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MINDLAG PROJECT
CHRONIQUE MINDLAG PROJECT - review
Contact groupe http://www.mindlag-project.com
Audio / Video
Mise en ligne le : 08 janvier 2009  | Intervieweur : Chart | Traducteur :

INTERVIEW francaise - pavillon 666 - webzine metal rock
1 - Salut ! Merci d’avoir accepté cette interview. Ca fait un petit moment que vous existez, depuis 1999. Peut-être pourriez-vous vous présenter pour ceux qui vont vous découvrir avec ce nouvel opus.

Manu : Nous sommes originaires de Vitrolles, près de Marseille, et notre principale caractéristique est de faire évoluer notre musique à travers un concept depuis nos début, qui est, comme notre nom l'indique, basé sur le décalage d'esprit. Ce qu'il faut comprendre par là, c'est que nous évoquons de diverses manières les tourments de l'esprit humain, en autopsiant l’âme de notre cher ami Jon De Grimpclat C'est le personnage dont nous contons l’histoire depuis nos débuts, un esthète attachant, professeur de grec et latin, mais malheureusement, très peu enclin à laisser en vie ceux qu’il juge nuisibles… Nous avons commencé ce récit par une « bilogie » composée de « Karybda » (2002) et « Skylla » (2004), évoquant la descente aux enfers de ce sombre personnage, animé pourtant par la justice et combattant les inégalités, mais qui en tire des conclusions disons…assez radicales…
Et c’est là où réside notre principale interrogation, comme beaucoup d’entre nous : Comment appréhender le bien et le mal ? comment interagissent ces deux valeurs qui régissent le monde ? Nous avons une approche assez Baudelairienne de ce thème. Dans notre société, tout est connoté en fonction du passé de notre civilisation, et c’est pourquoi on a souvent l’impression que ce qui est bon est beau, et que ce qui est mal est laid… c’est un discours assez manichéen, mais nous pensons qu’il est toujours ancré d’une façon ou d’une autre dans nos mœurs. Nous cherchons à entretenir l’idée qui consiste à montrer que ce qui a une connotation maléfique ou malsaine pouvait nous attirer, seulement du fait que nous la trouvons esthétique, sans pour autant cautionner le sens de ces choses. Je pense que quelque part, c’est ce qui réunit les amateurs de Metal ou de films d’horreur : la recherche d’un certains esthétisme au delà du sens, là où beaucoup ne voient que du bruit et de l’hémoglobine. Car apprécier l’esthétisme à sa juste valeur pour moi (et c’est mon humble avis), c’est apprécier la beauté, là où elle se trouve, autant dans la vie, cela va sans dire, que dans la souffrance et la mort.

C’est d’ailleurs un thème que nous avons abordé dans notre maxi suivant : « De Charybde en Scylla » (2006), en citant « L’hymne à la beauté » de Baudelaire, dans la chanson du même nom.
Le reste de ce maxi est composé d’une autre chanson inédite ; enregistrée pendant les sessions de Skylla; et de versions live. Mais jusqu’à présent, la présence de Jon n’était que suggérée, nous n’avons fait que planter son décor, car nous avions besoin d’un support plus long qu’un mini album pour réellement débuter le récit en bonne et due forme. C’est chose faite avec ce nouvel album qui sort en début d’année en Europe, où vous pourrez faire plus grandement connaissance avec la bête !

2 - Il s’agit de votre quatrième cd. A quoi doivent s’attendre vos fans pour ce nouvel album ?

M : Je pense que ceux qui nous suivent depuis nos débuts et qui avaient saisi le fond de notre propos savent à quoi s’attendre d’un point de vue conceptuel. Les autres pourraient être surpris, car je ne sais pas si nous avions réussi a transmettre notre récit de cette façon.
Pour certains, tout ceci est accessoire, car seule la musique est réellement importante. C’est aussi pour cela que nous laissons une place prépondérante à la musique, le reste est important pour nous surtout, pour que nous nous reposions sur une structure, et puissions nous exprimer avec sincérité, toucher ceux qui recherchent du sens, comme nous à travers la musique. Mais nous ne voulons pas imposer notre histoire à ceux qui cherchent seulement à écouter de la musique, ni à moraliser en imposant une opinion, et c’est peut-être pour cela que mes textes sont moins explicites et plus empreints de poésie que par le passé.

D’un point de vue strictement musical, nous avons sans doute acquis plus de maîtrise que ce soit au niveau de la composition ou des arrangements, et je pense que nous avons mieux digéré nos influences. Notre musique est plus progressive, mais ce n’est pas fait consciemment, c’est sûrement inhérent au fait de conter une histoire, le caractère chronologique du récit impose certaines règles. Ce que nous avons réellement recherché, c’est la retranscription de nos sentiments le plus sincèrement possible, sans barrière de style, car nous nous sentons enfermés par les étiquettes. Nous aimons les bonnes choses, et on en trouve dans tous les styles de musique…alors pourquoi choisir ? Bien entendu, nous n’avons pas vraiment changé de style, nous faisons toujours du Metal, peut-être plus accès sur notre côté thrash, voire death, qu’auparavant, il y a sûrement beaucoup moins d’influences HxC évidentes je pense, mais elles sont toujours là.
Nous essayons de créer des ambiances propices à la mise en valeur de notre récit, nous recherchons la haine et la colère quand elle doit sortir, nous trouvons l’apaisement et la plénitude quand nous en avons besoin… Je pense que pour résumer tout ça, nous pouvons dire que cet album marque le premier fruit de notre introspection, et que nous avons désormais trouvé un équilibre. Nous prenons plus de plaisir à jouer notre musique qu’auparavant. C’est ce que nous voulions, ce qui importe à nos yeux, nous en sommes donc satisfaits.

3 – Vous venez d’être signés chez PERVADE PRODUCTION. Comment s’est passée cette rencontre ? Quelles sont vos attentes pour cette collaboration ?

M :Nous avons beaucoup démarché car nous avions une idée précise du profil de nos collaborateurs pour cet album, et PERVADE PRODUCTIONS se démarquent par leur politique d’épanouissement de leurs signatures. Nous apprécions leur travail, ainsi que la musique de beaucoup de groupes qui sont sur ce label, nous trouvons leur démarche qualitative dans leur recrutement, c’est ce que nous recherchions en premier lieu. De plus, nous disposons d’une liberté artistique, d’une structure compétente et d’une bonne distribution qui s’étend au delà des frontières de notre pays. Toutes les variables sont réunies pour que cette collaboration fonctionne, et nous avons l’intime conviction que tout est sur la bonne voie. L’avenir nous dira le reste…

4 – Vous avez choisi de retourner travailler au studio ALL PRODUCTION. C’est votre 4éme enregistrement là-bas. Vos semblez fidèles à cet endroit, pourquoi ce choix ? Vous n’avez pas envie d’aller voir ailleurs ?

M : Nous sommes devenus très proche de Christian CARVIN au fil du temps, la question ne se pose même plus pour nous, c’est quelqu’un que nous apprécions humainement avant tout. Il connaît notre vision de la musique, et sa plus grande qualité est de savoir tirer le meilleur des musiciens qui entrent dans ses studios. Il a une oreille très acérée, et il n’hésite pas à pousser l’exigence jusqu'à son extrême limite, tout comme nous. C’est ce que nous voulons, nous avons mis en place des méthodes de travail, et cela fonctionne pour le mieux, nous n’imaginons pas travailler avec quelqu’un d’autre pour le moment. De plus, nous avons plus ou moins la même vision de la musique, nous partageons les mêmes opinions en ce qui concerne la façon dont nos instruments doivent sonner. Nous avons évolué ensemble vers une approche plus naturelle de notre son et nous pensons que c’est assez rare de trouver une entente de ce type. Nous ne somme pas du genre à aller enregistrer dans des studios seulement pour leur renommée, nous pensons que seul le résultat compte, notre choix est donc parfaitement justifié.

5 – A ce propos, comment s’est passer l’enregistrement cette fois ?

M : Disons que nous avons eu des moments difficiles, car nous sommes tous très exigeants, et avons des caractères bien trempés, il faut bien l’avouer… Mais rien de très grave, nous avons passé de très bons moments dans les grandes lignes. C’était difficile, mais comme nous aimons tous beaucoup rire, et partageons heureusement le même sens de l’humour, toutes les sessions ce sont terminées dans l’enthousiasme et la bonne humeur. Mais de toute façon, je pense qu’aucun accouchement ne se fait sans douleur, c’est bon signe de se faire mal, c’est bénéfique pour la sincérité de notre musique je pense. En tout cas nous avons beaucoup appris, beaucoup expérimenté, trouvé le matériel qui nous convenait le mieux, et je pense que nous avons créé notre son en quelque sorte, donc le bilan est plus que positif pour nous

6 – Vous intégrez un violoncelliste dans votre line up. Ce n’est pas monnaie courante dans votre style. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce choix ?

M : Nous avions déjà incorporé des cordes à l’époque de Skylla, car notre bassiste, Gilles, a une formation d’altiste. Nous avions l’ambition de faire des arrangements cordes plus complexes et surtout plus naturels pour cet album, et nous avions besoin de faire apparaître des « Leitmotivs » pour mieux servir notre concept, ce qui est un procédé couramment utilisé dans la musique classique. Nous étions ami avec Romain depuis notre jeunesse, et nous l’avons de ce fait automatiquement contacté, car c’est aussi une personne que nous apprécions beaucoup pour ses qualités humaines.

Il a de solides connaissances en harmonie, et il possède un cursus et une culture musicale plus tournée vers le classique que nous, qui avons une approche plus rock, même si nous sommes tous de formation classique et que nous avons toujours été interpellé par ce style. Je pense que ce mélange a épaissi notre son et l’a enrichi d’un point de vue harmonique. Il s’est chargé des arrangements cordes, qu’il a ensuite interprété avec Gilles sur l’album. Ce fut un travail considérable, mais nous avons réussi a trouver le bon équilibre entre le côté classique et le côté metal au mixage Nous redoutions le moment où l’on devrait reproduire tout cela sur scène, mais après un gros travail en répétition, nous avons réussi a retrouver cette alchimie. Il nous a accompagné lors de notre release party, et tout c’est très bien passé. Nous avons hâte de tourner en sa compagnie, pour rôder notre nouveau set.

Ce qui est aussi très intéressant dans l’approche de Romain, c’est qu’il a aussi une très bonne connaissance de la musique orientale, pratiquant aussi le Sitar indien. Je pense que cette influence se ressent, et vient illustrer le penchant qu’a Jon De Grimpclat pour la mythologie grecque. Nous disposons donc de nouvelles cordes à notre arc (sans vouloir faire de mauvais jeu de mot), que nous exploiterons à coup sur dans notre prochain album…


7 – Quelle est votre opinion sur Internet et le téléchargement ? Pensez-vous que cela permet au groupe de petite et moyenne envergure de mieux être diffusés ?

M : Nous sommes un peu partagé sur cette question. Bien sur, comme tous les groupes qui ont financé la production d’un album, nous avons le sentiment que le téléchargement illégal nuit à la santé de l’industrie du disque, donc plus ou moins indirectement à la notre, car nous voulons vivre de la musique. Mais nous pensons que c’est une bonne chose que le public ait accès gratuitement à la musique, car nous jouons avant tout pour être écoutés et pour partager des choses avec notre public. Je pense que la culture est la clé de voûte de toute civilisation, et on ne doit pas mettre les gens désargentés en marge de celle-ci, ce serait immoral et dangereux à terme.
Et puis par le passé, on copiait les albums sur cassette, ce qui revenait au même dans le fond… à la différence que le téléchargement permet indéniablement de mieux propager la musique, ce qui est plutôt une bonne chose Le réel débat, c’est qu’à leur actuelle, il semble plus difficile qu’auparavant de réussir à vivre de sa musique du fait du téléchargement, car il est difficile de revendiquer quoique ce soit auprès d’un label sans vente d’album, le nombre de téléchargements en peer to peer ne pèse pas lourd dans la balance (même s’il est vrai que les prestations live semblent prendre plus d’importance aux yeux de ces derniers, et de ceux du public)

N’ayant pas pressé d’album à l’époque où le téléchargement n’existait pas, je ne peux pas témoigner d’un changement néfaste à cause du téléchargement… j’ai plutôt tendance à penser que quand on est déterminé, on parvient à ses fins. A l’époque, il y avait d’autres difficultés, car moins de possibilités en studio, il fallait être le meilleur musicien possible pour vendre, je ne pense pas que ça soit le cas de nos jours...

Le monde de la musique est en train de changer, il faut juste lui laisser le temps de se stabiliser, toute revolution s’accompagne d’une détente, c’est le propre des choses de retourner vers un point d’équilibre. Je pense qu’un équilibre est en train de s’installer avec le streaming. Un site comme Deezer par exemple me semble une bonne alternative dans le sens où une partie des bénéfices engendrés par la publicité sur ce genre de sites sont redistribués aux groupes par le biais de la Sacem, ou de leur label pour certains. Certes, la rétribution est minime et ça ne remplacera jamais l’écoute d’un album de façon audiophile, mais je pense que c’est un concept porteur, dans le sens où cela permet une véritable exposition des artistes émergeants en toute légalité sans que l’auditeur soit obligé d’acheter un album qu’il risque de ne pas apprécier par la suite. Cela me semble plus juste.
C’est peut-être aussi une alternative à la radio, car on peut aussi choisir sa playlist ou un album entier, et que les publicités ne sautent pas encore aux oreilles… on est plus maître de ce que l’on découvre que par le passé. Reste à voir comment tout cela va évoluer

De toute façon, je pense que ceux qui achetaient des albums auparavant les achètent et les achèteront toujours peu importe leur format, c’est un état d’esprit, je suis moi même collectionneur de Cd et Vynil, et j’ai toujours recherché un objet au delà d’un simple support musical. Par contre, ce qui serait dramatique, ce serait que ces objets disparaissent au profit de formats uniquement numériques, car cela priverait les artistes d’une partie importante de l’élaboration d’un album, le design étant crucial pour plonger l’auditeur dans un univers. Que seraient Iron Maiden sans leurs légendaires pochettes? Les images que l’on a en tête en écoutant Powerslave seraient-elles les mêmes? Sincèrement, je ne pense pas que l’on puisse en arriver à de telles extrémités, et je pense même qu’un jour, la mode dictera à nouveau de sacraliser les beaux objets. Tout est cyclique dans le monde de l’art…


8 – Maintenant que l’album va être dans les bacs, quels sont vos nouveaux objectifs ?

M : Conquérir le monde !!! (rires) Enfin, c’est une demie blague, car nous sommes ambitieux, et nous voulons jouer un maximum, dans un maximum de pays. La musique est notre passion, et même le sens de notre vie à tous. Au fil du temps, nous avons réalisé que c’est ce que nous voulions faire de nos vies, et ce, tous ensembles, et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour y parvenir. De plus, le fait de voir du pays, et de rencontrer des gens ayant des cultures différentes de la notre nous motive d’autant plus.

J’ai aussi d’autres projets artistiques, toujours en rapport avec le groupe, notamment en ce qui concerne le Cinéma. J’ai réalisé un premier court-métrage, « De Charybde en Scylla » en compagnie de Robin, Elodie et Marine (nos collaborateurs de l’association Kathar6 dont je suis le président), qui n’est autre que l’adaptation à l’image des moments fort de la vie de notre ami Jon, tout du moins jusqu’au commencement du récit de notre nouvel album, au niveau chronologique, ce qui permet de recadrer un peu l’histoire pour ceux qui n’auraient pas suivi nos débuts.
Nous l’avons projeté pour la première fois devant près de 600 personnes, lors de la release party de notre album à Vitrolles le 25 octobre dernier. Nous le mettrons bientôt en ligne si possible, et nous le projetterons quand nous en aurons l’occasion lors de nos concerts. Nous avons le désir de servir notre concept autant de part la musique que de part l’image, et nous sommes ouvert à toutes formes d’art d’ailleurs, il suffit que les occasions s’offrent à nous.

9 – Merci pour cette interview. A bientôt sur les routes, je vous laisse le mot de la fin :

M : Nous vous souhaitons une bonne année 2009 (nous aurions du commencer par là, mais, décalage d’esprit oblige…), une bonne santé et tout ce qu’elle vous permettra d’accomplir. Que la musique soit avec vous, nous espérons partager des moments scénique avec vous tous.
Et j’oubliais…gare à vous… Jon n’est jamais très loin…j’espère que vous avez été sages…

 

original INTERVIEW - pavillon 666 - webzine metal rock

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