Spade : Salut les gars ! Alors, vous avez aimé jouer sur la scène du WeStill, tout à l’heure ?
Gabriel : Pour être honnête, on a jamais joué devant autant de monde. C’était fou ! Notre plus grosse audience, c’était peut-être 200 personnes jusqu’ici.
Luca : Oui, c’est ça.
Spade : C’était en Argentine ?
Luca : Oui, en Argentine !
Spade : Est-ce que vous êtes déjà venus en France ?
Gabriel : On a joué une fois à Paris, mais c’est tout.
Spade : Mais jamais ici, à Vallet.
Luca : On a vraiment aimé venir ici. Tout le monde était incroyable, que ce soit les festivaliers ou l’équipe, les gens du backstage, du backline, le mec qui s’occupe du son, l’hospitalité. Tout était parfait.
Gabriel : Oui, l’ingé son était vraiment sympa. Tout était fait pour que ça roule et ça plaise à l’audience.
Spade : Pouvez-vous tous les trois vous présenter aux lecteurs de Pavillon 666 ?
Gabriel : Moi, je m’appelle Gabriel. Je viens d’Argentine et je suis le chanteur et le guitariste de Mephistofeles.
Ismael : Je suis Ismael, le bassiste de Mephistofeles.
Luca : Je suis Luca et je joue de la batterie pour Mephistofeles.
Spade : Ok, enchantée de vous connaître (Rires). Donc, quelle est l’histoire de
Mephistofeles ? Comment a été créé le groupe en 2013 ?
Gabriel : Au début, il n’y avait que moi. C’était un projet solo. J’enregistrais des morceaux chez mes grands parents, dans ma chambre. A l’époque, je n’ai pas trouvé des musiciens tout de suite pour m’accompagner alors j’ai juste travaillé sur ma musique et partagé ça sur Internet. C’est comme ça que tout a commencé.
Spade : Ok c’est vraiment cool ! Et après, tu as rencontré tes musiciens ?
Ismael : Je connais Gabriel depuis l’âge de 15 ans environ. Il avait ce projet dans la tête mais il ne trouvait pas de musiciens pour jouer avec lui. Et j’ai fini par lui dire, je peux jouer avec toi si tu veux !
Gabriel : Et ça c’est marrant, parce que je ne t’ai jamais vraiment demandé. Et un jour, il m’a dit “Mais, t’es con, pourquoi tu ne me demandes pas de jouer dans ton groupe ?”. Et j’ai dit “D’accord, donc tu veux jouer avec moi.” et il a répondu “Oui.”
(Tout le monde rit)
Spade : Et toi Luca, quand as-tu rejoint le groupe ?
Luca : J’ai rejoint Mephistofeles il y a environ deux ans et demi. C’était en septembre 2023, je crois.
Gabriel : Oui, c’est ça.
Luca : C’est une histoire assez drôle. Gabriel m’a appelé et m’a dit “Hey salut, j’ai viré Ivan (le précédent batteur ndlr), je voudrais que tu viennes jouer avec nous dans trois semaines à ce concert. Tu es le seul qui peut y arriver.” A l’époque je vivais pas loin de chez eux, donc j’ai pensé ‘Ok, je crois que je vais jouer dans Mephistofeles, du coup.” Ce sont mes amis, mais aussi mon groupe préféré donc, j’ai mis en pause tous mes projets, dit à mes clients “Désolé, les gars, vous devez attendre, je dois jouer avec Mephistofeles.” Et j’ai commencé à jouer chaque jour pour pouvoir être prêt à temps. Et c’est tout !
Gabriel : En 2015, c’était la première moûture du groupe, avec le premier batteur, Ivan. En 2023, on était un peu en hiatus pendant deux semaines. Puis, Luca a rejoint notre groupe, parce que, comme il a dit, on est potes. En fait, je ne savais même pas qu’il jouait aussi bien de la batterie, mais j’ai vu une vidéo sur son Insta, il jouait une cover de… je me rappelle plus quoi, mais je me suis dit “Ouais, c’est le gars à qui je peux demander ça.” Et il a dit oui, et c’était cool. Non seulement il a sauvé la date, mais c’était lui qu’il nous fallait pour la suite de l’aventure.
Spade : Donc, tu as fini par rester, Luca, après ça ?
Luca : Après le concert, j’ai dit, peut-être que je vais rester un moment avec Mephistofeles. Jouer un peu et voir ce que ça donne.
Gabriel : On a une super alchimie.
Spade : Et Luca, tu gères toujours tes projets perso ?
Luca : Pour l’instant, c’est en pause. J’ai besoin de musiciens pour continuer et j’ai besoin de temps pour ça, que je n’ai pas pour l’instant, puisque je le consacre à Mephistofeles. J’ai un album prêt à sortir, mais je ne sais pas si je peux le défendre sur scène. Peut-être plus tard.
Spade : En tout cas, j’adore votre univers. C’est comme si Jodorowsky rencontrait Dario Argento.
Gabriel : Wow !
Ismael : C’est très specifique ! (Rires)
Spade : Beaucoup de vibes psychédéliques, sexuelles et démoniaques. Quels sont vos influences pour Mephistofeles ?
Gabriel : Pour être honnête, je ne suis pas un vampire. Je ne dors pas la tête en bas, je ne bois pas de sang. C’est juste que ça me plaît tout ça.
Spade : Tu aimes l’occulte ?
Gabriel : Oui, ça m’intéresse un peu. Je lis de temps en temps des trucs à ce sujet, mais je suis plutôt un poser qui veut juste en parler aux gens qui aiment ça. J’adore cette imagerie un peu creepy, comme les films de série B, parce qu’ils sont parfois un peu mauvais.
Spade : Bon, focalisons nous sur votre musique. Certains disent que c’est du heavy psych, d’autres, du stoner doom. Comment décririez-vous votre style ?
Gabriel : Je dirais que c’est plus du heavy rock, avec une vibe que vous pouvez retrouver dans les premiers albums de Black Sabbath. Cela ressemble à ça pour moi. Je ne dirais pas que c’est du doom stoner, car je trouve que tout se ressemble un peu dans le genre, de nos jours. En fait, ça a commencé comme du doom stoner, mais maintenant c’est plus du heavy rock.
Ismael : J’appellerais plutôt ça de la “musique d’hommes des cavernes”.
(Tout le monde rit)
Gabriel : Ou de la musique de singes ! C’est du old school, de la musique forte et on donne tout ce qu’on peut déployer sur la scène.
Luca : Par exemple, on utilise pas de pédale de distorsion, on frappe la batterie le plus lourdement possible, comme ils le faisaient dans les années 70. De nos jours, les groupes ont plus l’habitude de faire ça.
Spade : Ok, donc de la musique d’hommes des cavernes !
(Tout le monde rit)
Spade : Quel est votre processus créatif ?
Gabriel : Au début, j’ai toujours écrit les morceaux. Je disais, le morceau est comme ça et tu le joues comme ça. Mais maintenant, on se voit 4 fois par an environ, parce que Luca vit assez loin et il a ses propres projets.
Ismael : Du coup, on essaye un morceau et si ça marche bien…
Gabriel : Le fait d’avoir cette alchimie aide bien sûr. On peut partager des idées, des opinions, on s’intéresse à ce que tout le monde dit et on se fait confiance.
(Soudain, quelqu’un joue de la guitare au merch à côté)
Gabriel : Désolé pour ça, ce n’est pas nous !
(Tout le monde rit)
Gabriel : Quand Luca vient enregistrer avec nous, on essaye tout ce qui nous passe par la tête, peu importe si c’est bien, pas bien ou si on le sent pas. Mais, on ne peut pas vraiment expérimenter, parce que nous n’avons pas assez de temps pour ça. Après avoir fini notre tournée européenne, nous avons envie de louer une maison, y bosser un mois ou quelques semaines, et répéter, communiquer, enregistrer proprement, sans se précipiter et essayer de produire un nouvel album; Mais, on ne peut pas trop faire ça maintenant car Luca habite loin. Mais, grâce à notre alchimie et à lui, on peut jouer ici, parce que c’est un gars responsable et fiable.
Luca : Je fais juste le management…
Gabriel : Mais c’est déjà énorme !
Spade : Comment est la scène doom en Argentine ?
Luca : En Argentine, il y a comme un revival. Je ne dirais pas que c’est une mode, car cela ne serait pas juste. On est en plein dans la deuxième vague, la première, c’était en 2013, à peu près, qui a sorti de nombreux groupes excellents. Mais, cela s’est essoufflé et ça a repris, il y a deux ou trois ans, avec de nouvelles formations, qui font très bien les choses. Cela commence à popper un peu, doucement, ce n’est pas énorme, c’est toujours un peu underground.
Spade : Est-ce qu’il y a des festivals doom en Argentine ?
Luca : Il y en a un oui, un petit, qui a été monté par nos amis de Wicca et qui s’appelle Doom Doom Sister. On joue beaucoup là-bas, c’est devenu assez habituel de faire la tête d’affiche, on adore bosser avec eux. Sinon, on joue à des festivals qui mêlent plusieurs genres de metal, parfois des festivals psyché mais pas purement doom.
Gabriel : C’est en train de s’épanouir, oui.
Spade : En France, la scène doom metal n’est pas très grosse non plus. Mais je pense, qu’avec l’influence de groupes comme Castle Rat, il y a de plus en plus de groupes qui jouent ce style.
Ismael : Je pense pas que les argentins connaissent trop Castle Rat, à mon avis.
Gabriel : Ouais, c’est juste que tu dois plus sortir un petit plus !
(Rires)
Gabriel : Ils viennent d’où, eux ?
Spade : America. Fuck yeah !
(Starts singing) Gabriel : Living in Americaaaa ! Euhhh, j’arrête là.
Spade : Bon, vous pouvez faire une cover de ça pour votre prochain album !
(Tout le monde rit)
Spade : Votre dernier album “Violent Theater” est sorti en 2022. Vous avez dit que vous bossiez actuellement sur un nouvel album. Mais, c’est peut-être un secret, non ?
Gabriel : Non, c’est pas un secret, on bosse vraiment dessus.
Luca : On a déjà 5 morceaux de prêts.
Gabriel : C’est pour ça aussi qu’on veut louer une baraque pour travailler dessus et avoir un peu d’intimité.
Luca : Comme un chalet ou quelque chose comme ça.
Gabriel : Trois semaines, juste nous trois, comme Black Sabbath avait fait en son temps. Lucas est ingénieur du son.
Luca : Mais non, je ne suis pas ingénieur du son…
Gabriel : T’est un putain d’ingé son, ok ?
Spade : Le Westill accueille de nombreux groupes ce week-end. C’est lequel votre préféré ? ?
Tous : Graveyard !
Luca : Mais, j’aimerais aussi dire IAH, qui sont des amis et qui jouent demain. Ils sont d’Argentine comme nous.
Gabriel : Il y a de nombreux groupes ici, je n’aime pas trop en choisir qu’un, car tous les groupes sont top.
Spade : Vous avez déjà vu Graveyard sur scène ?
Gabriel : Ce sera notre première fois.
Spade : Merci à vous, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Le mot de la fin ?
(Le guitariste a recommencé à jouer au merch)
Gabriel : Je voudrais saluer le guitariste qui joue à côté de nous !
(Rires)
Ismael : Je voudrais te remercier car ton interview était super et j’espère que tes lecteurs vont l’aimer aussi. Je suis désolé, car les réponses étaient un peu brouillon parfois.
(Tout le monde rit)
Gabriel : Merci, Cécile !