intériorisé, ou encore dans la transmission de pensée "J'aime beaucoup ce que vous faites, même si je ne le montre pas. Mais je compte bien applaudir à la fin de chaque titre". Bref, d'une manière générale, c'est plutôt calme ce soir, comme si des gradins invisibles avaient investi " Le Complexe". Mais nous sommes mardi, le retard, du bon gros brutal/death dans la face, tout ça.... En revanche, du côté de la scène, les musiciens donnent de leur personne, que ce soit à nouveau derrière les guitares, ou la basse de Tom, qui occupe la scène entre deux backing vocals. Le nouveau venu remplit tout aussi bien son rôle, et même si l'ensemble est un peu statique, le charisme et la maîtrise prennent le dessus. Musicalement parlant, nous aurons encore droit à plusieurs passages de rouleau compresseur avant la fin, "Ouranian Cyclops" et "Bringers of Disorder", entre autres. Ce n'est donc pas leur dernier opus, "The Hellenic Terror", qui va reposer l'assistance... La fin est proche et sanguinolente, "Bloodtower" vient donner le coup de grâce à une heure de démence auditive qui est sans aucun doute à renouveler, dans de meilleures conditions. Les applaudissements qui suivent démontrent en tout cas que le groupe à réussit à dépasser le mur du son, ajoutant au passage, quelques dizaines de degrés Celsius... La déshydratation est imminente!


 





 


Pour beaucoup, ce sera donc le moment d’aller faire tour au bar, ou au petit merchandising disposé juste en face, mais certains quittent la salle et pas seulement pour se rafraichir, il est tard, c'est le début de la semaine et les derniers trams ne se font pas attendre... Nous perdons donc quelques spectateurs avant la fin de la soirée, surement assez déçus de ne pas pouvoir assister à cette ultime débaucherie métallique. En effet, c'est bien dommage, car la suite sera à la hauteur, la tête d'affiche va effectivement tenir toutes ses promesses.


 


Le Brutal Death/Grincore distillé par BENIGHTED va bientôt résonner, mais une petite présentation s'impose tout d'abord. BENIGHTED, c'est quoi? Des débuts Black/Death suivie d’une orientation plus brutale. C'est également six albums psychotiques, foutrement efficaces. Une signature chez "Season Of Mist" l'an dernier pour la sortie du très familial "Asylum Cave"… Mais c'est surtout une sincérité qui transpire sur scène et une grosse dose d'énergie communicative amenée, en premier lieu, par le vocaliste et chauffeur de salle aux pieds nus, Julien Truchan. Il est minuit, nous allons donc débuter ce mercredi en écoutant les Stéphanois, plutôt sympa quand on y pense... Une introduction clinique retentit... nous y sommes. Renforcé par les changements de tempo schizophrénique habilement imposés par Kévin, les rythmiques malsaines et autres mélodies maladives nous parviennent déjà. Leur dernier album sera donc responsable du tout premier épisode épileptique, car le-titre-à-rallonge-qui-fait-tomber-les-dents s'en suit. "Let The Blood Spill Between My Broken Teeth" ne laissera personne indemne, c'est certain. Mais le frontman en profite pour remercier les rescapés de la soirée, d'être restés malgré l'heure tardive. Ces derniers ne regrettent surement pas leur choix, au vu de l'ambiance qui règne dans la salle... Et en parlant de rescapés, "Collapse" et la jolie berceuse très entêtante nommée "Foetus", seront respectivement les seuls d"Identisick" (2005) et d'"Insane Cephalic Production", sortie en 2003. Une occasion de plus pour maltraiter leur instrument et faire un appel au côté primaire et dérangé présent en chacun de nous. C'est le moment de libérer tout ça! La boucherie continue avec des compositions extraites d’"Icon". "Saw It All", "Forsaken" et même le délicat "Slut" continuent de nous faire pousser les cheveux à l'intérieur. L'atmosphère est moite, le combo donne tout et les déplacements se multiplient, on se retrouve bientôt avec 1,2,3...7 headbangers qui remuent sur scène. Et comme à l'image de cette soirée, la maîtrise est encore là, Candy et Liem nous servent chacun à leur sauce, d'excellentes lignes guitaristiques, le grand Eric nous assène avec tout autant de dynamisme ses mélopées, et Julien alterne avec perfection ses douces parties vocales. Rajoutez à cela, un son enfin bien réglé, et vous obtiendrez un set puissant et sans faille, qui se conclue par le très barbare "Asylum Cave". Mais la soirée ne peut s'achever aussi vite, il n'est pas tout à fait 1h du mat'! Vous reprendrez bien une petite pilule avant de partir? Le meilleur remède est un bon petit wall of death en rappel, agrémenté d’un guitariste qui descend de scène pour aller jouer au fond de la salle, en échangeant quelques mots au merchandising. Voilà ce qu'on appelle un final réussi, en toute décontraction. Et si vous y ajouter "Swallow", alors, on peut s'attendre à récupérer un public sonné mais motivé jusqu'au bout. Le plaisir se lit et on ne peut que remercier les responsables de ce dernier set, pour lesquels l’attente valait vraiment le coup…


 





 


La brutalité était là, le Death Metal de la mort aussi. Mais au delà de ce bon défouloir, parfaitement exécuté, ce qui ressort de cette superbe soirée, c'est surtout un grand professionnalisme et une énorme générosité de la part de tous les groupes. Un grand merci à «Hypnotique Production» pour cette affiche bien démente et bien évidemment… MERCI à BENIGHTED, KRONOS, GOROD et MUTILATE THE STILLBORN!!!


 


SET-LIST GOROD:


 


- Earth Pus


- Thirst For Power


- State of Secret


- Gilded Cage


- The Path


- Here Die Your Gods


- Programmers of Decline


- Almighty's Murderer


- Disavow Your God


 


SET-LIST KRONOS:


 


- Mashkhith


- Opplomak


- Colossal Titan Strife


- Eternal Mindtrap


- Ouranian Cyclops


- Outrance


- Bringers of Disorder


- Phaeton


- Monumental Carnage


- Submission


- Bloodtower


 


SET-LIST BENIGHTED:


 


- Intro + Prey


- Let The Blood Spill Between My Broken Teeth


- Collapse


- Lethal Merycism


- Saw It All


- Forsaken


- Fritzl


- Slut


- Foetus


- Asylum Cave


 


- Grind Wit


- Swallow


 



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