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XAVIER BOSCHER - Interview sur Pavillon666

XAVIER BOSCHER

Interview réalisée le 09 mars 2026, par IvanJack25


• Bonjour Xavier. Tu viens de sortir ton dernier ouvrage musical, « La cité Séraphine » il y a quelques mois déjà. Sais-tu combien d’albums tu as sortis depuis que tu fais de la musique ?
Bonjour, merci de m’accueillir dans les colonnes de Pavillon 666. J’ai enregistré 65 albums en mon nom ou pour divers projets. Quand on aime, on ne compte pas.
 
• Je t’avoue que je ne te connaissais que de nom et par l’intermédiaire de ton blog où tu parles de tous les aspects de l’actualité musicale. J’ai vraiment été scotché quant au nombre de productions disponibles. Peux-tu nous résumer ton parcours musical ?
J’ai un parcours musical assez atypique, j’ai commencé le piano assez jeune, puis j’ai découvert la guitare au travers du Metal à l’adolescence, se sont ensuite enchaînés les groupes, de plus en plus sérieusement, jusqu’à la rencontre avec Misanthrope avec lequel j’ai enregistré 2 albums et effectué une tournée européenne. Puis l’envie de créer mes propres compositions avec toute la liberté nécessaire, ce qui a coïncidé avec la démocratisation du home studio. J’ai beaucoup d’inspiration, je suis donc très heureux d’être de notre époque, j’aurais été malheureux si nous étions dans les années 60-70, devoir attendre d’aller au studio pour enregistrer. Même si ces années ont été les plus novatrices en ce qui concerne le Jazz et le Rock Progressif et les techniques d’enregistrement !
 
• Je découvre depuis quelques semaines maintenant des différents albums, beaucoup d’influences se font ressentir dans tes compositions. Metal, prog, thrash, jazz-fusion, symphonique, world… Comment arrives-tu à toujours trouver une homogénéité assurée et maîtrisée dans toute cette variété de styles ?
C’est une bonne question, j’ai toujours cultivé depuis tout jeune une grande ouverture d’esprit, j’écoute du classique, du Jazz et du Metal ou de la Pop depuis toujours, je ne comprends pas pourquoi les gens mettent autant de frontières dans leur façon d’écouter la musique. Les styles sont des inventions marketing, cela permet de classer mais le style n’est pas important. C’est ce qui m’a toujours attiré vers le Prog, cette ouverture illimitée vers tous les genres et puis j’adore découvrir des nouveaux artistes, je suis toujours curieux. Il y a tellement d’artistes extraordinaires parmi les anonymes, cultivons la découverte plutôt que de se saisir de la facilité.
 
• Parlons de ce dernier album. Il me semble différent des autres, plus aérien, plus atmosphérique, symphonique, plus léger même. Quelle en est la raison, s’il y en a une ?
J’avais l’envie d’écrire une pièce symphonique depuis pas mal de temps. J’ai commencé à composer « La Cité Séraphine » qui s’est très vite retrouvée être la bande son de la nouvelle éponyme. Je ne sais pas si c’est réellement plus aérien ou atmosphérique mais c’est effectivement mon travail le plus proche d’une bande originale.
 
• Tes albums ne comportent jamais de chant… Est-ce un état assumé et définitif ou penses-tu un jour intégrer des voix dans tes futures compos ?
J’ai essayé et malheureusement je ne chante pas bien, avec le recul je m’aperçois que je préfère l’instrumental, même en tant qu’auditeur. J’aurai pu travailler avec un chanteur ou une chanteuse, mais j’ai besoin d’une liberté totale sur la création et finalement c’est bien d’être seul aux commandes, ce qui ne m’empêche d’accompagner d’autres projets avec du chant comme le prochain album de Max Enix que je viens de terminer et qui devrait sortir cette année.
 
• L’album est accompagné d’une nouvelle intelligente et très bien écrite sur un thème actuel englobé en un univers post-humaniste et de science-fiction. Accompagnes-tu souvent tes musiques de récits complets ?
J’avais déjà écrit des nouvelles à l’époque de Nebuleyes, un projet de metal progressif avec mon ami de longue date Benjamin Masson, qui a existé entre 1999 et 2012. Les deux premiers albums « Digital EnfanT » et « Divine Revolution » était basés sur la même histoire (« La Cité Séraphine » étant le 3ème chapitre et la suite d’une histoire plus globale que j’espère un jour éditer dans son intégralité)
 
-J’ai vu plusieurs collaborations avec Misanthrope et Jean-Jacques Moréac leur bassiste. As-tu fait partie du groupe un temps ? Avec qui d’autre as-tu déjà travaillé ?
Oui, avec Jean-Jacques on n’a jamais cessé de travailler ensemble malgré les 1000 km qui nous sépare. J’ai joué dans Misanthrope de 1999 à 2001 grâce à lui. C’est un musicien extraordinaire, il m’a beaucoup apporté, techniquement, musicalement. Je l’avais invité à jouer sur l’album « Embryogenesis » sorti en 2017, on s’est retrouvé récemment sur le premier et le deuxième album de Max Enix, un projet incroyable avec plein d’invités comme Michael Romeo de Symphony X, Per Nilsson de Scar Symmetry, Andy Kuntz de Vanden Plas, ou encore Fabio Lione (Rhapsody, Angra…). Et sur le prochain album, il y a Georges Kollias, le phénoménal batteur de Nile. Que du bonheur !
 
• Joues-tu en live tes compositions ou ne sont-ce que des projets studio ?
J’ai tenté plusieurs fois quelques dates live de mon projet, à vrai dire, c’est très difficile de trouver des lieux et aussi des musiciens qui auraient envie de se mettre au service de ma musique bénévolement dans un premier temps, il faut être honnête, sans label, ni tourneur, ni moyens, je comprends parfaitement que les musiciens dont jouer live est l’activité principale préfèrent les plans rémunérés. J’ai pour projet de revenir live en solo, mais ce sera certainement ambient, guitare, basse fretless, looper, j’aimerais proposer un voyage son et lumière live, j’espère pour 2027.
• Quelles sont tes influences majeures et tes découvertes musicales récentes ?
Ma plus grosse influence est l’album « Focus » de Cynic, ce mélange de death progressif, de jazz fusion et de new age, ne pouvait que m’influencer grandement ! Ensuite Marty Friedman a vraiment été une grande influence également, en tout cas celui qui m’a donné envie de devenir lead guitar, et puis aussi tous les formidables guitaristes qu’on retrouve en groupe ou dans l’instrumental. Et puis après il y a le jazz fusion, je suis un passionné de basse fretless (Alain Caron et Gary Willis en tête). Il y a aussi les compositeurs comme Bartok, Ravel, Messiaen, Schubert etc… la liste est très longue.
Dans les découvertes récentes, il y a mon exploration dans le jazz, je découvre bon nombre d’albums des années 60 en profondeur, ceux de Wes Montgomery ou de Bill Evans, j’écoute également beaucoup de musique brésilienne, Antonio Carlos Jobim en tête. Côté Metal, pas vraiment de grande découverte, mais je suis toujours avec assiduité les sorties du monde progressif/technique, le dernier Between the Buried & Me et le dernier Sadist sont absolument incroyables et tournent en boucle dans mes playlists.
 
• Quels sont tes auteurs préférés ?
Philip K. Dick, René Barjavel, Alessandro Jodorowski, Edgar Allan Poe, John Ronald Reuel Tolkien et plein d’autres que je n’ai pas encore eu le temps de découvrir, les journées ne faisant que 24 heures…
 
• Quel(le) artiste ferais-tu revenir d‘entre les morts et pourquoi ?
Chuck Shuldiner sans hésitation, son apport au metal a été incroyable, aussi une très grande influence et pas qu’au niveau musical, j’adorais son attitude, son humilité, sa simplicité. J’aurais vraiment adoré le voir continuer à s’exprimer dans Death et dans d’autres projets. Je suis un immense fan de la période Human/Individal Thought Patterns/Symbolic. Ce mec me manque vraiment !
 
• Quel est le prochain projet de Xavier Boscher ?
Je viens de finir l’album de Max Enix qui devrait sortir cette année. Je suis en train de finaliser les solos pour le prochain album du groupe de Heavy Livin’Evil et puis j’ai un EP de 6 titres plutôt Jazz qui devrait sortir d’ici l’été et après on verra ;)
 
• Merci pour ton temps et ta musique inspirée et différente. Le dernier mot est pour toi.
Merci de m’avoir laissé m’exprimer dans vos colonnes. Les musiciens, malgré la technologie, vivent des heures difficiles en ce moment avec le streaming et l’IA. J’invite tous les auditeurs et mélomanes à ne pas céder à l’écoute musicale facile. Découvrez, dénichez, soyez curieux, il y a des tonnes d’artistes incroyables et inconnus qui attendent d’être découvert comme Bruno Karnel ou Armelle LC que j’apprécie beaucoup, ne vous contentez pas de la facilité. C’est comme pour la bonne gastronomie, elle se fait avec les bons produits, pas avec ce qui est fabriqué de manière industrielle ou trafiqué aux OGM, pour la musique c’est pareil, refusez d’écouter de la musique faite à l’IA, allez voir des humains jouer live, refuser le « bullshit », acclamez l’authenticité !