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Pavillon 666 - metal rock webzine Jerome ALBEROLA - Anthologie du Hard Rock, De Bruit, de fureur et de larmes [ 2008 ]


( pages)
Style : Historique et critique du hard rock
Informations :Moyen format, 497 pages avec photos d'époque Préface par Francis Zegut
Interview :
Contact éditeur : Http://www.camionblanc.com
Contact groupe/auteur :




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ORIGINALITE
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STYLE
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EMOTION
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Chronique réalisée le : 02 mars 2009, par : S.Y.L.
 

Né à l'aube des années 70, le hard rock a changé...avant de mourir en 1991...
A quelques mots près, c'est par cette affirmation volontairement provocatrice et interpellatrice que commence l'ouvrage. Sur plus de 400 pages, Jerome Alberola se propose de rédiger une anthologie du hard rock, le « vrai », celui des vestes à patch et des mise en pli ravageuses. Pour soutenir une telle pièce, quel meilleur support trouver si ce n'est celui de l'excellente collection « camion blanc »? (tout fan de métal qui se respecte possède au moins un ouvrage publié sous cette enseigne).
L'exercice n'est pas aisé, mais pas nouveau non plus, l'auteur en a conscience, et réparti ainsi son œuvre, non exclue de nombreux paradoxes en plusieurs étapes.

Amis lecteurs attention, il vous sera vivement conseillé afin de pouvoir pleinement suivre la première partie de l'ouvrage, de vous munir d'un bon dictionnaire, car si l'auteur souligne bien que tout fan de hard rock n'est pas forcément un illettré, l'emploi de 4 mots de plus de 5 syllabes dans une même phrase ne demeure pas non plus un exercice quotidien. Un brin de patience sera ainsi nécessaire pour suivre la traditionnelle création puis développement du hard rock au fil des ages, jusqu'à sa mort donc, en 1991. A l'instar du film « Métal, voyage au cœur de la bête », c'est dans cette première partie que Jerome Alberola tentera aussi de défendre le métal (parfois difficilement, voir avec des arguments contestables) contre les diverses attaques dont celui ci est victime. Hard rock? Ou métal? L'écrivain souhaite visiblement ne pas amalgamer les deux, tout en concédant, un peu à contre cœur, que l'un est issu de la diversification de l'autre, mais sans vouloir totalement le reconnaître, sans quoi il faudrait admettre que le hard rock n'est pas réellement mort...vous suivez?

Vous l'aurez compris, « De bruit, de fureur et de larmes » est écrit par un passionné de l'age d'or du hard, celui des années 1980 (et surtout grand fan d'Iron Maiden...comme le montrera le chapitre à hurler de rire tendant à prouver qu' Iron Maiden est le plus grand groupe de hard de tous les temps) tendant à prouver que tout ce qui dépassera les années 90 tombant ainsi dans la caricature, le plagiat ou le grand guignolesque. Mais si les affirmations parfois bornées qui s'affichent, tout comme les traits autobiographiques se révèlent peu passionnants, il en sera tout autre de la seconde partie et source d'intérêt majeure de l'ouvrage.
Celle ci consiste effectivement en l'anthologie à proprement parler, où se regroupent 143 critiques des meilleurs albums ayant fait toute la grandeur du hard rock. Bien entendu, et cela est précisé, une anthologie est « forcément subjective », tout comme certains passages susciteront des « étranglements de rires ou des commentaires bileux », tout comme cette critique d'ailleurs. Les articles, s'appuyant sur le contexte historique, les connaissances personnelles sont cependant précis, détaillés et instructifs, peuplés d'anecdotes et des réactions suscités par la sortie de tel chanson à tel moment. Le style s'allège ainsi avec bonheur et la lecture facilitée. Malgré l'avertissement de première page, la surprise est de mise lors qu'apparaissent dans une anthologie du hard des groupes tels que Offspring ou encore les Red Hot Chili Peppers, ainsi qu'une quantité de groupe somme toute punk...ou néo métal (et quand on connait le succès et le devenir de ces derniers, cela prête tout de même à sourire) la justification à leur présence n'en est que plus jubilatoire. Tout comme la mention d'album des années 2000 alors que le hard n'est il pas censé être mort en 1991 (et on commence à le savoir)?
Bref, difficile de trancher entre gouts personnels et envie d'établir une anthologie tout de même représentative. Rappelons tout de même à l'auteur que l'apparition des meilleurs groupes de black métal remonte justement au début des années 90, tout comme les meilleurs groupes de death, piliers du genre étaient déjà actifs depuis quelques années; mais le métal extrême (décrit comme une surenchère grand guignolesque) ne trouve que peu de grâce dans cet ouvrage destiné avant tout aux hardos, heavy metalleux et thrashers, de toute une génération. Mais pas seulement car ces 143 articles procureront également une connaissance indéniable à tout ceux qui justement, n'ont pas vécu cet age d'or. Dommage tout de même de lire tant d'articles commençant par « ceci n'est pas du hard rock mais... » alors qu'à la place auraient pu être cités des albums de hard, de vrai, eux.

Enfin, la troisième partie du livre consiste en un mélange un peu fourre tout de liste de nom en vrac sur des thèmes qui auraient mérités des chapitres entiers à eux tout seuls, mais il n'est pas possible de tout écrire, ou alors de faire une anthologie sur plusieurs tomes.
Comme le métal lui même, « Anthologie du hard rock » comporte ses paradoxes et ne sera pas sans susciter de nombreuses critiques, de par un contenu parfois peu objectif à bien des égards. Cependant, ce document ravira les natifs des années 70 qui, ayant vécu en réel l'historique décrit ici, se retrouveront à de nombreux moments au travers des séquences citées et pourront même en apprendre sur leurs groupes préférés. Il sera également permis de lire au plus jeunes le soir avant de s'endormir quelques chroniques d'album mentionnées dans ce livre afin que ceux ci apprennent et n'oublient pas, malgré le gavage du consommer/jeter de la musique actuelle.
Mais n'en déplaise à certains, le Hard Rock n'est pas mort, il s'est diversifiée, a évolué, sans forcément perdre son instinct premier. L'auteur préfère-t-il le nier? Recherchant ainsi à se transformer lui même en sorte d'animal rare en voie de disparition? Mais qui sait si sous ces visages juvéniles brandissant force bracelets à clou ne subsiste pas l'âme et le visage du hardos barbu et de sa veste à patch?



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