Fondé à Cracovie en 2019, le groupe polonais Cursebinder est de retour trois ans plus tard avec un album révélateur. « Psychohazard » est une force éclectique sans merci, allant plus loin que ses précédentes créations. C'est une direction artistique qui va droit au but et qui nous pousse à nous interroger sur les questions existentielles de l'humanité. Entre un désir d'amour et de connexion, préparez-vous à explorer les contradictions humaines dans une atmosphère brumeuse.
On commence avec « Limits » qui ouvre le bal avec une base solide de black metal, une pulsation tendue mais rythmique. Partageant le même univers, sa fin enchaîne directement sur la seconde piste (« Death Season »), comme si les deux étaient liées. Des cris gutturaux et une guitare électrique effrénée nous entraînent dans une danse agressive texturée, aux riffs excessifs influencés de jazz/post black-metal.
Dans « The Astronaut », une ambiance douce aux tonalités de saxophone nous fait ralentir temporairement la cadence. Mêlant no wave et free jazz, le groupe rejette les normes et expérimente leur son avec une touche de metal psychédélique.
« Saturnine Rage » explose avec des passages accrocheurs et puissants, le tout accompagné d'une voix qui hurle une profonde colère. La guitare se calme sur l'outro pour nous envoûter d'un écho de mélodies, rejoint par un timbre plus posé, mais tout aussi intense.
« Prayers For The Living, Flowers For The Dead » suit la même thématique mais avec un tempo plus modéré et mélancolique. La batterie renforce l'oppression de la guitare tandis que les éclats de rage du chanteur continuent de nous entraîner dans cette « rat race. » On a l'impression de courir après le temps, d'être pris dans une course poursuite dont nous ignorons la finalité.
« Made To Be Sold » coupe cet élan d'un doom metal et nous renvoie une tension constante assez sombre, combinant des sonorités lourdes et saturées.
« Naked City » est un morceau où une atmosphère industrielle y règne. Avec des dissonances violentes et rapides, ainsi qu'une batterie cadencée en harmonie avec un chanteur dénué de toute retenue : c'est le chaos.
La dernière chanson de l'album s'achève avec « Under The Skin », qui brise les codes en mêlant post-black metal expérimental et résonances ténébreuses irrégulières. Elle évoque ce que nous croyons percevoir de la réalité du monde, et l'idée que partager une mentalité collective ne rendrait pas tout le monde plus sain d'esprit pour autant. Fun fact : ceci fait en vérité référence au film éponyme de science-fiction, réalisé par Jonathan Glazer.
Une note sombre qui nous laisse interrogatifs sur les relations humaines. Une voix féminine nous dit avant la fin du titre : « il suffit d'un instant pour dire à quelqu'un qu'on l'aime mais il faut toute une vie pour le lui prouver. »
Je pense que cette phrase résume parfaitement tout l'univers de Cursebinder. C'est une mise à nu musicale difficile à cerner et impossible à oublier. On ressort complètement transformé de cette croisière métallique et nous sommes obligés de nous remettre en question. Qu'est-ce qu'un lien finalement ?
1. Limits
2. Death Season
3. The Astronaut
4. Saturnine Rage
5. Prayers for the Living, Flowers for the Dead
6. Made to Be Sold
7. Naked City (Bonus Track)
8. Under the Skin
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