Depuis plus de vingt-cinq ans, PSYCROPTIC s'est imposé comme l'une des valeurs sûres du death metal technique sans jamais changer d'un iota sa ligne directrice rentre-dedans. Avec The Pulse Of Annihilation, son neuvième album et premier sous la bannière Metal Blade, le quatuor australien poursuit cette trajectoire avec une remarquable régularité, faisant une nouvelle fois parler sa virtuosité au service de compositions ô combien percutantes !
En effet, l'une des grandes forces du disque réside justement dans cet équilibre entre technicité et efficacité. À ce titre, le jeu du guitariste Joe Haley multiplie les riffs complexes et les changements de direction, mais sans jamais perdre de vue la cohérence des morceaux comme « Gathering A Venomous Herd », « No Time For The Weak » ou « Annihilation Pulse ». De son côté, la section rythmique du tandem Todd Stern (basse) / Dave Haley (batterie) est elle aussi impressionnante de maîtrise et accompagne cette dynamique avec une précision redoutable, notamment sur « Our Pillars Fall ».
Toutefois, derrière cette déferlante sonore, le groupe met en avant, ici et là, des passages mélodiques ou atmosphériques qui offrent quelques respirations bienvenues sans jamais remettre en cause la puissance de l'ensemble. Ce parti pris permet à PSYCROPTIC de conjuguer brutalité, groove et sens de la composition sans sacrifier l'un au profit de l'autre, comme sur « A Sword Of Me » ou « Our Pillars Fall ».
En ce qui concerne le chant, Jason Peppiatt conserve son registre agressif singulier tandis que les interventions de Jason Keyser (ORIGIN), en qualité de chanteur invité, apportent pas mal de relief en renforçant la profondeur de certains passages comme « Ashes Of A New Dawn ». Et mine de rien, cette complémentarité enrichit subtilement l’album et permet aux Australiens d'élargir leur propos.
Pour autant, The Pulse Of Annihilation n'est pas exempt de quelques défauts. Ainsi, à force de développer une même esthétique et de maintenir un niveau d'intensité particulièrement élevé, les morceaux finissent parfois par se fondre les uns dans les autres. Et même si la qualité d'écriture reste évidente et l'exécution irréprochable, l'album laisse finalement moins de titres immédiatement mémorables qu'on aurait pu l'espérer.
Ceci étant, PSYCROPTIC confirme une nouvelle fois sa place parmi les formations majeures du death metal technique contemporain. Sans chercher à révolutionner une formule qu'il maîtrise parfaitement, le groupe livre ici un album dense et remarquablement exécuté, démontrant une fois encore que, chez les Australiens, la technique n'a de sens que lorsqu'elle est mise au service de compositions d'une redoutable efficacité.






