Respirez. Le nouvel album des Ukrainiens de STONED JESUS sort bientôt (le 16 octobre 2026) et offre une température relativement plus fraiche et apaisante que son précédent opus (premier de la trilogie) qui fût suivi d’une tournée de concerts innombrables.
Pour un premier titre, « Under the skin » assume son côté stoner et rock progressif, mais surprend aussi avec son refrain aux choeurs écorchés et tout de growls !
La voix d’Igor rassure, réconforte. Puis, les paroles, ce léger tremolo, les variations de timbre, la lourdeur lente et fracassante des instruments inaugurent une mélancolie trainante. L’album se dessine sous un trait de fusain, noirci par une atmosphère sans trop d’espoir. Plus introspectif que jamais, la formation nous plonge dans un univers aux multiples accents. Rêveur, torturé, rempli de désespoir, puis lumineux, profondément évocateur, à vif,… Songs to Moon est de loin l’album le plus surprenant du groupe.
Armé de sa guitare acoustique, le narrateur se retrouve parfois cloué au sol, contraint et résigné. Sur le précédent opus de la trilogie, le « personnage » rendait un dernier effort et semblait en avoir encore en réserve. Désormais, la noirceur emplit ses pensées. Çà et là des phrases de couplets sont ponctuées par des notes de piano dans les graves, intensifiant l’ambiance.
On notera un premier élan progressif. L’écoute au casque révèle la balance de la guitare et les effets rendent hommage à Opeth avec finesse et brièveté.
Indéniablement, il y a aussi du grunge dans la musique de STONED JESUS (« Window in my room »). Mais leur son est tellement travaillé et la saturation est si différente du style des années 90 que pour ce dernier album, une atmosphère encore plus sentimentale s’exprime. Au travers des arrangements et des notes qui viennent magnifier les compositions, chaque titre nous enveloppe dans une histoire et son sentiment qui lui est propre.
Un titre instrumental, le premier de la discographie du groupe nous est offert. Les Ukrainiens se font un plaisir d’accueillir Reine Fiske, guitariste suédois au sein du groupe de rock psychédélique / alternatif Dungen.
Le western commence en milieu de titre. La guitare scintille, la basse claque, la batterie révèle son aura astrale, omniprésente.
La pause eût été appréciée, « Syzgy » marque un réel changement de rythme dans l’oeuvre. Car la deuxième partie de Songs To Moon restera plus expérimentale, avec des variations vocales, presque chuchotées, puis hurlée, des injonctions sur « Jackal ». Les riffs se transforment en ascensions syncopées progressives, la colère surgit alors, monte d’un cran, jusqu’à explosion des amplis. La saturation est telle qu’on ne peut s’empêcher de croire à cette notoriété qui fait de ce groupe un groupe de scène.
La force de STONED JESUS réside encore dans son intention et son exécution avec les tripes. Avec seulement trois musiciens, le groupe réussit une fois de plus à nous emporter avec eux. Une pâte heavy, doom et progressive qui aura plu une fois encore à Daniel Lidén qui revient pour le mix et le mastering. Le producteur musical ayant par ailleurs travaillé pour Draconian, October Tide, In Mourning,…
C’est donc sous toutes ces influences que s’ouvre le nouveau chapitre de STONED JESUS. Les vrais artistes savent se renouveler et garder leur grain. Un délice.
Line-up
Igor Sydorenko : chant, guitare, basse, claviers
Andrew Rodin : basse, chœurs
Yurii Ciel : batterie, chœurs en studio
Ihor Biriuchenko : batterie live
Tracklist
1. Under the Skin (5:29)
2. Velvet (5:11)
3. ZYX (5:30)
4. Syzgy (4:50)
5. Jackal (6:48)
6. Window in My Room (8:22)
7. One More Empty Day (4:41)
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