Chronique réalisée le 2026-09-07, par :
Dirty-Charly
SORTILEGE - Larmes des héros : même les dieux pleurent.
Pour fêter dignement les 40 ans de l’album ultra culte “Larmes de héros”, Sortilège propose une nouvelle version de cet album intitulé “Larmes des héros : même les dieux pleurent”. Plutôt que de sortir une version remasterisée (où dans la quasi majorité des cas on n’entend aucune différence avec l’original) agrémentée de titres bonus plus ou moins indispensables, Sortilège a choisi le chemin du réenregistrement total avec la formation actuelle. On retrouve donc Christian ”Zouille” Augustin au chant (seul membre de la formation d’origine), Clément Rouxel à la batterie, Sébastien Bonnet à la basse, Olivier Spitzer à la guitare rythmique (ces 3 là étant dans le groupe depuis plus de 3 ans) et Michaël Zurita qui remplace le très regretté Bruno Ramos à la guitare solo.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, arrêtons nous quelques secondes sur cette magnifique pochette de Stan W Decker. Le célèbre illustrateur (qui a entre autres travaillé avec ADX) s’est inspiré de la pochette de 1986 pour en tirer une œuvre magnifique et moderne de vieux dieu grec sans oublier d’y incorporer une belle référence dans la larme.
L’idée de réenregistrer un album avec les moyens d’aujourd’hui est bonne en soi, mais s’attaquer à une œuvre aussi légendaire qui est une pierre angulaire dans l’ Histoire du métal (pas seulement français) n’est pas chose facile. Car ne vous y trompez pas chers amis lecteurs, l’album “Larmes de héros” version 1986 est un chef d’oeuvre. Et donc le vieux con nostalgique que je suis ne va pas pouvoir s’empêcher de comparer la nouvelle version à l’ancienne.
Tout (re)commence donc avec “La hargne des tordus”. Et dès les premières notes on prend en pleine face une production massive, puissante et moderne. Mes vieilles oreilles perçoivent aussi que le morceau est joué légèrement plus grave que l’original, et donc logiquement le chant de Zouille se fait plus grave lui aussi. Ce que Zouille a perdu en envolées aiguës, il le récupère dans un chant qui se fait plus mature, plus rauque et plus rock ! C’est notamment perceptible sur le refrain qui n’est pas chanté de la même façon que sur la version de 86.
Sur l’emblématique “Chasse le dragon”, Zouille étale tout son talent de chanteur avec cette voix à la fois puissante et âpre qui se pose sur un mur de guitares dont la tonalité donne au morceau une lourdeur extrême. La voix est parfois doublée sur certains passages ce qui donne au morceau encore plus d’ampleur et Michaêl Zurita prouve sur le solo qu’il est un vrai guitar hero.
Le tempo s’accélère sur “Le dernier des travaux d’Hercule” et la double grosse caisse de Clément Rouxel fait vibrer les membranes des enceintes. Quelques arrangements à la guitares par ci par là bonifient le morceau mais c’est surtout le solo, une nouvelle fois, porté par cette production moderne et puissante et exécuté de mains de maître qui termine le morceau en vous achevant.
Puis arrive un autre grand moment de l’album avec “Quand un aveugle rêve”. L’occasion d’entendre un peu (pas assez à mon goût) la basse de Sébastien Bonnet sur les arpèges de l’introduction de cette “power ballad” absolument imparable. La voix de Zouille y fait merveille, les solos sont monstrueux, appuyés par la rythmique d’Olivier Spitzer. Le morceau est fidèle à l’original, la production en plus. Un grand moment.
Les émotions restent à leur summum avec un autre titre emblématique dans le répertoire de Sortilège : “Mourir pour une princesse” et son refrain entêtant. Là encore, la chanson est interprétée de façon fidèle à l’originale, sublimée par le solo de Michaêl Zurita qui joue sa partition avec une précision et une facilité déconcertantes.
Le titre “La montagne qui saigne” apporte quant à lui quelques petits arrangements guitaristiques qui donnent un peu plus de profondeur au morceau original. Une petite nappe de synthé discrète mêlée aux gimmicks de guitare apporte de l’ampleur et un certain côté épique à ce titre déjà puissant à la base.
Vient ensuite un autre moment fort de l’album (y a-t-il seulement des moments faibles ?) avec “Marchand d’hommes” et son rythme ultra lent, lourd et mélodique tout à la fois. Et c’est là que la production moderne donne encore plus de puissance à ce titre qui n’en manque déjà pas.
On passe d’un extrême à l’autre au niveau du rythme avec le très speed “Messager” qui est plutôt fidèle à la version de 86 et qui est toujours autant imparable avec son refrain entêtant.
Puis l’album se termine de fort belle manière avec le mélodique “La huitième couleur de l’arc en ciel”.
Sortilège a réussi le pari de donner un très bon coup de jeune à son album culte de 1986 avec une production moderne et un son puissant qui fait la part belle aux guitares sans dénaturer les compositions originales. Les standards d’enregistrement d’aujourd’hui font oublier la production quelque peu faiblarde de l’époque et redonnent un sérieux coup de boost à tous les titres qui profitent de plus de force et de puissance. Quant à la voix de Zouille, même si elle a un peu perdu de sa capacité dans les montées les plus aiguës, elle a gagné en maturité et en chaleur pour rester une des meilleures voix du heavy metal français.
Au final, un excellent album qui ravira aussi bien les vieux cons nostalgiques comme moi que les nouveaux auditeurs qui viendraient à découvrir Sortilège.
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