Chronique réalisée le 2026-09-10, par :
Frozen
Depuis plus de trente ans, ABORYM évolue à la frontière du black metal et de l'indus, avec une carrière pour le moins mouvementée qui n'a jamais empêché le groupe de poursuivre ses expérimentations. Avec Metachaos, les Italiens renouent en partie avec leurs sonorités industrielles historiques, même si celles-ci se manifestent désormais davantage par touches que comme véritable colonne vertébrale de leur musique. Le groupe privilégie ainsi un black metal résolument moderne, particulièrement soigné dans sa production.
Il faut dire que la formation dispose toujours d'un arsenal sonore conséquent. Les riffs sont tapageurs, le rendu particulièrement massif et les quelques incursions industrielles viennent apporter une couleur supplémentaire à l'ensemble. ABORYM peut également compter sur plusieurs invités, comme Patrick Mameli (PESTILENCE), Chris Cannella (DEICIDE, MALEVOLENT CREATION), Tommy Talamanca (SADIST) ou encore Jason Keyser (ORIGIN), dont les interventions viennent ponctuellement enrichir un propos qui se veut volontairement sombre et agressif.
Toutefois, derrière cette débauche de moyens, Metachaos peine parfois à convaincre sur le terrain de la composition. Les riffs, souvent réduits à des successions de motifs lourds et répétitifs, manquent de relief et les morceaux ont tendance à avancer sur une même dynamique avant de s'achever sans véritable point culminant. Les quelques touches industrielles ne suffisent alors pas toujours à apporter le contraste nécessaire pour éviter cette impression de linéarité.
C'est finalement là que le bât blesse : ABORYM semble davantage miser sur l'atmosphère et l'impact sonore que sur des compositions réellement mémorables. La production, particulièrement léchée, confère au disque une puissance indéniable mais accentue aussi cette sensation de distance, là où les expérimentations du groupe auraient pu apporter davantage de personnalité. Malgré quelques passages plus intéressants, difficile dès lors de trouver suffisamment d'accroches pour maintenir l'attention sur la durée.
Au final, Metachaos confirme qu'ABORYM n'a rien perdu de son goût pour les sonorités extrêmes et les croisements de styles, mais cette volonté de renouer avec son passé industriel ne suffit pas à compenser des compositions trop souvent convenues. Un album propre, puissant et correctement exécuté, mais qui peine malheureusement à laisser une véritable empreinte.