Pénétrez au sein d’une forêt dense, verdoyante lors des beaux jours, rougissante en automne et revêtue d’une couverture blanche en hiver. Le vent souffle, vous vous y enfoncez et vous arrêtez net lorsque un grognement se fit entendre au loin, vous le reconnaissez, c’est bien celui d’un ours !
J’ai la joie de vous annoncer la naissance d’un split exceptionnel entre ELFFOR, HYVER et ERROIAK qui sortira le 11 novembre 2026 prochain chez Antiq Records.
Laissez-moi vous présenter “Roi des Forêts – Basoen Jauna”, un hommage aux hartz (ours) et à leurs domaines.
Pour ce projet fou, on retrouve donc ELFFOR, résidant du côté espagnol du Pays basque. Une véritable pointure au sein du black metal et de l’ambient, son premier album sorti dans les années 90, “Into The Dark Forest…”, est encore aujourd’hui un véritable cadeau musical et n’était que le début de sa riche discographie, nous proposant des albums totalement ambient/dungeon synth et d'autres se distinguant plutôt vers le black metal. HYVER, quant à lui, est multi-instrumentiste, il sonne son projet solo éponyme depuis l’année 2023. Nous composant des morceaux bercés entre un black metal que je trouve plutôt délicat, très mélodique, et un dungeon synth féérique tantôt enjoué, tantôt prenant des airs plus sombres. Pour le projet HYVER, l’accent est mis sur les mélodies principales et le premier album “Sorcier-Hibou” sorti en 2023 confirmait déjà cela. La dernière aventure solitaire de HYVER a vu le jour en octobre dernier et porte le nom de “La Fête de la Forêt Enchantée”, album que je vous invite à aller écouter, il a un réel côté “Hocus Pocus” que je trouve vraiment prenant. Enfin, ERROIAK, véritable pilier de la scène black metal, que l’on retrouve du côté français du Pays basque cette fois-ci, porte son projet en solitaire et a fondé plusieurs projets, notamment “Enterré Vivant” avec SAKRIFISS. Pour les fans de SUMMONING, ce projet risquerait de vous plaire. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est un esprit que je trouve assez proche mais plus exclusif, et il a rendu hommage à la formation à plusieurs reprises.
ERROIAK est assez connu également pour ses multiples reprises de titres de la scène metal, mais pas seulement. On retrouve notamment une reprise de “Désenchantée” sur Offrandes Obscures, mais également une reprise du titre “Hegoak”, symbole puissant du Pays basque. Les albums “Apokalipsia” et “Echoes From The Dark Lands” sont de véritables pépites qui ne prennent pas une ride, tous deux doux et puissants.
On ne pouvait pas rêver mieux qu’un projet commun proposant trois visions nous narrant des récits d’ursidés. C’est ELFFOR qui a l’honneur d’ouvrir la marche et nous expose son histoire avec un seul et unique morceau, oui, mais d’une durée de 20 minutes. C’est très sérieux et sachez que j’ai été agréablement surprise par la façon dont la narration se passe, le morceau de 20 minutes m’a donné l’impression d’en écouter un de 10 minutes, les transitions sont remarquables, les temps forts sont intenses, ça martèle, les périodes calmes m’ont transportée. Les mélodies sont captivantes et accompagnées du chant paraissant lointain, me permettant ainsi de garder à l’esprit le fait que l’on me raconte quelque chose à travers cet ensemble, tel un point d’ancrage. C’est une histoire narrée par un son black metal assez brut agrémenté de mélodies légères ici et là, on nous raconte l’épopée d’un gigantesque et majestueux ours blanc venu en aide à un clan d’hommes faisant ainsi naître une légende, la mémoire du grand Urkhal. C’est une histoire se transmettant aux enfants et on nous raconte que des années plus tard le souffle du grand ours aurait encore été aperçu au sein des montagnes. Peut-être le verrez-vous ?
C’est HYVER qui continue de nous guider sur le chemin, en nous jouant quatre titres parés d’un black metal aux allures assez folkloriques avec, comme à son habitude, des parties symphoniques intégrées aux différents chapitres. Ici, on nous raconte de nombreuses choses, dédiant ainsi un morceau à chaque thématique. On nous parle de cultes ancestraux, d’ours en peluche, d’actualité et d’une histoire plus onirique nous mentionnant le “Trône des Bois”, un lieu de culte où les ours ont pris l’habitude de s’y rassembler. Les différents morceaux ont une énergie à part entière, le premier titre “Culte Ancestral” est assez distant, je le trouve aussi plus ténébreux que ses frères.
Le chant, quant à lui, maintient la même énergie sur ces différents titres, il résonne à travers les montagnes. C’est “Cannelle” qui apporte pour le coup de la fraîcheur, une vraie bombe d’énergie, un rythme entraînant et une mélodie très accrocheuse, des riffs endiablés. Quant au “Trône des Bois”, c’est le titre aux allures vraiment folkloriques, avec son introduction un brin farceuse que j’aime beaucoup. Ici également ça enchaîne fort, les riffs enjoués donnant l’envie de rejoindre le banquet des ours.
Les différents titres de HYVER sont très généreux et je suis très contente de le voir sur un split comme celui-ci. Le clap de fin de ces histoires se fait, accompagné de ERROIAK et son black metal saupoudré de dungeon-synth. Fin de chapitre avec trois titres à l’image de ERROIAK, de l’émotion, de la nostalgie, des notes de synthé, de piano. Il a pour habitude de composer des mélodies assez astrales et vibrantes. Ces morceaux dédiés aux rêveries vous emportent dès les premières notes.
Les introductions sont lentes, douces et poétiques, ça n’en reste pas moins du black metal. L’atmosphère que procurent les morceaux est toujours remarquable, c’est vraiment ce qui définit ses travaux selon moi.
Là également, on nous compte trois histoires différentes, l’une nous parlant de la puissance de l’ours, la seconde, plus sombre, mentionnant l’esprit de l’ours enfoui dans une grotte et celle fermant la page de ce volet, abordant le sujet de la chasse comptée à travers un voyage mystérieux. On commence par le splendide “Basoen Jauna” et son introduction au piano, c’est un morceau optimiste rendant hommage à la puissance des ours, ce titre est rayonnant et pur à l’image des mélodies le composant. Le tragique “Harpeko Oihua” est magnifique à travers sa brume nostalgique, le titre est progressif, gagne en intensité au fil de l’écoute, lui donnant plus d’impact et les riffs du titre nous rappelant ceux des balades metal. Cette fin de chapitre se déroule donc aux côtés de ”Azken Ehiza”, un morceau que je trouve presque spirituel, il est accompagné d’un chant angélique rendant l’ensemble encore plus héroïque. Le piano occupe une place très importante au sein de la narration du titre. Tout ceci enrobé par le chant ravageur de ERROIAK qui apporte une véritable poigne à l’histoire, venant ainsi enfermer avec lui les mystères enfouis au sein des montagnes et scellant ainsi la porte du royaume des ours.
Ami(e)s du black metal, ami(e)s du dungeon synth, ami(e)s des ours et de fantastique, ce disque est fait pour vous !
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