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ARCH ENEMY
CHRONIQUE ARCH ENEMY - review
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Mise en ligne le : 23 mai 2011  | Intervieweur : Hellbangeuse | Traducteur : Hellbangeuse

INTERVIEW francaise - pavillon 666 - webzine metal rock
C’est dans un sympathique hôtel au cœur du très sulfureux quartier de Pigalle qu’Angela Gossow nous reçoit pour parler du nouvel album d’ARCH ENEMY mais aussi d’art, tout simplement. (04 avril 2011)

1°) Le neuvième album studio d’ARCH ENEMY va bientôt sortir. Comment décrirais-tu ce nouvel opus?

Angela : C’est du ARCH ENEMY à 200%. Notre mot d’ordre pour cet album a été « toujours plus ». On y a mis beaucoup de musique avec des influences différentes et de nombreuses années d’écriture puisque le dernier album que nous avons sorti remonte à 2007, il y a presque 4 ans. Nous avions donc des tonnes de choses que nous avions écrites un peu partout à travers le monde, ce qui montre que nous avons été fondamentalement influencés par le fait d’être en tournée et de sans-cesse jouer ensemble.


2°) Avez-vous pu disposer d’un peu de temps pour vous-même ?

Non ! En fait nous sommes un groupe très investi dans son travail en plus d’y être accro ; surtout moi, Michael et Daniel. Cela va tellement bien pour nous en ce moment que prendre un break reviendrait à avouer que nous ne sommes pas capable d’apporter quelque chose à nos fans et de continuer à faire ce que nous faisons.


3°) Vos albums sont toujours mixés par Andy Sneap. Comment expliques-tu cette longue et forte collaboration ?

En fait, « Rise of The Tyrant » n’a pas été mixé par Andy Sneap mais par Frederick Nordström et nous n’avions pas aimé. Alors nous sommes retournés chez Andy Sneap et « Khaos Legions » a été principalement mixé par lui, Daniel et Michael car ils étaient là pour la phase de mixage. C’est Daniel qui a rajouté la batterie et amené toutes les sonorités qui y sont relatives. Andy Sneap comprends très bien ARCH ENEMY, il connaît la force du groupe c’est-à-dire que nous ne sommes pas un groupe qui a besoin d’être produit. Nous avons notre propre son et nous savons ce que nous voulons. Il est juste là pour nous aider, mettre le doigt sur ce qui est important et nettoyer le tout car cette fois-ci nous avions enregistré beaucoup de choses et même trop. Parfois tu finis par perdre le son que tu désires vraiment car tu en as trop fait. Il est vraiment bon pour ajouter quelques petites choses et rendre tout cela propre. Et c’est également une personne objective. Il ne perd jamais de vue ce qui est le plus important, nous pouvons le croire ; il comprend ce qu’est notre son car il vient du même genre d’école.


4°) A ton avis, à quel point dans sa carrière se situe ARCH ENEMY ? Etes-vous arrivés à votre apogée ou considères-tu ce nouvel album plus comme une suite logique de tout ce que vous avez déjà fait jusqu’ici ?

Je n’aime pas le mot « carrière » car il donne l’impression que tu essaies de te la jouer banquier ou quelque chose dans le genre. Jusqu’à présent, ce que nous avons fait c’est sortir continuellement de bons album et tourner irrémédiablement sur chacun d’eux. C’est ce qui arrive quand tu es un groupe qui travaille dans la continuité : tu grandis car tu atteins de plus en plus de personnes à chaque fois que tu te déplaces et tu finis par avoir à ces endroits quelques fans en plus. Nous avons toujours rencontré un succès naturel. Nous ne sommes pas comme VOLBEAT, nous n’avons pas eu un succès immédiat. Je suis maintenant dans le groupe depuis dix ans et nous avons grandi petit à petit à chaque nouvel album. Nous jouons dans des endroits et faisons des concerts à chaque fois plus grands. Nous sommes maintenant des têtes d’affiches de grands festivals et cela a été le résultat d’un progrès naturel.


* Une évolution qui n’a pas été forcée donc.

Oui, cela n’a été ni contraint ni forcé. Nous sommes très heureux avec ce que nous avons en ce moment, on n’essaie pas de devenir encore plus gros ou de plaire à qui que ce soit.

* Vous gardez votre intégrité.

Oui, on n’écrit pas des morceaux parce qu’on pense qu’ils sont plutôt avenants. On a une chanson qui s’intitule « No Gods, No Masters » et qui posera problème dans certains pays très axés sur la religion. On s’en fout. On veut juste sonner comme on le souhaite et dire ce que l’on veut dire. On sait que l’on a une fan-base qui s’est naturellement constituée et qui sera toujours là et nous n’avons pas peur de ne pas être suffisamment connus pour qui que ce soit. Car on s’en fout. C’est une vraie libération, une liberté très personnelle. Nous ne sommes pas soumis à ce genre de pression.


5°) Quel est votre état d’esprit par rapport à la sortie de ce nouveau CD, les festivals qui arrivent et la prochaine tournée mondiale ?

Impatients ! L’album arrive fin mai et nous avons déjà préparé des tournées, nous jouons uniquement là où nous le désirons, et nous avons booké pas mal de festivals.

* Vous avez seulement annoncé les festivals d’été mais pas encore de tournée…

Oui, car nous travaillons encore dessus. Nous commencerons avec les festivals, c’est évident car c’est la meilleure chose à faire pendant l’été. Tu n’a pas envie de tourner dans des clubs en Amérique. Tu as envie d’être dehors pour rocker les champs. L’Europe est géniale pour cela et nous avons beaucoup de chance d’en être originaire et d’avoir cette culture géniale des festivals. Ensuite, en septembre et octobre nous irons effectivement aux Etats-Unis puis au Canada. De là, nous partirons en Asie dont l’Inde où nous ne sommes jamais allés. Nous sommes impatients d’y être. Puis en novembre et en décembre nous serons en Europe pour tourner.


6°) La pochette de l’album me rappelle fortement le tableau du peintre français Delacroix, “La Liberté guidant le Peuple”. Est-ce que c’était une intention délibérée de votre part ?

Nous avons été très influencés par ce tableau. Nous avions l’idée d’appeler l’album « Khaos Legions » un peu avant d’avoir celle de la pochette. Le thème de Delacroix est fortement relié à cet album : révolution, liberté individuelle, anarchisme, athéisme. Cette fois-ci nous voulions vraiment rendre cela abrupt et évident de manière à ce que les personnes ne puissent pas passer à côté.

* C’était en effet plus abstrait auparavant.

Oui, plus abstrait et artistique mais cette fois-ci nous voulions être directs. C’est d’ailleurs génial que la Révolution française, l’image de cette Révolution française, soit celle d’une femme tenant un drapeau et menant les autres. Une femme très forte, confiante et sans honte. C’est ce que nous ressentons pour ARCH ENEMY. Nous sommes, à notre manière, forts, confiants, sans peur et je suis bien-sûr une femme. C’était quelque peu révolutionnaire dans le passé et il en est de même pour les metalleux. C’est un peu comme une véritable révolution de société quand les femmes prennent la tête. Nous avons dont envoyé l’image du tableau à l’artiste en lui disant que nous avions besoins de cinq personnages dirigeant les Legions du Khaos (‘Khaos Legions’) avec une poignée de ces Légions dans le fond ainsi qu’une ville en train de bruler. C’est un nouveau commencement.


7°) Tes opinions politiques semblent apparaître de plus en plus dans l’attitude du groupe, les paroles où même les photos promotionnelles. Es-tu d’accord ?

Oui. C’est en fait notre manière de travailler en tant que groupe. Nous nous manageons nous même, bookons les tournées nous-même et sommes ainsi quelques peu autonomes. « No Gods, No Masters » et le Khaos dans les affaires également, c’est comme ça que l’on gère tout. Très ‘do it yourself’ mais c’est le caractère du groupe. C’est comme cela que nous fonctionnons. C’est comme cela que nous avons toujours été, essayer de transporter les gens à travers nos paroles . Cette fois-ci nous voulions simplement que cela soit absolument clair. Et cela arrive au bon moment, car ce dont on parle arrive en ce moment même, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et même en Allemagne où les gens sortent et manifestent contre le pouvoir et les gouvernements. Nous vivons dans une époque révolutionnaire.


8°) Pendant les premières années de ta collaboration avec le groupe, comment faisais-tu pour communiquer correctement avec les autres, sachant que tu ne parlais pas suédois du tout ? Tu ne te sentais pas quelque peu isolée ?

Oh non, ces mecs parlent plus anglais que suédois (rires). En fait le suédois est une langue très simple. C’est un mélange de mots anglais, allemands et français. J’ai donc toujours été capable de comprendre le sens basique des phrases. Il me manquait seulement les petites prépositions et les petits mots de liaisons, les adjectifs et les expressions récurrentes. J’ai tout appris en deux ou trois mois, très rapidement. Maintenant je parle suédois mais le groupe communique en anglais car Michael et Chris sont anglais. C’est une langue beaucoup plus complexe et le suédois est un peu trop simple, c’est un langage pour tous les jours mais pas pour parler de choses complexes. Le monde dans lequel nous travaillons et vivons parle anglais. Nos paroles sont en anglais et quand on parle aux gens, bien qu’ils aient tous une langue maternelle différente, on peut toujours se mettre d’accord sur l’anglais. Je n’ai donc jamais eu l’impression de ne pas m’intégrer ou de ne rien comprendre à ce qui se disait.


9°) ARCH ENEMY est un groupe très populaire. Est-ce que vous remarquez de temps à autre une certaine incompréhension de la part de fans qui ne comprennent pas le message que vous essayez de faire passer ?

Non. Nous ne sommes pas un groupe au message trop vigoureux. Cela n’a aucune importance si tu aimes ARCH ENEMY pour le son et passer un bon moment ou parce que tu t’identifies vraiment à notre message. Je crois que c’est cela le devoir de la musique, on peut la prendre seule et l’apprécier uniquement pour ce qu’elle est mais elle peut également porter des révolutions. Je pense qu’on ne veut pas envahir l’esprit des gens. C’est ce à quoi nous pensons avec « No Gods, no Masters ». Tu as ta propre liberté personnelle, et tu peux faire et penser ce que tu veux. C’est la même chose pour notre musique et je ne veux pas que les personnes se comportent uniquement en fonction de notre musique. Elle peut très bien être une musique festive et je suis sure que nous avons déjà produit quelques morceaux qui marchent bien à différentes échelles. Si cela fait sauter les personnes je trouve cela également génial. Ce n’est pas notre but de mettre un message dans la tête de chacun, on veut que chacun garde une liberté absolue et cela vaut également pour notre musique et la manière dont chacun l’écoute. Je pense que les plus jeunes s’intéressent à la musique parce qu’ils ont besoin d’une forme de puissance dans la vie. Je n’avais aucune force quand j’avais quinze ou seize ans. Je me sentais complètement victimisée par l’école, mes professeurs, mes camarades de classe, mes parents et aussi ce qui arrivait dans le monde. Tu ne peux toujours pas voter, tu ne peux être à l’origine d’aucun changement car tu es juste trop jeune, tu n’as pas d’argent ni de pouvoir. La musique est ce qui m’a donné un peu de pouvoir et même si tu te sens seulement mieux en écoutant de la musique c’est déjà une certaine forme de force qui t’as été transmise.

10°) Est-ce que tu as remarqué une évolution de la scène Metal ces dernières années comme de nouvelles relations entre les musiciens et leurs fans, une nouvelle approche musicale ou de nouveaux types de groupes ? Qu’est-ce que l’avènement de l’ère numérique a changé à la scène Metal et pour ARCH ENEMY en particulier ?

Oui, tous les styles de musique sont devenus beaucoup plus accessible à un public élargi. Je ne crois pas que nous n’ayons jamais vendu un seul CD à Jakarta mais quand nous y allons, nous jouons devant 4000 personnes et tout le monde connait nos morceaux. En fait la révolution numérique a permis aux gens d’écouter de la musique partout dans le monde sans y être autorisé. Le public devient mondial maintenant. Une seconde chose c’est que comme chacun sait qu’aujourd’hui il peut lui-même se produire, avoir un site internet et présenter son groupe, il y a une certaine recherche de groupes. Mais quantité n’est pas synonyme de qualité donc cela devient plus dur de trouver de bons groupes ayant une personnalité car de nombreuses formations sonnent très bien sur Myspace et quand tu les vois ouvrir pour un groupe plus connus, ils ne sont absolument pas capables de jouer. Même si leur vie en dépendait. Tout est construit avec des outils professionnels de studio.
Je pense qu’il y a parfois un déclin dans la qualité quand il s’agit de maitriser un instrument car les techniques d’enregistrement rendent les choses trop faciles. Des groupes comme Slayer, Megadeth, My Dying Bride ou même ARCH ENEMY ont commencé dans une salle de répèt’ en tant qu’un groupe de musiciens qui jammaient ensemble. On ne crée pas nos morceaux sur un logiciel. Je ne sais pas combien de groupes ‘organiques’ et libres existent encore. Je pense qu’il y en a moins qu’auparavant. Sur le long terme, c’est peut être une perte de culture, de culture Metal également. Je trouve cela génial de devenir si connu mais en même temps c’est également la perte d’une partie de son identité car on devient très accessible. Quand tu joues dans des endroits comme le Wacken où tu as presque cent mille personnes au même endroit, tu comprends à quel point tout cela est en fait devenu massif.


11°) A ce propos, as-tu remarqué une évolution du statut des femmes dans la scène Metal ? Une émergence de crieuses ou autre ?

Oui, il y a eu une évolution qui va de manière plus générale avec celle des femmes dans la société. Nous avons en ce moment une Chancelière allemande et cela n’aurait pas été possible il y a dix ans. Et visiblement, la scène Metal est simplement le reflet de la société donc les femmes deviennent également plus fortes dans le Metal. Quand j’ai commencé tout cela, j’étais l’une des seules et tu étais considéré comme un genre d’animal rare et candide. Mais aujourd’hui quand tu fais un concert, et tout spécialement aux concerts d’ARCH ENEMY il y a plein de femmes dans le public. Les premiers rangs sont tout simplement remplis de femmes déchaînées prêtes à en découdre. C’est juste un sens de l’égalité ; je ne suis pas une féministe mais une ‘égaliste’. Et c’est tout simplement génial de ne plus être un animal de foire mais pluôt une femme parmi de nombreuses autres. Cela montre qu’on prend juste ce que l’on veut, y compris la musique qu’on aime. Et c’est toujours quelque chose de positif, n’est-ce pas ? C’est de la liberté.


12°) Est-ce que la groupe à des projets personnels qui ne sont pas musicaux ? Peut-être un engagement politique pour toi?

Depuis que je m’occupe du management d’ARCH ENEMY, je n’ai plus de temps en dehors du groupe.

* Tu es comme une business woman qui s’occupe absolument de tout.

Oui ! C’est difficile mais c’est également gratifiant. Cela fait un peu old school et rappelle l’époque où il y avait de petites entreprises, des firmes familiales. Maintenant tout est en train d’être avalé par les conglomérats mondiaux y compris l’industrie de la musique. Tout appartient à EMI ou Universal et nous ne voulons simplement pas y prendre part. Aujourd’hui, nous sommes vraiment une petite entité qui se gère elle-même. Nous sommes une entité qui se gère elle-même sans aucun Dieu (rires). Et c’est très satisfaisant. Je suis une accro au boulot, je travaille 18 heures par jour parce que c’est ce qu’il faut pour que cela marche mais j’adore cela. C’est une approche différente. Si tu aimes faire quelque chose, tu ne le perçois pas comme du travail. Donc tout ce que je fais est lié à ARCH ENEMY.
Je suis une activiste pour le droit des animaux, pour l’environnement. Ma mère fait partie du parti Vert en Allemagne, elle y prend des décisions, se bat pour les jardins d’enfants et les clubs pour jeunes. C’est là où j’ai grandi, dans les clubs pour jeunes et c’est là où j’ai débuté ma carrière et c’est probablement ce qui m’a sauvé de la rue. Donc je supporte tout cela un peu également mais je ne suis dans aucune organisation. Je me sens un peu comme si ARCH ENEMY était mon organisation à moi. C’est là où je peux transmettre beaucoup de choses et je n’ai pas envie de faire partie de PETA ou de Greenpeace. Je le fais à ma manière, oui.


13°) As-tu entendu parler de l’incendie de L’Elysée Montmartre, salle où vous avez joué plusieurs fois ? Est-ce que ce n’est pas une réalisation concrète de cette phrase métaphorique qui dit que « La cultures part en fumée de nos jours » ? Je suis que tu lis beaucoup et que tu t’intéresses à la culture alors que penses-tu de tout cela ?

Je pense que les cultures sont très intéressantes mais quelles marchent également un peu comme des prisons. Nous avons perdu notre approche de la culture. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un évènement alimenté par la masse et des médias produits pour la masse. Je trouve cela atroce que les gens puissent te dire ce que tu dois porter pendant le printemps, les couleurs qui sont à la mode et le genre de CD que tu es supposé écouter. Cela va de Dido à Eminem en passant par Keisha, quelles que soient ces personnes, il y a toujours des millions de personnes pour suivre la tendance. D’ailleurs la France est un très fort leader pour la mode. L’Elysée-Montmartre est un endroit où nous avons uniquement de bons souvenirs, cela a été en endroit dédié à la scène alternative et c’est bien dommage qu’il ait brulé et cela va poser problème pour savoir s’ils va être reconstruit ou si on va en faire un endroit plus lucratif comme un techno club. Nous n’avons pas vraiment d’autre endroit comme celui-ci pour les sous-cultures. Et c’est très triste quand des endroits comme l’Elysée-Montmartre sont perdus pour les sous-cultures.


14°) Est-ce qu’il y a une question que les journalistes ne te posent jamais et à laquelle tu aimerais répondre ?

Non, on m’a déjà tout demandé ! On m’a demandé énormément de choses que je n’avais pas envie qu’on me demande. Je n’aime pas quand les personnes essayent de poser des questions trop personnelles. Certains journalistes ne semblent pas avoir conscience du fait que tu dois avoir une vie privée laissée intacte. Je pense que c’est très important surtout quand tu es une personnalité publique. Plus tu es connu dans un groupe et toujours en tournée, plus tu dois préserver ce petit bout d’Angela que personne ne connaît. C’est comme ma petite propriété privée. C’est le seul endroit qui m’est uniquement réservé et donc je n’aime pas quand les personnes essaient d’y entrer. Ensuite je dois abréger la question et dire que je ne veux pas y répondre.
Cela crée une atmosphère très bizarre. J’aime quand tu t’intéresses aux détails de la musique, de l’album, aux aspects artistiques et aux messages. Je pense que c’est ce que les lecteurs ont envie de savoir, et ils sont vraiment sous-estimés par les journalistes, en particuliers les journalistes anglais qui sont vraiment très mauvais pour cela. Ils aiment juste te demander : « Oh ! Quelle est la chose la plus folle et excessive que tu n’aies jamais faite ?». Ce n’est pas vraiment ce que représente le groupe, on vient juste de sortir un album, c’est une œuvre d’art. Et c’est justement ça qui est vraiment excitant. C’est dommage que certains journalistes perdent cette approche artistique.


15°) Pour conclure, est-ce que tu as quelque chose à dire à tes fans, et plus précisément à tes fans français ?

VIVA LA REVOLUCION ! (rires) Ils comprendront, j’en suis sure!

 

original INTERVIEW - pavillon 666 - webzine metal rock
1°)Arch Enemy’s nine studio album is going to be released. How would you describe this new work of yours?

It’s 200% Arch Enemy. Our moto for this album was more and more. So we crampted in a lot of music, a lot of different influences and a lot of years of writing because the last album we released was in 2007, almost four years ago so we just had tons of material written all over the world so it has basically been influenced by touring and just jamming together.

2°) Did you took some time for you?

No.
Hum… I mean, we are a very focused band we are all a bit of work alcoholic side of things especially me and Michael and also Daniel. Right now it’s going so well for us that just taking a break would just feel like we cannot bring in something to our hords that should just keep on rolling.

3°) Your albums are always mixed by Andy Sneap. So how would you explain this strong and lasting collaboration?

Actually “Rise of the Tyrant” was not done mixed by Andy Sneap but by Frederick Nordström and we did not like it. So we went back to Andy Sneap. This was mixed the most by Andy Sneap, Daniel and Michael because they were there for the mixing process and actually Daniel added all these drums and brought all these drums sound so he has done all these drums sound. Andy Sneap understands Arch Enemy very well and he knows the strength of the band which means that we’re not a band that has to be produced. We have our own sound, we know what we want. He is just set to help us, figure out what is actually important on our sound and clean it up a bit because like we recorded a lot of stuff this time and way too much. Sometimes then you loose actually the sound, it is just packed too much. So he is really good in adding stuffs and cleaning it out. Yaaah, also a bit of an objective person. He cannot loose sight of the imminent stuff and he is good at that. And we can trust him, he understands our sound. He comes from the same kind of school.

4°) Which point in its carrier do you think the band has reached now? Is it reaching a peak, or do you consider it more a continuation of what you have already achieved?

I don’t like the word carrier because it sounds like you are trying to step out in the world of banking or something like that. What we have done is just, we have continiously released good albums and toured relentless on each one of them and what happens then if you are actually a real band working on the real stages of this world : you grow because you reach more and more people every time you go around you got a few more fans there. People discover you. We have encountered very natural progress we are not like VOLBEAT we are not having an overnight success. I’m in the band for over ten years now but we have grown a little bit on every album. We play bigger places, bigger shows. We headline big of festivals. This has been a very natural progress.

Not a forced one!

It doesn’t feel contrieved or forced. We are so happy with what we are right now, we are not trying to become bigger, we are not trying to please anybody.

You keep your integrity.

Yeah ,we don’t write any songs we think they are rather friendly. We have one of those songs called “No God no Masters” which would be a problem in some very religious countries. We don’t care. We just want to sound the way we wanna sound, we’re going to say what we wanna say. We know that we have a naturally grown fan-base that is always gonna be there and we are not afraid not become big enough for somebody. Because we don’t care. So that is a real liberation, very personal freedom. We don’t have that pressure.

5°) How are you feeling about the CD release, the upcoming summer festivals and the future world tour?

Excited! The album comes out end of May we have booked around tours as well, we only play where we wanna play, we booked a lot of festivals.

You did not annonce yet the tour but just the summer festivals…
Yes, because we are still working on it. We will start with the summer festivals this is obvious. This is the best thing to do in the summer. You don’t wanna be in a club touring in America. You wanna be out there and rockin the fields. Europe is awesome and we are very fortunate to be in a European based band because we’ve got this awesome festival culture. Then in September-october we go to the US and Canada. From there we are gonna go to Asia and India. We have never been there before so we are excited about that. And then, November, December we are gonna be touring Europe.

6°) The sleeve strongly reminds me of the painting by Delacroix "Liberty Guiding the People". Was it a deliberate intention of yours?

We’ve got very much influenced by it! (laughts) Yes. We had the name of “Khaos Legions” a little bit earlier than the idea for the cover. This is a very strong thema related : revolution, personal freedom, anarchism, atheism and this time we fell like we really want to make it very blunt and obvious so people get it.

It was more abstract before.

Yeah, more abstract and more arty and this time we kinda wanted to be blunt . And it’s awesome that the French revolution, the image for French revolution is a woman holding flag, leading. A very strong, self-confident, non-ashamed woman. That’s how we feel about Arch Enemy. We are kind of strong self-confident and non-ashamed and I’m obviously a female as well. This was a bit revolutionary back in the day, and metalheads as well. This stands as well for true revolution society when woman take the lead. So we sent that picture to the artist and said that we needed five characters leading the Khaos Legions and a bunch of Legions in the back and burning cities and all is burning down. That’s a new beginning.

7°) Your political view seems to appear more and more as time passes in the band's attitude, lyrics or promotional pictures. Would you agree?

Yeah. That’s the way we actually work as a band. We are self-managed, self-booked, and little autonomist though. “No gods no masters” and the khaos for the business as well, how we do business. Very “Do it Yourself”. That’s the band character. That’s how we run the band. That’s how we have always been, trying to transport in our lyrics. This time we just wanted to make it very very clear. And it’s right on the time, because it’s happening right now, happening in the Middle East, happening in North-Africa, even happening in Germany people going out and demonstrate against no clay power and what they don’t like about the governments. We are leaving on an era of revolution.

8°) During the first years of your collaboration with the Band, how did you manage to communicate well with the others, given that you did not speak Swedish at all? Weren’t you kind of isolated?

Oh no, these guys all speak English rather than to speak Swedish.(laughts) I mean Swedish is a very simple language. It’s comprised from words from English, some French stuff and some German. So I have always been able to understand the basic parts of the sentence. I just was missing the little prepositions and little words in between. Adjectives and proverbs. I picked up within like two-three months. Very quickly. And I speak Swedish nowadays but the band communicates in English cause both Michael and Chris are British, English is a more complex language, Swedish is a little bit simple, it’s a daily language but when we discuss complex stuffs. The world we work and live-in is English speaking. Our lyrics are in English, when we do speak to people, they all have a different mother-tongue but you can agree on English. I never had the feeling of not belonging or not understanding anything.

9°) Arch Enemy is a very popular band. Are you noting from time to time a certain kind of incomprehension between you and a public doesn’t get the message you’re trying to pass through…

No. We are not a band being forceful in our messages. It doesn’t matter if you like Arch Enemy just for the sound of it, for just having a good time or if it is actually because you really identify with the message. I think it’s that’s the duty of music, it can just be on its own and all to enjoy on its own and it also can lead revolutions. I think we don’t wanna go into people heads. That’s what we think about with “No Gods, no Masters”. You have your own freedom in your heart, you can do whatever you like to do inside yourself, the same with our music and I do not expect people to behave about it all the time. It can be party music, I’m sure we have raised some songs that works well on many levels. It makes people jumps up and down which I think is awesome as well. No it’s not our goal to just push certain message in your body, we want people to have absolut freedom and that goes for music as well and the way they listen to it.
I think younger people look for music because they need some sort of strength for the life. I didn’t have any strength when I was 15 or 16. I felt totally victimized by the world, victimized by the school, the teachers, the classmates, the parents by what’s happening in the world. You still can’t vote, you can’t make changes because you are just too young and you have no money and no power and music is what made me get a little bit of power and even if it just makes you feel good, it’s a certain form of strength you are gaining from it.
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10°) Have you noticed an evolution in the metal scene these last years ? A new relationship between fans and musicans, a new approach of music.? New kinds of bands appearing? What did the rise of the digital age change to the metal scene or to Arch Enemy in particular?

Yeah, any kind of music has become a lot more accessible for larger audience. I don’t think we have ever sold a CD in Jakarta but when we go we play in front of 4000people and everybody knows the songs. Actually the digital revolution made it possible to get music all over the world without being allowed to listen to it. It’s becoming a large world-wide audience now. The other thing is obviously because everybody knows that they can produce themselves and have a website up and present their band. There is a search of bands, quantity doesn’t mean quality, so it’s getting harder to pick-out the good bands that actually have a personality because a lot of bands sound great when you listen to the sound on myspace and then you see them as an opening act in front of the establish band and they can’t fucking play. Not even if they life would depend on it. It’s all being constructed with the studio pro tools. I think there is a decline in quality sometimes when it comes to master the instrument, cause recording technics make things too easy, so I think bands like Slayer or Iron Maiden , Dying breed or even Arch Enemy; we started in a rehearsal room as a jamming group of musicians. We do not create our songs in a software programme.
I’m not sure how many organic liberal bands still are out there. I think there are less and less of them. On the long term this is maybe a loss of culture, and metal culture as well. I think it is awesome that it’s getting so big but at the same time it’s also a loose of a bit of its identity, it’s becoming very accessible. When you play places like Wacken you have got a hundred thousand of people there it’s just like you understand how massive this has become actually.

11°) On this point, did you see an evolution of the status of women in the metal scene? An emergence of female grinders or so?

There has been an evolution, this is going on with the revolution of women in society in general. We have a German chancellor and this would not have been possible ten years ago. And obviously the music metal scene is just a reflection of society in general so woman get more stronger in metal as well and when I started all these I was one of the very few, you were like some sort of rare candid sort of animal and nowadays we play shows, and especially Arch Enemy’s shows are full of women. The first couple of range are just raging ladies going for it. And it’s just a sense of equality, I’m not a feminist I’m an equalist. And it’s just awesome not to be such a rare freak show anymore but being one of many women out there. And it shows that woman just take what they want including the music they like. And that’s always positive, right? That’s freedom.


12°) Does the group have personal projects standing outside the music world? Maybe a politic engagement for you?

Since I take over management for Arch Enemy, I don’t have any time outside the band…

You’re kind of a business woman managing everything!

Yes it is hard but it is also very rewarding. It’s old school when there was little enterprises, little family companies. Nowadays it is always being swallowed by the global corporations including the music industry everything own to EMI and Universal, and we just don’t wanna be part of that. Nowadays we are really a self-managed little entity. We are a godless self-managed entity (laughs). And very satisfying. I’m a work alcoholic, I work 18 hours a day because that’s what it takes to make it happens but I love it. It’s a different approach. If you like doing something, it doesn’t feel like work. So everything I do is connected to Arch Enemy. I’m an animal rights activist, I’m an environmentalist, my mom is part of the green party in Germany, she makes decisions about, she fight for kindergarten, youth clubs. That’s where I grew up in youth clubs that’s where I started my career and that is kind of what saved me and took me off the street so I’m supporting out there a bit as well but I’m not in any organization. I feel like Arch Enemy is my organization. And that is where we can communicate a lot of things so I don’t want to be part of PETA or Greenpeace. I do it on my way, yeah.

13°) Did you hear about the burning of the Elysée Montmarte venue where you played several times? Isn’t it a concrete realization of the metaphorical statement telling that “culture is going into flames nowadays”? I know you read a lot and you’re very interested in culture etc… How are you feeling about this?

I think cultures are very interesting but they are also a little of prisons. We people have lost the personal approach to culture it’s just a mass fed, mass produced media event nowadays. So I think it’s awful when people tell you what to wear in the spring what kind of colors for clothes, what kind of albums you are supposed to listen to. It goes from Dido to Eminem to Keisah, whatever these people are and then all milions of people follow their trend I mean France is a very strong leader in fashion. Elyse Montmartre is a place where we have only good memories, it’s been a place for an alternative scene, it’s a shame that it burnt down and that’s a worry now if they are going to rebuild it or maybe make it a more lucrative place like a techno club cause then we have lost another place to go to for subcultures. And it’s very sad when places like Elyse-Montmartre get lost for subcultures.

14°) Is there a question that journalists never ask you which you would like someone to ask you?

No, I’ve been asked everything. I’ve been asked lots of things I did not like been asked. I don’t like people try to get very personal. Some journalists don’t seem to feel that you should have a personal life left. I think that’s very important especially when you are a public person. The more public you are in the band and the more you are out for touring , the more I have to preserve that little bit of Angela that nobody knows about. That’s my little private home you know. That’s the only place that is just reserved for me so I don’t like when people try to drill into that. Then I have to abrieve it, then I have to say that I don’t wanna be asked that question. That’s makes a very weird atmosphere. I love it when you go into the details of the music, into the album, into the artistic aspects, into messages. I think that’s what readers wanna know about, they are being very underestimate especially the English press is very bad at that. They love just talk about : “Oh, the craziest, most excessive thing you ever done”. That’s not really what the band is, we have just released one album, it’s a piece of art. And that is quite exciting as it is. It’s a shame when some of the journalists loose that all artistic approach.

15°) To conclude, do you have something to say to the fans or more precisely to your French fans?

VIVA LA REVOLUCION! (laughts) They get it! I’m very positive about that!

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