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JUDAS PRIEST

Avec : JUDAS PRIEST, NEVERMORE
Note Coup de coeur

Date du concert : 14-09-2026

Lieu : LDLC ARENA - Lyon [69]

Affluence : NC

Lien du Label / Event

Chronique réalisée par : Chart • Photographe : Chart


Nous sommes en septembre 2026 et j'ai une révélation à vous faire : le metal est en train de connaître une vraie crise existentielle. D'un côté, nous avons des légendes incontestées qui fonctionnent depuis des décennies sur les valeurs qu'elles ont elles-mêmes imposées, à savoir l'authenticité, l'honnêteté, l'artisanat d'orfèvre... Tout cela s'est fait dans le seul but de se faire plaisir et d'imposer au monde ce qui a constitué les véritables valeurs du metal. La communion s'est faite avec les fans dans la sueur des fosses, avec les oreilles qui sifflent, sans jamais rien lâcher. Et même s'il y a eu des erreurs de parcours, des accidents sur la route, les machines se sont huilées à la force des poignets pour traverser les décennies avec dignité.
De l'autre — et il y en a toujours eu —, il y a les machines à fric qui ont vendu leur âme au diable au mépris du public et des fans qui voyaient en ces formations leur propre salut et se sont finalement fait avoir. Cette rentrée 2026 semble être le théâtre d'un gigantesque cirque où une partie des fans semble enfin avoir compris ce qui se tramait en sous-marin, et cela a fini par exploser au visage de la planète metal dans son entièreté.

C'est dans ce contexte particulier de rentrée 2026 où l'ego semble avoir pris le pas sur le musicien que je me rends à ce concert de JUDAS PRIEST à la LDLC Arena. Mais je sais qui je vais voir ce soir et je sais exactement ce que je vais y chercher, en ayant une idée précise de ce que je vais y trouver puisque le groupe est un habitué de nos salles lyonnaises. Et pour l'occasion, JUDAS PRIEST est accompagné d'un revenant : NEVERMORE.

Ayant quitté ARCH ENEMY en 2023, le guitariste Jeff LOOMIS s'est retrouvé totalement libre de ses mouvements. Son départ s'est fait en bons termes, mais on se doute que le fait de ne plus écrire de lignes de guitare devait quelque peu manquer au virtuose de la six-cordes. Et parfois, le meilleur moyen d'aller de l'avant est de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, de regarder vers le passé et de reprendre là où on s'était arrêté. Jeff est allé chercher son complice, le batteur Van WILLIAMS, et ils ont pris la décision de réactiver la machine NEVERMORE. Le bassiste originel Jim SHEPPARD a quant à lui décliné l'invitation. Il a fallu aussi trouver un remplaçant au malheureux chanteur Warrel DANE, disparu en 2017. C'est donc avec un line-up totalement rafraîchi que NEVERMORE fait son retour avec Berzan ÖNEN au chant, Jack CATTOI à la seconde guitare et Semir ÖZERKAN à la basse. Ce quintet a signé sur le label REIGNING PHOENIX MUSIC et est allé tester sa nouvelle formule là où on ne vous fait pas de cadeau : dans le feu des festivals. Les puristes étaient forcément sur leur traditionnelle réserve, mais comme le métalleux sait reconnaître les bonnes choses et donner sa validation lorsque celle-ci est justifiée, NEVERMORE a passé le crash-test et les voici embarqués, sans nouvel album à défendre depuis 2010, en première partie des légendes de JUDAS PRIEST. Les humains soutiennent leurs frères d'armes et le set de ce soir témoigne de la nouvelle force que Jeff LOOMIS et Van WILLIAMS ont réussi à remettre sur pied. Ce set de première partie composé des classiques « Narcosynthesis », « My Acid Words », « Inside Four Walls », « The River Dragon Has Come », « Engines Of Hate », « The Heart Collector », « Born » et « Enemies of Reality » nous a prouvé que ce groupe a encore des choses à dire. Le public communie avec des morceaux des années 2000-2010 et se fait conquérir sans effort par un groupe qui signe un retour réussi. Le pari est gagné et Jeff LOOMIS ne peut que savourer un peu plus son 55e anniversaire.

JUDAS PRIEST is back ! Mais JUDAS PRIEST ne nous a jamais vraiment quittés. Cette figure légendaire et paternelle survit aux années, affronte les difficultés avec dignité et nous livre une musique et un show avec la plus grande honnêteté et authenticité qui soit. On ne va pas revenir à chaque fois sur leur âge, les épreuves passées et toute l'histoire du groupe depuis plus de 50 ans. JUDAS PRIEST fait partie des grands au même titre qu'IRON MAIDEN, MOTÖRHEAD et consorts. C'est une figure tutélaire du metal et une légende.
Retrouver ce groupe en concert n'a rien de la visite au musée poussiéreux des années 80. On ne va pas voir JUDAS PRIEST pour aller se recueillir sur les fantômes du passé. On va voir ce groupe pour faire un constat. Il est temps que le metal se rappelle d'où il vient et le combo est bien là pour nous le rappeler. Le metal, c'est avant tout des musiciens aguerris et inspirés qui te balancent des riffs travaillés dans les détails avec une touche personnelle quasiment inimitable. Le metal, c'est une guitare branchée directement dans un ampli poussé à fond de balle pour en tirer tout le potentiel. Le rock n'est pas le sketch d'un mec sur Youtube, c'est une façon de vivre viscérale, entière, pas un zapping permanent où l'attention est retenue par des lance-flammes à foison et des effets spéciaux dignes des AVENGERS. Et ce n'est pas non plus la médiocrité de compositions bâclées que l'on dit géniales pour mieux les vendre. Le public metal s'est éduqué à la force de sa collection de disques dans des années de disette. Le metal, c'est mettre ses économies dans des disques, des concerts et des festivals, et JUDAS PRIEST nous a appris tout ça. Le groupe nous a appris, au même titre que les autres, à être patients et que si on l'était, on serait récompensés par une expérience musicale exceptionnelle. Se rendre à ce concert à Décines, c'est une nouvelle communion salutaire qui débute avec les riffs imparables de « You've Got Another Thing Comin' ». La puissance de ce morceau sur scène en 2026 n'est même pas à expliquer.
L'énergie est instantanément au rendez-vous et vous colle un sourire qui ne vous quittera pas durant toute la durée du concert. En même temps, enchaîner directement « Metal Gods » et « Breaking The Law » ne peut qu'attiser la ferveur. D'autant plus que le groupe est en forme. Je ne sais pas si c'est parce que la salle est loin d'être comble, mais JUDAS PRIEST se révèle en tant que monstre de scène. Le temps n'y fait rien. Le mastodonte est là avec tout son charisme, sa présence et une unité absolue. Et le public ne s'y trompe pas. La communion est parfaite, évidente même. On se retrouve face à un déroulé maîtrisé où l'on retrouve toute une série d'incontournables : « The Ripper », « Lightning Strike », « Turbo Lover », « Panic Attack » et bien sûr l'évidence même, « Painkiller », avant un rappel imparable composé de « Electric Eye », « Hell Bent For Leather » et « Living After Midnight ».

Alors certes, on n'aurait évidemment pas été contre une apparition surprise de Glenn Tipton, lui qui était venu fouler les planches de la Halle Tony Garnier de Lyon en 2024, mais au vu de son combat héroïque contre la maladie, on le lui pardonne bien volontiers.

JUDAS PRIEST nous a prouvé une nouvelle fois tout son savoir-faire. Les patrons sont infatigables et inépuisables. La qualité des morceaux et de leur interprétation défie le temps et continue de nous faire vibrer inlassablement. JUDAS PRIEST nous a laissé avec un message d'espoir en fin de concert : « JUDAS PRIEST WILL BE BACK ». S'ils tiennent leur promesse, ils peuvent d'ores et déjà compter sur nous pour revenir et communier une nouvelle fois avec eux.

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