chroniques de concerts
EPICA
Avec : Epica, Amaranthe, Charlotte Wessels
Date du concert : 03-02-2026
Lieu : Le Bikini - Toulouse [31]
Affluence :
Trois ans après leur dernier passage dans la Ville Rose, les maîtres du metal symphonique néerlandais Epica reviennent en force en ce début d’année pour défendre leur nouvel album « Aspiral ». En plein milieu de l’« Arcane Dimensions Tour », tournée commune de 26 dates partagée avec Amaranthe, et dont le superbe visuel de l’affiche nous plonge déjà dans l’ambiance du show qui nous attend, Toulouse se voit ainsi gratifiée d’une soirée qui s’annonce mémorable. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est une invitée de prestige qui sera chargée d’ouvrir le bal en la personne de Charlotte Wessels et de son groupe The Obsession, du nom du dernier album de la chanteuse.
Le concert est complet et une longue file d’attente commence à se former devant le Bikini dès le milieu d’après-midi. L’excitation est palpable…
Ouverture des portes à 18h30.
La salle est déjà bien remplie pour accueillir Charlotte Wessels et ses musiciens, tous d’anciens membres de Delain (à l’exception de la claviériste Nina van Beelen). Dès les premières lignes de « Chasing Sunsets », la chanteuse nous embarque, tout en douceur, dans son univers onirique. Dans sa longue robe blanche et derrière un pied de micro fleuri de tournesols et de coquelicots, elle capte naturellement l’attention de l’auditoire, que sa voix enchanteresse s’attache à maintenir entière. La part belle est naturellement faite au dernier opus et les chansons sont efficaces. Certains pourront regretter l’absence de Simone Simons sur « Dopamine », chantée en duo sur le CD, qui n’est pourtant pas très loin ; cela aurait été une jolie surprise, mais qu’importe. La prestation fait son effet et l’on perçoit aisément, tout au long du set, l’alchimie cultivée par les musiciens au cours de leurs années Delain.
Le guitariste Timo Somers est particulièrement en forme et démonstratif, impressionnant de virtuosité sur sa splendide huit cordes. Il convient également de souligner la performance de Joey Marin de Boer à la batterie, irréprochable malgré une sévère blessure à la jambe.
Les quarante minutes de concert filent sans que l’on s’en aperçoive et la puissante « The Exorcism » conclut le set en beauté.
La fosse est quasiment pleine pour l’entrée en scène des Suédois d’Amaranthe, qui débarquent sous de chaleureuses acclamations et ouvrent à pleine puissance avec « Fearless » ! Le combo aux trois vocalistes est résolument en forme et sait comment animer la salle. Son power metal moderne fait mouche sur le public et le show est très visuel, entre les musiciens qui n’hésitent pas à attiser la ferveur du public et de jolis décors mis en valeur par des jeux de lumières colorés. Les fans sont invités à chanter en chœurs sur « PvP », un hymne survitaminé écrit pour l’équipe d’e-sport de Suède à l’occasion des championnats du monde de 2021, qui commence à sérieusement embraser le cœur de la fosse.
Changement radical d’ambiance sur la très belle ballade « Crystalline », avec une Elize Ryd et un Nils Molin poignants d’émotion dans leur duo vocal.
Nous aurons plus tard droit à la nouvelle chanson « Chaos Theory », dont la sortie n’est prévue qu’en fin de semaine et qui fait indéniablement son effet.
« Amaranthine », dont la longue introduction est jouée au piano par le guitariste Olof Mörck, avant d’être rejoint par sa chanteuse, est l’occasion d’une nouvelle superbe séquence émotion. L’enchaînement avec « The Nexus » est probablement le point d’orgue du show, un show dynamique et sans la moindre relâche, pour le plus grand plaisir d’un Bikini conquis.
Si le public est heureux, l’exaltation qui baigne la salle ne cesse de croître à mesure que les minutes défilent en attendant l’entrée en scène de la tête d’affiche du soir. Et que dire lorsque l’introduction du concert est lancée : une vidéo richement travaillée diffusée sur l’écran géant en fond de scène et un pitch en français immergent immédiatement la salle dans l’univers ésotérique d’Epica, nous invitant à profiter pleinement du spectacle. Le ton est donné et, clairement, le show et sa magnifique production seront tout au long de la soirée à la hauteur des espérances des fans ; un vrai régal pour les oreilles et les yeux.
C’est sur « Apparition », tirée du nouvel album, et sous les clameurs de la foule que le groupe fait son entrée. Pour cette première chanson, la scène est très sombre, toute en contrastes. La chanteuse Simone Simons la domine depuis sa plateforme et apparaît presque spectrale sous son voile noir et son enveloppe de fumée.
« Cross the Divide » est une explosion de lumières et de couleurs. Naturellement, la charismatique frontwoman tend à attirer tous les regards, mais ses musiciens ne sont pas en reste. Où que l’on regarde, il se passe quelque chose et tous sont visiblement heureux de jouer. Leur plaisir est communicatif et une véritable osmose se tisse entre le groupe et les fans, pour le plus grand bonheur de chacun.
Pour ma petite joie personnelle (et probablement pas que la mienne !), nous aurons droit à l’excellente « Martyr of the Free Word » et à la somptueuse ballade « Tides of Time », toutes deux extraites de l’inégalable « Design Your Universe » et bien trop peu jouées en live ces dernières années !
Nous aurons aussi le plaisir de revoir Charlotte Wessels pour une interprétation commune de « Sirens – Of Blood and Water », tirée de l’EP « The Alchemy Project » de 2022.
Les nouveaux morceaux fonctionnent très bien et je suis obligé de faire une mention toute particulière à l’incroyable « The Grand Saga of Existence », véritable coup de cœur du dernier album et incontestablement un moment fort du concert.
C’est la désormais immanquable « Beyond the Matrix », qui finira d’user les chaussures des fans sautant à l’unisson, qui viendra conclure un show tout en superlatifs, avec lequel Epica prouve qu’il continue de régner parmi les maîtres de son genre.
Un grand merci à Bleu Citron et Sophie pour la possibilité de couvrir cette superbe date, ainsi qu’au Bikini et à ses équipes, toujours au top !
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