chroniques de concerts
MOTIONLESS IN WHITE
Avec : DAYSEEKER, MAKE THEM SUFFER
Date du concert : 03-03-2026
Lieu : L'Interférence - Toulouse [31]
Affluence :
Un peu plus d’un an après son passage remarqué au Bikini, le groupe américain MOTIONLESS IN WHITE est de retour dans la Ville rose. On prend presque les mêmes et on recommence… mais dans des proportions encore plus importantes ! Cette fois-ci, c’est la nouvelle salle Interférence, aux portes de Toulouse, qui accueille le second passage européen de la tournée Scoring The End Of The World Tour.
Il est à peine 18 heures ce mardi 3 mars et déjà les abords de la salle sont noirs de monde. La file d’attente serpente sur plusieurs centaines de mètres dans les rues de la zone d’activités environnante et l’excitation est déjà palpable au sein d’un public très majoritairement jeune. Certains fans ont poussé le détail jusqu’à adopter l’esthétique sombre et théâtrale du groupe, arborant maquillages et tenues inspirés de l’univers visuel de MOTIONLESS IN WHITE, tandis que d’autres patientent en visionnant sur leurs téléphones les dernières performances du groupe. L’Interférence n’a pas encore ouvert son antre que la ferveur est déjà bien installée…
Qui plus est, MOTIONLESS IN WHITE a convié deux formations bien décidées à faire monter la température ce soir : les Australiens de MAKE THEM SUFFER et les Américains de DAYSEEKER. Et au vu de l’état d’excitation qui règne déjà, la soirée promet d’être intense !
Il est aux alentours de 19 h et c’est aux Australiens de MAKE THEM SUFFER qu’échoit la lourde tâche d’ouvrir les hostilités dans une salle déjà bouillante et pleine comme un œuf. Mission loin d’être évidente lorsqu’on doit chauffer un public venu en masse pour la tête d’affiche, mais le groupe va rapidement prouver qu’il n’est pas là pour faire de la figuration. Dès les premières notes de « Ghost of Me », la fosse commence à s’agiter presque naturellement.
Il faut dire que le groupe attaque avec une intensité immédiate, proposant un metalcore musclé, direct et nerveux (« Bones » ou « Mana God »). Les riffs massifs et les rythmiques syncopées donnent le ton, tandis que Sean Harmanis mène la charge avec son chant rageur. Mais MAKE THEM SUFFER ne se limite pas à la brutalité pure. En effet, le groupe joue beaucoup avec les alternances vocales entre Sean et Alex Reade. Installée derrière ses claviers, la chanteuse apporte une dimension mélodique qui contraste efficacement avec la violence des parties hurlées (« Erase Me », « Epitaph »).
Ce duo vocal fonctionne à merveille. Là où Sean impose l’agression et la puissance, Alex apporte des respirations plus aériennes qui enrichissent les compositions sans jamais casser leur dynamique. Le set, d’une trentaine de minutes, enchaîne les titres avec efficacité et, à mesure que la salle se remplit, l’accueil devient de plus en plus enthousiaste et la connexion avec le public se renforce.
En un temps de jeu relativement court, MAKE THEM SUFFER réussit donc à installer l’ambiance et à capter l’attention d’une salle pourtant venue avant tout pour MOTIONLESS IN WHITE. Cette entrée en matière solide et parfaitement exécutée prouve que les Australiens ont largement les épaules pour évoluer sur des scènes de cette envergure. Bim ! Voilà une première claque qui lance idéalement la soirée…
Après l’intensité brute proposée par MAKE THEM SUFFER, le changement d’atmosphère est immédiat lorsque DAYSEEKER prend possession de la scène. Ainsi, là où les Australiens avaient privilégié la frontalité, les Californiens optent pour une approche beaucoup plus introspective, portée par un post-hardcore mélodique aux accents parfois très atmosphériques.
Pour ce faire, le groupe s’appuie largement sur les morceaux de son dernier album, Creature In The Black Night, dont plusieurs titres structurent l’essentiel du set. Comme à son habitude, Rory Rodriguez capte l’attention avec un chant chargé d’émotion, naviguant entre fragilité et envolées mélodiques (« Bloodlust » ou « Pale Moonlight ») sur lesquelles les guitares aériennes installent une ambiance presque cinématographique, très différente de l’assaut sonore de MAKE THEM SUFFER.
Le public, visiblement très familier des compositions de DAYSEEKER, reprend les paroles avec ferveur, confirmant que la formation américaine possède une fanbase solide. La dimension émotionnelle du groupe joue ici à plein : les textes introspectifs et les thèmes abordés trouvent un écho évident auprès des plus jeunes qui semblent se retrouver dans la musique à la fois mélancolique et cathartique des Californiens.
Pourtant, malgré ces moments d’adhésion collective, la prestation peine parfois à maintenir la dynamique instaurée en début de soirée. La musique de DAYSEEKER, contemplative et très travaillée sur le plan des textures sonores, fonctionne parfaitement sur disque mais semble parfois perdre un peu de son impact dans un contexte live. Ainsi, certains passages plus calmes ralentissent le rythme général du concert, et l’intensité retombe par moments… Dommage !
Au final, DAYSEEKER a proposé un set solide mais trop introspectif, qui tranche nettement avec la déferlante australienne qui l’a précédé. On a vu une prestation sincère et portée par une vraie sensibilité, mais qui laisse l’impression d’être légèrement en retrait face à l’impact scénique de MAKE THEM SUFFER. La soirée n’en reste pas moins parfaitement lancée avant l’arrivée des très attendus MOTIONLESS IN WHITE.
Lorsque les lumières s’éteignent définitivement dans l’Interférence, l’excitation atteint son point culminant. Après la courte introduction visuelle « OIIA OIIA (Spinning Cat) » qui sert de prélude à l’arrivée de MOTIONLESS IN WHITE, la salle explose littéralement lorsque retentissent les premières notes de « Meltdown ». En quelques secondes, la fosse se transforme en une masse compacte en mouvement, immédiatement suivie par « Sign Of Life » qui confirme que le groupe n’est pas venu faire dans la demi-mesure (on compte même un nez en sang dans le pit…).
Il faut dire que les Américains ont sorti l’artillerie lourde. La production est impressionnante : écrans géants, projections vidéo, pyrotechnie et canons à confettis viennent habiller un show pensé pour les grandes salles. À cela s’ajoute la présence des Cherry Bombs, la troupe de danseuses qui intervient régulièrement sur scène avec des performances mêlant feu, étincelles et chorégraphies industrielles. Très vite, l’ensemble donne au concert une dimension spectaculaire qui colle parfaitement à l’esthétique gothique et théâtrale du groupe.
Tout comme l’année dernière, MOTIONLESS IN WHITE déroule un set solide, enchaînant les morceaux avec une assurance impressionnante : « A-M-E-R-I-C-A », toujours aussi percutant, prouve au passage que certains titres plus anciens ont remarquablement traversé les années. De plus, Chris Cerulli, impeccable dans son rôle de maître de cérémonie, dirige l’ensemble avec une présence scénique calme mais autoritaire.
Comme on pouvait s’y attendre, la setlist accorde naturellement une large place aux morceaux récents, tout en réservant quelques surprises comme le nouveau titre « Afraid of the Dark » ou la surprise « City Lights », qui provoque une belle réaction des fans de la première heure ! L’équilibre entre nouveautés et clins d’œil au passé permet au groupe de satisfaire toutes les générations présentes dans la salle. De son côté, le pit se donne à fond et reprend à gorge déployée des chœurs massifs comme sur « Disguise » ou « Cyberhex ». L’osmose entre les fans et le groupe est totale, notamment sur les morceaux les plus mélodiques — qui permettent aussi de souffler un peu...
Sur scène, la machine MOTIONLESS IN WHITE tourne à plein régime et fait montre de son savoir-faire depuis plus de 20 ans. L’intensité ne faiblit pas et trouve même son apogée sur « Slaughterhouse » avec l’arrivée sur scène de Sean Harmanis de MAKE THEM SUFFER. À partir de ce moment-là, la fosse se transforme en véritable tourbillon humain !
À voir l’ampleur de la réaction du public et l’aisance avec laquelle MOTIONLESS IN WHITE occupe cette grande scène de l’Interférence, une chose semble désormais évidente : le groupe a franchi un nouveau cap. Après avoir patiemment construit sa popularité en Europe ces dernières années, la formation américaine semble désormais prête à franchir une étape. Au vu de l’engouement observé ce soir à Toulouse, il ne serait pas surprenant que leur prochain passage en France se fasse dans des salles de type Zénith.
Setlist :
Meltdown
Sign of Life
A-M-E-R-I-C-A
Thoughts & Prayers
Voices
Afraid of the Dark
Werewolf
Hollow Points
Necessary Evil
Slaughterhouse
Rats
Disguise
Scoring the End of the World
City Lights
Not My Type : Dead as Fuck 2
Cyberhex
Another Life
Eternally Yours
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