CHRONIQUES DE CONCERTS

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AMON AMARTH - PARIS
Avec : AMON AMARTH, THE BLACK DAHLIA MURDER, EVOCATION
Date du concert : 22-05-2011
Lieu : Bataclan - [ 75 ]
Affluence : 1500
Contact organisateur : http://www.garanceproductions.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 13 juin 2011 - Chroniqueur : Hellbangeuse - Photographe : Hellbangeuse http://www.flickr.com/photos/hellbangeuse


Voilà une de ces belles soirées comme on les prévoit tout excité longtemps à l’avance pour ensuite ne plus tenir son impatience de pouvoir enfin en découdre le jour venu. Il faut le dire, la venue d’AMON AMARTH fait figure d’un véritable petit événement en soi qu’un Bataclan affichant complet quelques jours avant n’a fait que rendre encore plus savoureux. Ce dimanche soir, l’ambiance est donc au rendez-vous chez une foule patientant dans une chaleur qui en devient d’ailleurs presque pesante.


 


Pour libérer toutes ces hormones et toute cette testostérone, les suédois d’EVOCATION ont prévu le coup. Commençant leur set abruptement alors que peu s’y attendent, la surprise est au rendez-vous d’autant plus que le son du groupe est pour ainsi dire irréprochable. La fosse se montre immédiatement réceptive, les têtes s’agitent et chacun profite des réjouissances proposées à cette heure avancée. Alors bien sûr, EVOCATION n’est pas tout à fait nouveau venu dans le monde du Metal puisqu’avec déjà trois albums à son actif et une réputation bien tenace, le quintet ne débarque pas vraiment en terrain inconnu. Mais le plaisir est réel des deux côté de la scène, l’énergie que transmet le groupe ne laisse visiblement personne de marbre pendant que les morceaux s’enchaînent entre eux avec une étonnante fluidité, sans temps mort ni empressement aucun. Le Death Mélodique sur-vitaminé qui débouche nos oreilles est ainsi fort appréciable bien que loin d’être révolutionnaire (mais qui s’en préoccupe encore si le tout reste cohérent et persuasif ?). Bref, une bonne décharge électrique qui met proprement tout un Bataclan en condition.


 



 


Un changement de plateau plus tard et voici THE BLACK DAHLIA MURDER qui attaque son set avec énergie. La renommée de ces Américains n’est bien sûr plus à faire mais il se trouve que ce soir le public se sent peu d’affinités avec le Deathcore proposé. Pourtant, la machine BLACK DAHLIA envoie la sauce avec une conviction et une chaleur évidente mais difficile de convaincre une audience ne jurant que par le style nordique. La bataille est donc perdue d’avance pour le groupe alors que celui-ci donne son maximum, nous proposant une set-list de fou furieux élaborée à partir des titres les plus efficaces de la formation. Ainsi, « Statutory Ape » côtoie avec simplicité « Everything Went Black », « Miasma » ou encore « Funeral Thirst ». Pour les quelques fans tout de même présent dans la salle, c’est un vrai régal. Pour les autres, on préfère se moquer du jeu scénique quelque peu gesticulant de Trevor Strnad pour ensuite reconnaître à demi-mots que ce n’était pas si mal que cela. Il est vrai qu’AMON AMARTH aurait certainement pu emmener un groupe plus proche de son style en tournée européenne mais cela aurait été au risque de s’enfermer dans une démarche un peu sectaire. Quoi qu’il en soit THE BLACK DAHLIA MURDER aura néanmoins botté les fesses des plus ouverts et motivés.


 




 


Changement de décors, montée en flèche de la température, cris délirants dans la fosse : AMON AMARTH prend possession du Bataclan. Pour bien commencer et placer cette soirée sous le signe du dernier « Surtur Rising », c’est le magistral « War of The Gods » qui inaugure le spectacle. La voix de Johan Hegg raisonne comme celle d’un roi en son royaume ; puissante et charismatique, elle ne met pas longtemps pour enflammer la fosse. Le public bouge dans tous les sens et les cheveux tournoient allègrement, savourant cette déferlante musicale d’une qualité mémorable. Rien ne dépasse, tout est exécuté au millimètre près et l’on se retrouve donc devant un son d’une qualité studio emporté par l’émotion du live. Johan Hegg, en bon chef de guerre, sait manier ses troupes entre les morceaux grâce à une voix rocailleuse qui en impose autant que sa physionomie. Pour pousser le vice un peu plus loin, son rire démoniaque vient ponctuer de temps à autre ses sympathiques interventions ce qui a pour effet d’électriser automatiquement la fosse et relancer inlassablement les pogos. Mais malgré cela, on sent ce soir un certain automatisme dans la prestation d’AMON AMARTH, un léger manque de spontanéité qui tend à rendre certains instants presque plats ou prévisibles. Toutefois, la grande expérience des vikings suédois fais vite passer cette impression au second plan, notamment grâce à une set-list en béton qui en laisserait rêveur plus d’un (« With Odin on our Side », « Guardians of Asgaard », « Slaves of the Fear », « Twilight of the Thunder God » et bien d’autres encore…). Comme toujours le temps passe à une vitesse affolante et après presque une heure et demie de show parfaitement exécuté, il est déjà l’heure pour AMON AMARTH de se retirer et de reprendre la route pour satisfaire de nouvelles masses affamées de combats sanglants.


 





 


Une grosse et belle soirée organisée au millimètre près s’achève. Bien qu’AMON AMARTH aurait pu frapper encore plus fort, ce show intense et si bien interprété n’en reste pas moins savoureux et nous donne envie de revoir cette machine de guerre le plus vite possible.



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