WARSIDE sort enfin son premier album après six ans d’existence. Un premier EP en 2020 (The Ennemi Inside) avait fait monter la fièvre avec brio tant la production était déjà bien soignée. Le chant s’écoutait en revanche avec plus de reverbe que sur ce premier album. Avec ces joyeux Lyonnais, on doit se préparer à un son brutal à souhait avec des relents de death technique.
Sur Cognitive Extinction, WARSIDE nous pousse vers une terreur brute et encore plus rapide. La batterie nous tambourine le fond du crâne au rythme d’un marteau piqueur ou d’un pivert à l’encéphale bien accroché. Les roulements sont si rapides que la bande pourrait concurrencer Benighted et son « Nothing Left to Fear ». Même si les fûts démontrent une rage qui les animent, le rythme reste tout de même ancré dans une tourmente pesante. L’ambiance des intros et des notes de guitare arrachées en suspens prennent une tournure macabre et …….
Le chant se divise sur « Synthetic Abyss ». Plus rapide et brefs, des pig squeals ultra bien dissimulés et du chant hurlé à l’aigu (presque black) sur les ponts de ce titre se font entendre, une prouesse finement exécutée.
Cattle Decapitation n’est pas très loin. Grâce, toujours, au pivert des fûts, mais aussi aux riffs abyssaux et apocalyptiques que l’on peut retrouver sur The Anthropocene Extinction (2015) du même groupe. Ces sonorités morbides et pesantes font ressentir une sorte d’alarme, un piège qui se referme sur nous-même dont nos seuls actes l’ont déclenché.
Comme chez de nombreux groupes du genre death/grind, la mort de l’Homme reste un sujet prolifique, par sa propre aberration elle touche ses limites. Hystérie, cauchemars, visions répulsives, état de léthargie, folies successives,… prédominent l’humain et ses pensées, prédominent l’animal qu’est l’Homme et ne peux que régir son environnement au gré de ses propres sensations viscérales.
« You can't escape this darkness that will break through and set the world on fire »
WARSIDE dresse un constat peu réjouissant avec cet album dont le simple titre révèle un affront à tout ce qui peut entraver notre pensée et notre réflexion. La société de contrôle maîtrise vos émotions, gouverne votre dignité et amplifie l’absurde.
L’album passe à une vitesse incroyable. Le glas sonne lorsque le solo de guitare sur le titre éponyme retentit. L’extinction en approche, les Lyonnais trouvent les artifices pour cacher la lumière. À découvrir sur scène très bientôt, ce premier long format de chez Gruesome Records promet d’être catapulté aux premiers rangs des sorties de la semaine !





