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Pavillon 666 - metal rock webzine JON KRISTIANSEN - SLAYER 1-5 [ 2009 ]


( pages)
Style : Fanzine metal
Informations :
Interview :
Contact éditeur : http://www.camionblanc.com
Contact groupe/auteur :




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ORIGINALITE
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STYLE
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EMOTION
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Chronique réalisée le : 23 juin 2009, par : AVALON
 

Vous qui avez grandi dans les années 80 avec les premiers opus de Sepultura, Slayer et autres Sodom, voilà qui ne va pas vous rajeunir. Camion blanc a eu la bonne idée de réunir en un livre les 5 premiers volumes du fanzine underground SLAYER, crée au début des années 80 donc en Norvège, par le sieur Jon Kristiansen (alias » Metalion « ) qui n’avait alors que 17 ans. Et 17 ans pour créer un fanzine underground papier, à l’époque, c’était non seulement respectable mais indispensable. Indispensable car, comme le dit Jon dans sa préface, à l’époque il n’y avait pas cette facilité d’internet, de mail, et de téléphone. Et tout le monde voulait se tenir au courant de la scene !
A l’heure où de nos jours, tout est quasi instantané, pré-mâché et où vous recevez dans la seconde qui suit un album audio dans votre boite mail, il ne faut pas oublier qu’au début des années 80, il n’y avait que la poste pour acheminer les bonnes nouvelles qui arrivaient aux oreilles du norvégien pour remplir ses pages. Cassettes « fait maison », 45 tours, bref, un coté artisanal qui a été remplacé au fil du temps par le coté mercantile et industriel. Grâce à ce livre et les pages du fanzine, nous voyons ce qu’à l’époque se tramait sous la veste cloutée du parfais hardos, ou souvent appelé « zonard », et qui trainait plus avec les vrais délinquants fraichement sortis de taule que les petits fils à papa qui se la jouent rebellent en ornant leur trousse d’une belle tête de mort fluo. Parfois, Jon recevait des nouvelles d’un groupe quatre ou cinq mois après, suite à des correspondances « de proximité », où chaque groupe jouait le jeu pour tenter de sortir de l’ombre.

Voilà ce qui ressort de l’ambiance générale du livre ici présent. Une véritable ôde à l’âge d’or du metal, où bon nombre de groupes devenus cultes (ou vétérans) aujourd’hui, on débutés débuts 1980. A l’époque, il y avait la « grande famille du metal », où les groupes se détestaient, se haïssaient ou s’appréciaient, mais étaient toujours réunis au final devant une bonne bière en écoutant leur musique, l’underground.

Jon publie donc son premier SLAYER en 1985 en 200 copies. Certains groupes avaient déjà pointé leur bout de nez mais le temps que l’on parle d’eux jusqu’en Norvège (et même ailleurs), on ne perd rien en route des évolutions de groupes. Rappelons également qu’à l’époque, des groupes comme Helloween ou Iron maiden jouaient déjà très vite et fort, et que la cataclysme est venu de groupes jouant encore plus vite et fort et qui étaient catalogués à l’époque comme du death ou black metal, alors qu’avec du recul, il ne s’agissait « que » de groupes thrash speed. Jon cite Mercyful fate comme le premier groupe de black, puis Slayer comme un groupe de « black metal fou furieux » ! Oui, à l’époque, Sepultura, Slayer, Testament, ca foutait les chocottes. C’était les groupes les plus extrêmes.
Puis vint Bathory, Mayhem, Venom…La course à la vitesse et violence était alors amorcée.

Il est donc très intéressant de suivre ce parcours à travers les articles de l’époque. Car dans ce livre, vous trouverez sur les pages de gauche les pages « originales » du fanzine, en norvégien, avec articles, photos, interviews, ratures et expressions très familières. Et à chaque fois, sur la page de droite, la traduction en français ! Ainsi, certains nostalgiques pourront allègrement se plonger dans cette petite bible du metal. Jon n’est pas un journaliste et lorsqu’il écrivait ses articles, c’était avec ses tripes, sa passion, avec une écriture très directe et « naïve ». Ainsi, vous pourrez trouver des phrases du style : « allez les mecs, on vous supportera jusqu’à la mort » ou des « le groupe ne se séparera jamais ». Des fautes d’orthographe, des approximations, mais qu’importe le flacon à l’époque quand on avait ne serait-ce qu’un peu de contenu ! Jon a pu donc côtoyer de près les plus gros groupes et les voir évoluer. La première performance de Doro dans son groupe WARLOCK dans la cathédrale de Dusseldorf, les premières insultes de Slayer, l’origine du groupe MAYHEM (qui répétaient dans une grange/porcherie : on comprend mieux l’origine de la tète de porc sur scène), bref, tout ceci est réellement passionnant. Et drôle bien sur, de voir les premières interviews comme des groupes comme Metallica qui venait à peine de se former. Voir l’évolution d’Helloween (ex Gentry, ex Iron fist…) bref tout ceci vous replonge 30 ans en arrière !

Un dernier détail qui m’a marqué, c’est le coté « identitaire » des groupes. A l’heure où tous nos groupes de metal jouent en basket jean sur scène sans aucun visuel et aucune personnalité, c’était tout l’inverse à la grande époque : on affirmait sa personnalité par des étiquettes et de slogans du style : anti nazi, sataniste et fiers de l’être, bref, on s’affirmait, et on provoquait. Sur scène, on n’avait pas peur d’inonder le sol de sang, de montrer des crucifix, et de venir patchés et cloutés jusqu’au coup. Il y avait la musique, mais surtout l’attitude, ce que dégageait un groupe, chose devenue totalement aseptisée de nos jours.

Voilà, SLAYER fanzine, c’était tout ceci. On voit l’évolution de la structure du zine par des articles plus nombreux, plus d’interviews, plus de personnel. Pour que ce fanzine soit quasi mondialement reconnu dans le milieu metal & underground. Cela demandait du temps, de l’argent (malgré le fait que la plus part étaient chômeurs et étudiants), et surtout, surtout, de la motivation et de la passion. Si vous avez envie de (re)découvrir cette belle époque, avec les jolies frimousses des groupes comme Morbid angel ou Poison, si vous avez envie de savoir ce que pensaient des groupes comme Slayer dans leurs interviews, si vous voulez sentir le parfum d’un jean clouté avec dossard à l’arrière, je ne peux que vous conseiller vivement de vous plonger dans les archives nordiques de SLAYER.
Un document à consommer sans modération ! A quand le tome 2 ?



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