Masterplan avait frappé un grand coup avec son premier album en 2003. En effet, Roland Grapow et Uli Kusch tout droit sortis de la team Helloween, nous avaient concocté un disque surprenant et ultra-inspiré, mélangeant des volutes power, heavy et même progressives, le tout magnifié par la voix unique d’un certain Jorn Lande, dont on connaît le travail et le talent à présent). Hélas, la magie n’a pas perduré et les différents sorties qui on suivi n’ont jamais réussi à rejoindre la magie de ce premier brûlot.
Aujourd’hui après de longues années de silence, sort "Metamorphosis", septième opus, dont le titre pourrait faire espérer un renouveau et une relecture du propos des allemands. Roland Grapow est désormais le seul membre d’origine du groupe, Uli et Jorn ayant quitté le navire depuis longtemps, c’est Rick Altzi qui officie derrière le micro depuis 2012 et il m’aura fallu un bon moment pour apprivoiser (mais pas apprécier) son timbre forcé, éraillé et assez peu mélodique.
La première écoute peine à me convaincre. Dès le début, le doute s’installe en moi, « Chasing the light » et « Electric Nights » ne m’emballent pas plus que ça. Les titres s’enchaînent sans grande nouveauté, musicalement sans tâche mais sans réelle surprise, le heavy-power de Masterplan défile et donne parfois un peu le bourdon, à force d’absence de mélodies catchy et à cause de longueurs interminables, comme ce lancinant « Pain of Yesterday » et ce « Ghostlight » trop communs et qu’on oublie de suite.
Par contre, « Through the storm » s’essaie à nouveau avec brio au tempo speed cher à Helloween des débuts, ce qui a d’ailleurs fait leur style, pompé depuis par des décennies de groupes plus ou moins intéressants. Sieur Grapow n’hésite surtout pas à rappeler un beau moment de twin guitars de son ancien groupe, reconnaissable entre tous. L’un des morceaux les plus épiques et réussis de l’album. « The call » s’en sort avec les honneurs à son tour avec un brin d’émotion entre le refrain fédérateur, les riffs nostalgiques bien heavy, les solos virtuoses qui déchirent enfin et les claviers pour une fois mis en avant. Ça fait un bien fou en fin d’album !
Il y a de bons moments comme le sympa low-tempo « Shadow man » ou l’intro de « Bound to fall » qui se révèle un morceau intéressant mais qui ne décolle pas vraiment, malgré le refrain épique et la rythmique ternaire qui rappelle les premiers Manowar. L’ensemble semble trop convenu et certains membres sont totalement éclipsés, comme le claviériste Alex Mckenrott qui pourtant brille par de belles introductions, « Metamorphosis », « Chase the light », mais dont l’instrument est noyé dans un magma de guitares certes virtuoses mais omniprésentes et de chant qui prend beaucoup de place dans le mix et occulte un peu tout le reste. A noter la présence de l’ancien bassiste de Stratovarius Jari Kailunainen qu’on entend parfois suivre les lignes rythmiques de guitares, sans plus d’éclat non plus.
Mais ne soyons pas trop dur et injuste, cet album tient largement la route et nous propose de beaux instants de musique métallique, les fans du genre y trouveront largement leur compte. On aurait certainement apprécié un peu plus de prises de risque et de variétés dans les morceaux, le long silence depuis le précédent album n’aura pas suffi à reconstruire la légende pourtant bien entamée à leurs débuts.









